EAUBONNE
1,500 met. de la station, 1 kil. d'Ermont, 1 kil. de Soisy, 3 kil. 1/2 de Montmorency, 1 kil. 1/2 de Margency, 2 kil. de Montlignon, 3 kil. de Saint-Prix.
Si l'on part de la station, on passe entre de nombreuses maisons de campagne avant d'atteindre
Eaubonne, 530 hab., dépendance, comme Ermont, du cant. de Montmorency.
Le nom de ce village ramène encore les^souvenirs au xviii* s.; il fait songer à M"* d'Houdetot, à Saint-Lambert et à J.- J. Rousseau. Sous Louis XV, le financier Mézières acheta la terre seigneuriale et fit bâtir par l'architecte Ledoux trois châteaux. Une de ces propriétés, à Ventrée du village, du côté de Soisy et du bois Jacques, devint l'habitation du poëte Saint-Lambert, dont la vie fut liée à celle deVoltaire par M"" du Ch&telet, comme elle devait Tétre plus tard à celle de Rousseau par M^'d'Houdetot.M"» d'Houdetot, avant de se fixer k Sannois, habitait une maison voisine de celle de Saint- Lambert; cette maison, située dans le
S arc du château de Meaux, est aujour- 'hui un pavillon de jardinier, (c II ya, dit Jean-Jacques Rousseau, près d'une lieue de TErmitage à Eaubonne; dans mes «fréquents voyages, il m'est arrivé quelquefois d'y coucher. Un soir, japrès avoir soupe tête à tête, nous allâmes nous promener au jardin par un trèsbeau clair de lune. Au fond de ce jardin était un joli bosquet, orné d'une cascade, dont je lui avais donné l'idée... Ce fut dans ce bosquet qu'assis avec elle sur un banc de gazon, sous un acacia tout chargé de fleurs, je trouvai, pour rendre les mouvements de nion cœur, un langage vraiment digne d'eux. Dans un transport involontaire, elle s'écria : u Non ! jamais homme ne fut si aimable , et jamais amant n'aima comme vous ! Mais votre ami Saint-Lambert nous écoute, et mon cœur ne saurait aimer deux fois. >« La maison de campagne où Saint-Lambert donnait des dîners « aussi délicats qu'excellents », fut habitée après lui par le comte Regnault de Saint-Jean-d'Ângély ; puis elle a passé à divers propriétaires, qui l'ont remise à neuf et agrandie ; i\l y reste, dit-on, des consoles, des chaises, une causeuse, qui ont appartenu à l'auteur du potime des Saisons.
En allant d'Eaubonne à Montlignon, on laisse à g. le bois du Luat (château) et à dr., au-delà du parc Bury, Margency (195 hab.), qui se rattache à Montlignon par ses parcs et ses villas. La terre de Montgamy, la plus considérable, est possédée par M. Alfred Leroux, ancien président du Corps législatif.