SECTION XI
DE PARIS Jl CREIL, PAR POHTOISE
L'smbareadâre des chemins de ter dn Nord ', construit par M. Hlttorf. occupe un quadrilatère d'environ I<>0 met. de longueur sur 90 met. de largeur, et repréeenfant 32.000 met. de superflcîe. Remarquable par le luxe et l'originalité de son architecture, il est décoré de nombreuses statues élerées, les unes au sommet Je l'édiflce, les autres au-dessous des grands arcs qui le divisent. Les premières personnifient la ville de Paris et huit villes étrangères : Londres, Vienne, Berlin. Cologne, Bruielles, Saint-Pétersbourg, Amsterdam et Francfort. Au-dessous sont représentées les principa-
•. Paria, place Roubaix, — Pour la durée du trajet, le nombre dea trains et le prix des places, V.ï/nlrodialioa.
les villes du nord de la France.
D'autres sculptures, unbusiede Mercure sur la clef du grand arc. les têtes de Jupiter et de Neptune, eiécutées eu médaillons, complètent la décoration de la façade, dans laquelle se trouvent nettement indiquées les cinq divisions principales de l'intériaur de l'édiHce.
Au milieu s'étend la nef; à g. sont les salles de départ , puis la salle des pas perdus ' ^~ '" — " —
, les salles
vertes. La nef n'a pas moins de 7(1' met. de largeur; des colonnes en fonte supportant un comble en fer la subdivisent en une nef centrale de 3S met. et deux bas-câlés de 17 met. 30 cent.
Presque au sortir de la gare, après-
DE PARIS A CREIL, PAR PONTOISE
avoir laissé à g. l'hôpital La Riboisiëre, construit de 1846 à 1853 ; on passe dans une tranchée sous le boulevard de la Chapelle, puis sous les rues Jessainty^oudeauville, Marcadet. Au-delà ^'étendent sur la g. les ateliers et les magasins du chemin de fer. On longe à peu près parallèlement la Grande-Rue de la Chapelle (à dr.) et la chaussée de Clignancourt (à g.), qui côtoie le jflanc oriental des buttes Montmartre. Les trains de Pontoise s'arrêtent presque tous à la gare de la Chapelle (la première station ) , pour prendre les voyageurs venus par le chemin de fer de ceinture. Passant ensuite audessus du chemin de fer de ceinture, on sort de Tenceinte des fortifications pour entrer dans la plaine Saint-Denis.
A peu de distance des fortifications, on laisse à g. un embranchement de 3 kil. desservant le port de Saint -Ouen; un peu plus loin, le chemin de fer se bifurque : la ligne qui se détache sur la dr. conduit à Soissons(r. Section XVIII); le tronçon principal se dirige vers le N., en longeant jusqu*à Saint-Denis les voies établies pour les trains du service circulaire (V. ci-dessus).
La plaine Salat-Denls, que l'on traverse, est la partie la plus basse d'un terrain d'environ 30 kil. de longueur, limité par Sannois et Frépillon à TO., Mafliers au N., Louvres à TE., et Paris au S. Le sol en est particulièrement propre à la culture des grains et des légumes; mais, depuis Textension des limites de Paris, de nouvelles usines s'y établissent chaque jour.
Au temps des Romains, la plaine Saint- Denis, couverte de broussailles , était traversée par une voie qui conduisait de Paris à Senlis. Sur cette voie ont passé bien des armées ou des bandes d'envahisseurs : Francs, au v" s. ; Normands, au IX* ; Aliomands d'Othon II, au x* (ils arrivèrent jusqu'à Montmartre, en 980) ; Anglais, au xiv et au xv« ; Russes, Anglais, Prussiens coalisés, en 1814 et en 1815; Allemands encore en 1870 et 1871.
Les partis catholique et protestant s'y rencontrèrent, au xvi« s., et s'y livrèrent.
le 10 novembre 1567, nne sanglante bataille, où le connétable de Montmorency, vainqueur, fut blessé à mort.
Là, durant le moyen Age, venaient en grande pompe les écoliers de Paris accompagnant leur recteur, quand ce dignitaire allait à la foire du Lendit prélever, par privilège du roi, le parchemin nécessaire aux travaux de l'Université. Depuis Charles le Chauve, qui l'institua, cette foire se tint entre Saint-Denis et Montmartre ; en 1552, elle fut transférée à Saint-Denis, et bientôt après la promenade solennelle du recteur cessa d'être célébrée.
Le Lendit attirait une foule assez souvent désordonnée ; les écoliers ne se faisaient pas faute, on le pense bien, de rendre cette réunion aussi turbulente que possible ; mais Thistoire a conservé aussi le souvenir d'autres scandales qui eurent lieu dans la plaine Saint-Denis, au siècle dernier. Les obsèques de Louis XIV, les funérailles d'Henriette de France, fille de Louis XV (1752], et celles de Louis XV lui-même (mai 1774), furent l'occasion de scènes bruyantes. Le peuple, sur le passage du cortège funèbre, dansait et chantait avec une joie haineuse; l'escorte était aussi indécente : des mousquetaires jetaient en riant au milieu du public leurs torches usées ou allumées, non sans { quolibets et sans insultes des deux parts.