‹ Les environs de Paris illustrésChapitre 185 sur 562 · BESSANCOURT. — MÉRY. — LE VAL · texte numérisé non relu

BESSANCOURT. — MÉRY. — LE VAL

dée en 1125. « Ce fut alors, dit l'abbé Lebeuf, qu'une colonie de religieux, tirée de Tabbaye de la Cour-Dieu, diocèse d'Orléans, vint habiter dans le lieu dit Vieux-Moutier, qui est à l'extrémité de la gorge des montagnes qu'on voit en ce lieu, jusqu'à ce qu'Ânsel de TIsle-Âdam les plaçât, en 1136, dans son propre fonds. » Pendant sa longue et brillante existence, cette abbaye reçut la visite de plusieurs rois. Philippe de Valois y logea

en 1333 et 1344, Charles V en 1366

En 1587, Henri III la donna à Jean de la Barrière, qui en devint le 46* abbé, pour l'unir au monastère des Feuillants, de Paris, réunion qui ne devint définitive qu'en 1646. Toutefois, quoique les revenus appartinssent dès lors à ses nouveaux propriétaires, l'église et les biens réguliers furent entretenus, et un certain nombre de religieux, sous la conduite d'un prieur, continuèrent k desservir l'abbaye. La maison des Feuillants se contenta d'accommoder l'église aux usages de l'ordre.

Supprimée en 1791, l'abbaye du Val et ses dépendances furent vendues aux enchères, en deux lots. Plus tard, M. le comte Regnault de Saint-Jean-d'Ângély réunit ces deux lots et ât exécuter d'importants travaux dans les bâtiments et dans le parc, sous la direction de M. Alexandre Lenoir, fondateur du Musée des monuments français. Il y donna ensuite des fêtes brillantes. En 1824, une nouvelle vente amena de nouveaux partages. En 1845, tous les bâtiments, encore complets, furent vendus 40,000 fr.

à un maître maçon nommé Puteau ; mais les frais de main-d'œuvre et de transport augmentèrent tellement le prix de ces matériatix de démolition, que Tentrepreneur-acquéreur renonça bientôt à leur exploitation pour retourner aux carrières naturelles des environs de Paris. Néanmoins, il ne regarda l'expérience comme décisive qu'après avoir fait démolir trois des côtés du cloître, le palais abbatial et ses tourelles, ainsi que le bâtiment attenant et le grand comble du dortoir.

Les derniers débris de Tabbaye lu Val ont été l'objet, sous le second Empire, de grands remaniements.

Parmi les bâtiments conservés, M. Hérard {Recherches archéologiques sur les abbayes de l'ancien diocèse de Paris) cite celui qui était situé à TE. de l'ancien cloître, et qui

se compose d'un rez-de-chaussée avec premier étage. Au rez-de-chaussée, il existe plusieurs salles voûtées en ogives avec nervures soutenues par des colonnes isolées, enterrées aujourd'hui de près de 80 centimètres, dont les bases et les chapiteaux sont à feuilles. Parmi ces salles, les plus remarquables sont : celle du Chapitre et le réfectoire. Leur construction remonte à la seconde moitié du XI)® s. Au premier étage est l'ancien dortoir (fin du xii® s.), vaste salle voûtée en ogives et divisée en deux travées par neuf colonnes avec bases et chapiteaux à double rangée de feuilles. L'église était contiguë au pignon méridional de ce dortoir. Sur le côté occidental avait été constr^iite une tourelle octogonale contenant une cage d'escalier. Quatre seulement des baies (pignon N.) sont restées telles qu'elles étaient autrefois :

toutes les autres ont été modifiées et agrandies. Une seule des baies supérieures s'est conservée dans son état primitif. A l'angle S.-E. s'ouvre une petite salle dont la destination est demeurée inconnue. Ce remarquable dortoir, vraiment digne d'une visite, a servi longtemps à une fabrique.

Lors de la construction d'un chemin ouvert il y a peu d'années , M. Hérard a retrouvé les murs de l'abside et quelques piliers formant le bas -côté méridional de l'église.

Ces fragments sont aujourd'hui dégagés des matériaux qui les avaient recouverts.

Le bâtiment situé à l'O. du cloître, et parallèle à celui qui vient d'être décrit, est double en profondeur ; il se compose de plusieurs salles basses voûtées en ogive et dont quelques-unes ont été restaurées au XVI®. Il contient un escalier à noyau du xiii® s., et un vestibule reconstruit au xvii® s. Le second étage a été récemment reconstruit.

Ces deux bâtiments étaient réunis autrefois par un autre bâtiment parallèle à l'église, construit au xvii® s..

DE PARIS A MONTMORENCY

et dont il ne reste que la galerie formant le côté N. du cloître.

Vis-à-vis de la ferme était le palais abbatial, élevé au xv® s., et flanqué de deux élégantes tourelles; on ne retrouve de ce bâtiment que les substructions.

On peut encore visiter, au rez-dechaussée du bâtiment contigu au palais abbatial, le lavoir des religieux, sur le cours du Vieux-Moutier ; au premier étage, une galerie du xv® s.; sous la route, une galerie mettant en communication le lavoir avec le cellier et la glacière, bâtis au xiii® s., dans les excavations d'où furent extraits les matériaux des premières constructions de Tabbaye ; vers l*abside de Tancienne église, une construction souterraine du xiii® s. ; quelques voûtes à nervures remontant aux premiers temps du monastère, dans le bâtiment des hôtes.

' A l'abbaye du Val, comme à celles de Maubuisson et des Vaux-de-Cernay, l'église, le cloître et la salle du Chapitre renfermaient de nombreuses sépultures.

Le moulin dit d'En-Hctut, situé sur le cours du Vieux-Moutier, est à peu de distance de l'abbaye ; on y arrive par un chemin profondément raviné.

Les bâtiments, élevés au xv® s. et parfaitement conservés, offrent encore des parties sculptées avec une remarquable délicatesse.

Enfin, à l'extrémité supérieure de

l'enclos actuel, à peu de distance d'une belle carrière dont l'entrée forme un paysage pittoresque , la source du Vieux-Moutier jaillit aujourd'hui au fond d'un petit bosquet d'arbres verts.

Le parc, qui dominait au N.-E.

l'abbaye du Val, a été défriché : des champs remplacent aujourd'hui les beaux ombrages des temps passés.

A l'entrée s'élève une ferme récemment construite, la Ferme du Parc,

[45 min. suffisent pour aller de l'abbaye du Val à risle-Adam, soit que Ton gagne directement Stors, où l'on rejoint la route de Pontoise, soit que l'on côtoie le mur de la ferme dont nous venons de parler pour aller traverser la partie occidentale de la forêt de l'Isle-Adara. A 1 kil. de l'Isle-Adam, — que Ton suive l'un ou l'autre de ces deux chemins, — on passe près du Moulin de Vioray, dont l'étang, entouré d'arbres, mérite un détour de quelques minutes.]

Au-delà de Mériel , le chemin de fer traverse l'Oise sur un pont en tôle de 3 travées, qui sert en même temps à la route de terre, puis rejoint la ligne de Pontoise.

Il« STATION. — VALMONDOIS.

31 kil. de la gare de Paris, par Taverny, 2 kil. de Mériel.

Valmondois est décrit ci-dessus.

Section XI : De Paris à Creil, par Pontoise,

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