STATION. - SAINT-OUEN-L'AUMONE
29kil. delà gare de Paris (31 kil. si Ton tient compte de rembranchement de Pontoise). — Le village est à: 1 kil.
1/2 de la station, 1 kil. de Pontoise
Saint-Ouen-rAumône est un v. de 2,056 hab., dont le beau château est entouré d'un parc dessiné par Le Nôtre. Saint-Ouen avait d'abord été bâti sur la rive g. de l'Oise , le long de la chaussée de Jules César, en face de l'abbaye de Saint-Martin.
Quand le pont de bois de Pontoise eut été remplacé par le pont de pierre, le village changea de posi-
tion et vint se grouper sur la route qui conduisait au nouveau pont, laissant isolée son église (mon. hist.), construite vers la fin du xi® s. Cet édifice, remanié au moyen âge, restauré de nos jours, se compose d'une nef, d'un chœur et de deux collatéraux.
On y distingue trois styles d'architecture. La partie la plus ancienne et la plus intéressante est le petit portail, dont l'ornementation et la forme indiquent une construction du XI® s. On remarque à l'intérieur une Vierge en bois donnée par la reine Blanche à l'abbaye de Maubuisson.
Cette statue, qui s'ouvre en deux parties, renfermait des reliques.
Saint-Ouen-l'Aumône doit son nom à saint Ouen, archevêque de Rouen, qui était mort à Clichy en 683 et dont le corps fut déposé momentanément dans le village bâti en face de Pontoise. Son surnom lui a été donné lors des grandes charités que saint Louis y fit aux pauvres après y avoir fondé une léproserie.
C'est dans la commune de Saint- Ouen, entre le village et la station, que se trouvent les bâtiments de l'abbaye de Maubuisson.
Fondée en 1236 par Blanche de Castille pour des religieuses de Cîteaux, l'abbaye de Maubuisson s'appela d*abord Notre" Demie la Royale; mais le nom de Mau* buisson, qui était celui d'un fief voisin, a prévalu. L'église, dédiée le 26 juin 1244, contenait, ainsi que le cloître et la salle du Chapitre, un grand nombre de tombeaux importants. Parmi ces tombeaux on remarquait ceux de la fondatrice, de Bonne de Luxembourg, de Charles le Bel, d'un frère de saint I^ouis, de Jean de Brienne, dit le prince d'Acre, de Jeanne de France , fille de Charles le Bel et de Blanche de Bourgogne, de Catherine de France, fille de CharlcsV, de Jeanne, fille de Charles VI, de Gabrielle d'Estrées.
L'abbaye de Maubuisson n'est que trop célèbre parles scandales qu'y donnèrent, sous Louis le Hutin, les trois princesses Marguerite, reine de France, Blanche et Jeanne de Bourgogne. Elle rappelle aussi le souvenir d'Angélique d'Estrées, sœur de Gabrielle, et sa conduite licencieuse tant qu'elle futabbesse.
DE PARIS A CREIL PAR PONTOISE
L*église de Maubuisson a été détruite pendant la Révolution, ainsi que Tabbaye. Il n^en reste que quelques rares débris de piliers à fleur de terre ^ et au midi un pan de muraille du chevet, engagé dans le bâtiment qui était autrefois le logement de Taumônier. Ces constructions servent aujourd'hui de remise, de bûcher, d'étable et de laiterie. Des bâtiments claustraux, on retrouve la sacristie, la salle du Chapitre, celle des archives, le dortoir des novices et le bâtiment des latrines. « Ces ruines, dit M. Hérard ^ forment un ensemble extrêmement remarquable , soit par l'importance des constructions, soit par les détails d'architecture. Parmi ces salles, nous citerons celle du Chapitre, magnifique reste de Tart au xiii*' s. Elle est divisée en trois travées par deux colonnes monostyles avec base et chapiteaux d'une grande perfection ; les nervures ogivales retombent dans les angles et près des murs sur des consoles à pans... Le dortoir des novices, la plus grande de toutes les salles existantes, est divisé en quatre travées par trois colonnes avec nervures et par des colonnes semblables à celle de la salle des archives...
« Au midi et un peu en dehors du monastère, on voit les caves de Tédi- -flce qui portait le nom de manoir de Saint-Louis. Un large escalier descend dans les caves. Elles ont deux travées en largeur et trois en longueur. Dans l'un des angles existe un autre escalier qui conduit à d'anciennes carrières de pierres à bâtir.
■Ces constructions du xiii^ s. sont d'un effet très-pittoresque.
« A quelques pas du manoir de Saint-Louis et dans le périmètre des bâtiments claustraux , aujourd'hui •démolis, il existe encore un escalier qui donne accès dans une chapelle souterraine bâtie et voûtée avec nervures en ogive.
1. Études archéologiques sur les abbayes 'de l'ancien diocèse de Paris.
« A la suite est une galerie creusée dans la masse calcaire et soutenue çà et là par des arcs en ogive.
La lumière, qui arrive par la cheminée placée à l'entrée de la galerie, éclaire à peine ces souterrains. Ils ont servi de sépulture aux religieuses, et produisent sur le visiteur une profonde impression. »
La ferme de Maubuisson touchait au monastère. Il n'en reste qu*un seul bâtiment du xiii^ s. , belle et vaste grange (mon. hist.), un des types les plus connus de ce genre de construction; elle pouvait contenir 100,000 gerbes. Deux files de colonnes monocylindriques la partageaient en trois nefs. La nef de l'E. a été démolie. A l'intérieur est adossée, au pignon du N., une tourelle à pans, avec escalier conduisant au comble.
Le parc de Maubuisson se dirige du S. au N.; il est clos par une haute et ancienne muraille qui de ce côté se termine carrément ; là, s'élèvent à ses angles deux tourelles dont la construction paraît être du xiv* s.
En quittant la station de Saint- Ouen, on remarque à dr., sur une éminence, l'ancien château d^Épluches, dont il ne reste qu'une aile, et à g., sur la rive dr. de l'Oise, le hameau de Valhermay, situé à l'entrée d'un petit vallon latéral. Où laisse ensuite à g. le ham. d'Épluchés , avant de franchir l'Oise sur un pont de 3 arches, d'où l'on découvre de jolis points de vue. Le chemin de fer suit alors le contour que forme la rivière à la base de petits coteaux couverts de hameaux qu'entourent ou que dominent de beaux vergers (Chaponval, Saint-Nicolas, le Gré, les Remys)j et qui sont percés de nombreuses carrières dont on n'aperçoit que les ouvertures. Sur la dr., d'épais rideaux d'arbres dérobent le plus souvent à la vue la rive g. de l'Oise, le long de laquelle s'étendent les ham. de Vaîix et de ia Bonne- Ville.
Avant de s'arrêter à la station, on passe devant le château d'Auvers.