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STATION. — PONTOISE

30 kil. de Paris, 9 kil. d'Herblay, 8 Ml. d'Hérouville, 19 kil. de Saint- Germain, 2 kil. 1/2 d'Osny, 6 kil. d'Anvers, 7 kil. de Méry, 3 kil, 1/2 d'Ennery, 5 kil. 1/2 de Vauréal, 3 kil. de Cergy, 7 kil. de Conflans - Sainte - Honorine , 20 kil. de Poissy, par Andrésy

Pontoise *, ch.-l. d'arr., V. de 6,216 hab., est bâtie en amphithéâtre sur la rive dr. de l'Oise, qu'un pont en pierre relie à la rive g. C'est de ce pont qu'il faut voir la ville. Les deux rives et les îles de l'Oise sont agréablement ombra-* gées; sur la dr., s'élève le coteau boisé et peuplé de l'Ermitage ; en face, les maisons s'étagent en amphithéâtre au pied des rochers et des terrasses du vieux château ; à g., on remarque surtout les beaux bâtiments de l'hôpital. Mais l'intérieur de la ville ne présente que des rues escarpées, tortueuses et bordées de maisons sans caractère.

Pontoise existait déjà du temps des Gaulois sous le nom de Briva Isarx (pont de rOise), dont le nom actuel n'est que la traduction. Les Romains établirent dans le pays des forges dédiées à Yulcain, d'où la contrée prit son nom de Vexin [pagus Vulcanius).

Pontoise, détruite par les Normands au IX* s., fut réunie à la Normandie en 1032, acquise, en 1064, par Philippe I«r,

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qui y battit monnaie, accorda des privilèges à Tabbaye de Saint-Martin et donna celle de Sainc-Mellon à Tarchevéque de Rouen. Rendue au duc de Normandie, elle Alt de nouveau conquise par Philippe-Auguste et érigée en commune vers 1188. Saint Louis habita souvent Pontoise dans les premières années de son mariage ; il y tomba malade à la Un de 1244 , et y fit le vœu de se croiser^s'il guérissait, promesse qu'il ne tarda pas à accomplir.

Au xiv« s., Charles le Mauvais, prétendant que Philippe de Valois lui avait cédé ses droits sur Pontoise, essaya vainement, à deux, reprises, de s'emparer de cette ville ; mais, au siècle suivant, le 20 juillet 1419, les Anglais la prirent et la saccagèrent. Si, en 1423, ils en furent chassés, ils y entrèrent en 1436, grâce à un stratagème de Talbot, leur général, qui, voyant la terre couverte de neige, fit habiller ses soldats de toiles blanches, et arriva ainsi avec eux, sans être aperçu, jusqu'au pied des remparts, qu'il n^eut pas de peine à escalader. Enfin, en 1441, après un siège de trois mois, elle fut emportée d'assaut par Charles VII.

Livrée au comte de Charolais pendant la ligue du Bien public, Pontoise resta en son pouvoir jusqu'au traité de paix de Conflans. En 1498, elle fut donnée pour fief et pour douaire à Jeanne de France, que Louis XII avait répudiée. Après la mort de François II, les vingt-six députés des états généraux, qui avaient d'abord été convoqués à Orléans, vinrent siéger à Pontoise (1561), dans le couvent des Cordeliers. En 1589, Henri III s'empara de Pontoise avant de marcher sur Paris ; mais D'Alincourt, qui en était gouverneur pour le duc de Mayenne, la reprit bientôt, et elle ne fit sa soumission qu^en

Pendant la Fronde, liOuis XIV et Mazarin se retirèrent à Pontoise ; ils y constituèrent même, le 6 août 1652, avec les quelques magistrats restés fidèles à leur cause, un fantôme de parlement. En 1670, Bossuet fut sacré aux Cordeliers. Enfin, en 1720 et en 1753 , le parlement fut transféré à Pontoise, à cause de sa turbulence. Les voyageurs qui revenaient de cette ville pendant l'exil du parlement étaien assiégés de questions insidieuses et l'embarras de leurs réponses leur donnait un certain air niais. De là peut-être le proverbe : Avoir l'air de revenir de Pontoise, que l'on applique à ceux dont les xiéponses sont troublées ou confuses.

