‹ Les environs de Paris illustrésChapitre 151 sur 562 · STATION. — ARGENTEUIL · texte numérisé non relu

STATION. — ARGENTEUIL

3 kil. de Colombes (2 kil. par la route de terre), 11 kil. de la gare de Paris (Ouest), 19 kil. de la gare de Paris (Nord) , 5 kil. d'Asnières, 4 kil. de Gennevilliers, 5 kii. de Courbevoie, 4 kil. de Bezons, 5 kil. d'Enghien, 3 kil. de Sannois, 6 kil. de Corraeilles.

Argenteuil*, ch.-l. de c. de 8,389 hab., situé sur la rive dr. du fleuve, est relié à la rive g. de la Seine par un pont de 7 çt,rches, avec cintres en bois s'appuyant sur des piles en pierre. A g. du pont, s'étend une promenade couverte d'arbres, nommée le champ de Mars ou Vile, parce que le terrain en était autrefois séparé d'Argenteuil par un petit bras qui a été comblé. C'est là que se célèbre la fête du pays, le jeudi de l'Ascension et le lundi de la Pentecôte.

Les nombreux vignobles d'Argenteuil enrichissent une partie de la population : toutefois ses bénéfices proviennent, non de la qualité, mais de la quantité du vin produit. Ce vin est bon à boire au bout d'un an ; audelà de ce temps, il prend, dit-on dans le pays, un petit goût vieillard.

Les asperges et les figues sont aussi cultivées sur le territoire.

Les carrières de plâtre d'Argenteuil emploient environ 600 ouvriers.

Une certaine quantité de ce plâtre est cuite sur place ; mais la plus grande partie est enlevée à l'état de roche, soit directement par les voitures, soit disposée sur les bords de la Seine en amont du pont, et embarquée dans

des bateaux qui remontent et descendent la Seine. Argenteuil possède en outre des fabriques de produits chi miques, de chaux hydraulique, etc., et une École préparatoire des arts et métiers.

Un riche seigneur fonda à Argenteuil, au vii« s., un monastère de filles, qui dépendit de Tabbaye de Saint-Denis, et dont la célèbre Héloïse fut prieure au commencement du xn« s. Ce monastère a disparu.

Argenteuil eut beaucoup à souffrir ù l'époque des guerres des Armagnacs et des Bourguignons. En 1411,1e parti d'Orléans dévasta le village et le prieuré. Les habitants obtinrent, en 1544, de François I*', l'autorisation de clore le bourg de murailles. Ces faibles fortifications, qui n'empêchèrent pas les huguenots de s'établir dans la ville vingt ans après, ont été transformées en promenades.

Charlemagne donna au monastère, dont sa fille Théodrade était abbesse, la Tunique sans couture du Sauveur, qu'il avait reçue de Timpéra triée Irène et dont l'église d'Argenteuil a hérité. Cette église a été reconstruite dans le style roman par M. Ballu.

La façade, qui manque de largeur, est surmontée d'un beau clocher (60 met. ) couronné d'une flèche en pierre. Le transsept est éclairé par deux belles roses. Au croisillon de dr. s'élève l'autel privilégié, surmonté de la châsse où est renfermée la sainte Tunique. Cette châsse, d'un travail curieux, dans le style du xii® s., a été exécutée par M. Cahier, orfèvre, d'après le dessin du R. P. Arthur Martin. Les deux verrières de la chapelle représentent : l'Hémorroïsse touchant le bas de la tunique de Jésus-Christ, et les Vêtements du Sauveur mis au sort. Un tableau de M. Bouterweck, exposé au Salon de 1852, a pour sujet Charlemagne déposant la sainte Tunique entre les mains de Théodrade. Grégoire XVI a accordé, en 1845, une indulgence plénière à tous les fidèles qui visitent l'église d'Argenteuil le lundi de la Pentecôte, ou l'un des iours de

AROENTEUIL.

Toclaïc. Il ï a aussi u le jour de l' Ascension. Enfin, loua les jours on sonne les cloches à 1 heure, en commémoralion de l'heure à lailut^Ue la sainie Tunique fut apportée [)sr Chariema};ne.

Au N.-O. du liourg {400 mÈt. du liouleTard) s'élùve une lour cyiïndri- >|ue appelée le Moulin de la Qrande- Tatir; elle pornït avoi il'ime petite enceinte.

Entre Argenté u il £

le château du Marais. Cette Lson de campagne des prieurs de Saint-Denis a appartenu pendant la Révolution k Mirabeau -, elle a été embellie par le ministre de la marine Decrès, et elle a depuis été possédée par le comte Jules de Rességoier.

Une allée couveiie a été mise au jour, en 1867, sur le territoire d'Argenteuil. M. Lequoy, membre de la Société parisienne d'iiistuire et d'at^

l'iiéologie, y a trouvé de castor, des armes et des u siles de silex. Les gros quartiei jiierre qui couTraient la grott< été enlevés, pour être replacé deux murs parallèles destinés

pst situé à quelques mèti'es de la riTe dr. de la Seine, à 2 kil. en amont d'Argenteuil, et a une distance égale du village d'Kpinay.

Pour y arriver, il faut suivre le chemin de lialage, puis, à 200 met. cnv.

au-delà d'une usine à plâtre (si l'on vient d'Argenteuil), monter au sommet de la berge par un escalier grossièrement tracé , et faire ensuite quelques pas siir la dr.

Une routa, incessamment parcourue par des voitures qui charrient du plâtre, mène d'Argenteuil à (30 min. env.J Sannois. En approchant de Sannois, elle passe entre deux hautes collines surmontées de moulins à vent : è, dr. le moulin d'Orgeinont; à g. les moulins de Trouil-

DE PARIS A ERMONT

let. De ces hauteurs, trop rarement parcourues, 'on jouit d'une des vues les plus admirables qu'on puisse trouver aux environs de Pans. La colline de g. présente une profonde tranchée formée par l'exploitation du plâtre. Au-delà de cette colline on tourne à g. et Ton entre dans la Grande-Rue de Sannois.

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