STATION. — MAISONS
17 kil. de la gare de Paris, 1,500 met de Sartrouville, 4 kil. de Houilles, 2 kil. du Mesnil, 5 kil. de Conflans.
Maisons-Laffitte*, v. de 3,330 hab., est très-agréablement situé sur la rive g. de la Seine, près de la forêt de Saint-Germain. Quand on a traversé le pont sous lequel passe le chemin de fer, on suit la route de Paris, plantée de deux belles rangées d'arbres. De chaque côté s'élèvent des maisons neuves, parmi lesquelles on remarque une jolie petite salle d'asile. Cette avenue aboutit à l'entrée du parc, où l'on pénètre par deux portes s'ouvrant sur des avenues que sépare une belle et large pelouse et que bordent de jolies habitations.
Bientôt on atteint un petit jardin orné d'un bassin d'oii jaillit un jet d'eau, et de là on découvre un beau paysage. On aperçoit, à dr., le château précédé d'une vaste pelouse, et de magnifiques avenues décorées çà et là de statues en marbre blanc ; à g., une autre avenue qui va se perdre au loin dans la forêt ; en face, une avenue semblable aux précédentes et ombragée comme elles d'arbres séculaires.
Le village de Maisons, en partie assez ancien, ne prit un peu d'importance que lorsque le surintendant des finances, René de Longueil, y eut fait bâtir, par François Mansart, le magnifique château dont nous venons de parler. Laffitte, le célèbre banquier, est le créateur du village moderne, car Maisons forme deux
DE PARIS A MANTES
villages qui, quoique fondus en un seul, se distinguent facilement par T aspect et l'architecture de leurs maisons. Lafâtte vendit une parti» du parc et des dépendances du château pour y établir la petite colonie qui forme aujourd'hui un village portant le nom de son fondateur. De nos jours, Maisons-Laffitte est devenu Tun des séjours favoris de la finance et de la bourgeoisie parisiennes.
Le château de Maisons appartint pendant plus d'un siècle à la famille de son fondateur. En 1658, la terre dont il fai> sait partie fut érigée en marquisat. Le 18 avril 1671,1e jour du décès de Philippe, duc d'Anjou, le roi et toute la cour vinrent l'habiter. Louis XV eut un moment, en 1747, le désir de l'acheter pour M">" de Pompadour, mais il changea d'avis. Du marquis de Soyecourt, qui en était devenu possesseur, cette belle résidence passa au président de Maisons.
Voltaire y séjourna souvent, et faillit y mourir de la petite vérole. Voici un fragment d'une des lettres qu'il écrivit à M. de Breteuil sur sa maladie et sur le château de Maisons : u On m'annonça que le curé du village, qui s'intéressait à ma santé, et qui ne craignait pas la petite vérole, demandait s'il pouvait me voir sans m'incommoder ; je le fis entrer aussitôt, je me confessai et fis mon testament, qui, comme vous le croyez bien, ne fut pas long. Après cela, j'attendis la mort avec assez de tranquilité, non toutefois sans regretter de n'avoir pas mis la dernière main à mon poëme {la Henriadé) et à Marianne, ni sans être un peu fâché de quitter mes amis de si bonne heure... Enfin, je fus en état d'être transporté à Paris le \** décembre. Voici, monsieur, un moment bien funeste : à peine suisje à deux cents pas du château, qu'une partie de la chambre où j'avais été tombe tout enflammée. Les chambres voisines, les appartements qui étaient au-dessous, les meubles précieux dont ils étaient ornés, tout fut consumé par le feu; la perte monta à près de cent mille livres, et sans le secours des pompiers, qu'on envoya chercher à Paris, un des plus beaux édifices du royaume allait être entièrement détruit. »
En 1778, le château de Maisons avait été acquis par le comte d'Artois, qui y reçut souvent la famille royale. Le roi, la reine et les princes y avaient chacun un appartement. Vendu, à la Révolution comme propriété nationale, le château a depuis compté parmi ses propriétaires
le duc de Montebello et le banquier Jacques Laffitte.
Le château de Maisons, chefd'œuvre de Mansart, est précédé d'une vaste cour d'honneur à laquelle donne accès une magnifique grille reliant deux pavillons en pierre d'un style monumental. On lit sur la façade du pavillon de dr., mais du côté du château : Prxcipua rerum ad famam dirigenda, et sur celle du pavillon de g. : Suum cuique decus postentas rependet. On remarque : les deux rangées de bustes qui s'étendent à TE. et à TO. du château; une grande et belle terrasse sur la Seine; un splendide verger; une grande ferme avec toutes ses dépendances ; de vastes pelouses;, de larges avenues et de charmants massifs dont quelquesuns sont ornés de statues en marbre blanc ou en plâtre.
En 1811, un pont en charpente avait étéjeté sur la Seine à Maisons.
Ce pont a été remplacé, en décembre 1855, par un beau pont en pierre de 5 arches , dont la construction fait honneur à M. Tarbé de Vauxclairs, ingénieur en chef, et à M. Billaudel, ingénieur des ponts et chaussées.
Les arches du nouveau pont ont 28 met. d'ouverture. Sur la rive dr. se trouve le château de la Vaudoire,
Talma, qui aimait beaucoup Maisons, a laissé son nom à une des auberges du pays.
De la station de Maisons à celle de Conflans, on reste presque constamment dans une tranchée qui ne laisse voir que la cime des arbres de la forêt de Saint-Germain. Cette partie de la forêt était le lieu de prédilection de Charles X pour les chasses aux cerfs. Un peu avant d'atteindre la station de Conflans, on peut voir, à dr., à l'extrémité d'une belle avenue , le château de la Muette f charmant pavillon (bâti par François I®'), un des principaux rendez-vous de chasse de la forêt.
maisons-laffittp:. — conflans.