Henri III avait détaché de la couronne le domaine de Pontoise pour composer l'apanage du duc d'Anjou, son frère, qui l'avait engagé à un sieur Nicolas Aubelin. Il avait ensuite passé en un grand nombre de mains, lorsque, en 1745, Louis XV reconnut qu'il appartenait au prince de Conti en toute jouissance et propriété, à la suite d'un échange par lequel ce prince cédait à sa Majesté plusieurs autres terres et seigneuries.

Jusqu'à la Révolution, Pontoise resta une ville monastique : elle possédait un grand nombre d'églises et de couvents dont l'abbé Trou a écrit l'histoire, et dont trois seulement ont survécu : Saint-Maclou, Notre-Dame et le couvent des Carmélites. Aujourd'hui , l'ancienne capitale du Vexin français est un ch.-l. d'arrond. de 6,287 hab.

Pontoise a vu naître : Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, l'alchimiste Nicolas Flamel, Tronçon - Ducoudray, l'un des défenseurs de Marie-Antoinette, le général Leclerc, beau-frère de Napoléon, l'orientaliste De Guignes, les architectes Lemercier et Fontaine.

L'église Saint-Maclou (mon .hist.), construite au xii® s., a été complètement remaniée aux xv® et xvi* s. Le chœur et le transsept appartiennent seuls à l'édifice primitif, encore leurs ouvertures ont- elles été presque toutes refaites au xv® s., ainsi que la voûte de l'abside. Le rond-point et ses cinq chapelles sont un des plus remarquables exemples du style romano-ogival de la région parisienne. Le mur terminal du croisillon S., que l'on aperçoit très-bien de la gare, a été reconstruit de nos jours. La nef date du xvi® s.; on y voit pourtant, sous les grandes voûtes, des traces du xiii^ s. Elle est flanquée, à dr., d'un bas-côté dans le style de la Renaissance, à g., de deux collatéraux qui s'élargissent en 8*approchant du chœur et des chapelles. La partie de la façade qui correspond à la nef centrale et au premier bas-côté de g. date de la fin du xv^ s. Le portail principal, surmonté d'une rose flamboyante, est dépouillé de ses statues. Aux contre-forts qui l'encadrent sont

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terne. Quatre clochetons, semblables

à la lanterne supérieure, sont reliés

avec elle par des arcs-boutanls. La.

de même que les deiiE feoètres (le la façade qui éeloirenl la chapelle de la Passion, à g. Deux autres portes (xvi° i.) sont percées dans les murs latéraux du transsept.

La chapelle de la Passion [à g. de l'entrée principale) est éclairée par quatre fenêtres ornées de beaux vitraux anciens. Les sujets représentés dans CCS vitraux sont : le Triom-

phe de lEglise (Jésua-Christ traîné sur UQ char par les quatre Animaux ÈîmlioliqueB et escorlé d'un pape, d'un cardinal el de deux évéques); \'' Ascension ; Une femme essui/anlavec un linge la face de Jésus-Christ; le Crucifiement. On remarque surtout, dans l'inlérieur de la chapelle, un groupe de huit belles statnei de pierre , représentant VEnsnveliisement du Chrisl. Cette œuvre cle sculpture, abritée par un riche entablement porté sur des colonnes doriques, date du xvi" «.; au-dessus, six

statues moins grandes et peut-être moins anciennes figurent la Résurivetiun : tout à coté de ce dernier ouvrage se voient encore trois personnages marchant à la Euile l'un de l'autre : le premier et le dernier portent un objet qui ressemble à un ci-

D 'autres débris de vitraux se voient dans les chapelles du N. L'église Saint-Maclou possède, en outre, plusieurs pierres tombales , de jolies boiseries, une belle Descente de croix (par Jouvenel), provenant de l'an-

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cienne chapelle des Jésuites ; deux curieuses statues en pierre (la sainte Vierge et Madeleine) ; un orgue estimé et de nombreuses reliques.

Notre-Dame^ située près de la Viosne , dans le quartier de la porte de Rouen, date de la fin du xvi® s.

Elle est très-basse et n'offre en ellemême aucun intérêt. Mais elle possède le tombeau de saint Gautier, monument du xii® s. (1146), décoré de quatre-feuilles sur chacune de ses faces , et surmonté de la statue couchée du saint abbé. A dr. de la façade se trouve la chapelle de la Vierge, ornée de trois statues (style du xv^ s.). A l'entrée de cette chapelle se lit, gravée en lettres d'or, la formule du vœu que fit la ville de Pontoise aux pieds de la madone, le 8 septembre 1638. Ce vœu (faire brûler tous les ans trois flambeaux de cire du poids de vingt livres en l'honneur de la Vierge, si elle délivrait Pontoise de la peste) a été renouvelé en 1738 et en 1838.

Depuis longtemps les murs d'enceinte de Pontoise ont fait place à des routes et à des jardins. Il ne reste que quelques débris du vieux château qui , embelli par Richelieu et négligé par le cardinal de Bouillon, fut démoli en 1740.

Ij' hôtel-Dieu , fondé par saint Louis, a été rebâti de 1823 à 1827 par Fontaine. La chapelle renferme un beau tableau de Philippe de Champagne, représentant la Guérison du paralytique. On y remarque aussi un petit vitrage peint, d'un beau coloris et d'une grande finesse de dessin.

Le couvent des Carmélites avait déjà servi de manufacture d'armes et de filature de coton, et il était question d'y établir une salle de spectacle, lorsque, en 1821, les Carmélites en obtinrent la cession en échange de la maison Verville, qui devint la sous-préfecture, et dont les jardins sont aujourd'hui le jardin public ^ vaste promenade d'où l'on découvre de beaux points de vue.

Pontoise est alimentée d'eau par

une machine à vapeur. Le réservoir est à 55 met. au-dessus de l'Oise.

L'établissement de cette machine et des fontaines a coûté 80,000 fr.

Pontoise fait un commerce considérable de grains et de farines ( 8 à 10 millions par an), ainsi que de quelques autres céréales (de 4 à 5 millions). » Il serait difficile, dit M. l'abbé Trou *, de rencontrer une ville mieux servie par la nature pour ces genres de commerce. Sa rivière la met en communication avec le monde entier, et sa petite rivière de Viosne fait tourner, dans l'enceinte seule de ses murs, quinze à vingt moulins ou usines pour réduire les blés en farines... C'est sur cette rivière de Viosne que sont établies les deux grandes et belles usines de MM. Truffant et Hamot, dont le mécanisme est si admirable... On remarque encore sur notre sol , ajoute M. l'abbé Trou, deux autres usines, dont la plus importante est une fabrique de sucre de betteraves, l'autre une fabrique d'acide sulfurique... »

Les marchés du samedi sont trèsfréqu entés.

Le veau de Pontoise a joui longtemps d'une réputation méritée.

Pontoise a conservé sa foire de la Saint-Martin. Cette foire, la plus considérable et la plus curieuse de toutes celles qui se tiennent dans les environs de Paris, dure trois jours, les 11, 12 et 13 novembre.

Les bords de l'Oise offrent d'agréables promenades. .

Des coteaux de VErmitage (N.-E.), on découvre de belles vues. Ces coteaux (15 min. de la ville) doivent leur nom à un ermitage qu'y avait fondé, au xv® s., Jean Dupin. On peut aussi remonter la vallée de la Viosne jusqu'à Osny. C'est une promenade de 2 h. environ (aller et retour). On part par la route d'en haut, qui s'ouvre derrière le jardin public (2,648

1. Recherches historiques, (archéologiques et biographiques sur la ville de Pontoise, 1 vol. in'8. Pontoise, 1841.

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