STATION. — SURVILLIERS
30 kil. de Paris, 6 kil. de Louvres, 9 kil. de Luzarches, 3 kil. de Fosses, 4 kil. de Marly-la- Ville. — Survilliers est à 4 kil. de Vémars, 1,500 met. de sa station, 3 kil. de Montméliau, 3 kil. 1/2 de Plailly, 5 kil. de Mortefontaine, 14 kil. d'Ermenonville.
Survilliers, 543 hab., est situé à 1,500 met. Ë. de sa station, au-delà de la grande route de Paris à Senlis.
Le château fut, sous le premier Empire, la propriété de Joseph Bonaparte. Lorsque, après les événements de juin 1815, l'ex-roi de Naples se fut échappé de France et eut gagné l'Amérique, il y prit le nom de comte de Survilliers, qu'il a porté jusqu'à sa mort (28 juillet 1844). Le château appartient aujourd'hui à M. Bouchard. Le parc est transformé presque entièrement en terre d'exploitation. — A l'extrémité du village, au tournant de la route, on aperçoit , isolée , contiguë aux champs, la petite et intéressante église du village, rebâtie en partie au XVI® s. Une inscription à demi effacée, que l'on voit à l'intérieur, à dr. de la grande porte, indique que cette église fut dotée par un seigneur Guillaume de Meaux, en 1354.
La même date est inscrite aussi dans le clocher, dont la flèche est flanquée de quatre tourelles. Le portail , ouvré d'une guirlande , la nef et les collatéraux sont en bon état de conservation.
Exonrsion à Lnzarohes.
La route de la station à Luzarches, longue de 9 kil., dessert : —
(3 kil.) Fosses, 226 hab., dont la petite église des xii®, xiu® et xv® s., est curieuse pour les fenêtres percées sur l'axe des piliers de la nef (V. Fontenay-lès-Louvres, p. 268) et renferme un édioulc en maçonnerie , en forme (riniraense châsse (xv° s.), servant d'armoire à reliques; — (4 kil. 1/2) Belle fontai7ie , 220 hal). (beau <:hâteau moderne), — et laisse successivement à g. le Piessis-Luzarches , 153 hab., et Lassy, 184 hab.
Luzarches est décrit ci-dessus.
Section XV, p. 265.
Szonrsion à Mortefontaine.
7 kil. de la station.
Pour aller de Survilliers à Mortefontaine , il faut se diriger d'abord sur Plailly. En arrivant à ce village, on aperçoit à g. un- grand mur de clôture qui renferme les restes du château de Bertranfosse (corps de bâtiment, converti en grange, quatre jolies tourelles en encorbellement et quelques ornements du xvi* s.).
Plailly a 886 hab. On traverse ce village àoniV église {mon. hist.), restaurée, a la forme d'un T, et date du xii° s., mais avec d'importantes additions des trois siècles suivants. La flèche du clocher, à jour, dentelée, est environnée à sa base de quatre tourelles couvertes de pierres taillées en écailles. Elle appartient à un type fréquent aux environs de Senlis et qui s'est perpétué depuis le xiii® s. jusqu'à la fin du xvi®.
A g. de l'église un chemin vicinal, qui conduit à Ver (F. ci-dessous), distant de 8 kil.,età (2 kil. plus loin) Ermenonville, gravit une colline en pente douce jusqu'à un lavoir. Là, quittant ce chemin vicinal, on peut s'engager à dr. dans un chemin dégradé par les pluies, et qui est appelé le chemin vert. Si, après l'avoir monté l'espace de 300 met. env., on tourne à g., entre des champs et un bois, à 1 00 met. plus loin on rencontre le prolongement de ce même bois.
SURVILLIERS. — PLAILLY. — MORTEFONTAINE.
et presque à rentrée, un carrefour.
En marchant droit devant soi au-delà du carrefour, on aperçoit, à dix pas sur la dr., un petit chemin trèsescarpé qui monte au milieu des taillis. Gravit-on ce chemin pendant 10 min., on arrive à une esplanade, d'où Ton découvre une des plus jolies vues des environs de Paris. Sur ce plateau s'élèvent encore de faibles débris du château de Montmélian, à g. duquel on remarque le clocher d'une chapelle. — Ce qui subsiste du château faisait partie d'un bâtiment intérieur et consiste en une maçonnerie rectangulaire de 20 mètl de face sur 1 0 met. de profondeur, avec une tourelle cylindrique; les murs, de 2 met. d'épaisseur, sont percés de fenêtres en plein cintre du xii° s.
Une cheminée (xv° s.), dont il ne reste plus que l'âtre et le manteau, est suspendue à 7 ou 8 mètres du sol. Le sol sous cette ruine et aux environs est miné par des souterrains, dont l'entrée est maintenant obstruée, de même que l'orifice d'un de ces puits appelés oubliettes. — Des vestiges gallo-romains ont été trouvés sur le plateau de Montmélian. Une ancienne tradition prétend qu'au III® s. saint Rieul aurait renversé, en ce lieu, un autel de Mercure. Une église, fondée au temps de Pépin et qui dépendait de l'abbaye de Saint-Denis, n'a laissé aucune trace. Les moines partageaient- la seigneurie du village, alors assez considérable (ce n'est plus qu'un hameau dépendant de Plailly), avec un baron séculier. Elle passa aux seigneurs de Plailly, qui eurent en outre la châtellenie de Mortefontaine. — Au N.-E. des ruines, à l'endroit où s'élevait probablement une tour du manoir et qui forme aujourd'hui esplanade, M"® de Mauroy a fait construire une élégante chapelle, avec une flèche en fer, consacrée, sous le titre de Notre-Dame, le 24 mai 1864, et où a été introduit, avec permission de Pie IX, le culte spécial de sainte Elisabeth, mère de saint Jean-Bap-
tiste. — Les promeneurs capables de supporter la fatigue d'une courte ascension devront d'abord visiter Montmélian, pour le panorama qu'ils y découvriront. Au N., ils apercevront à quelque distance les bois de Mortefontaine; au loin, Senlis; et, vers l'E., Ermenonville.
A 1,500 met. de Plailly, se trouve Mortefontaine. On y voit bientôt à dr. la grille du château ; mais, avant d'entrer dans le parc, on devra dépasser l'angle du mur pour aller, à Y hôtel de la Providence, faire préparer le déjeuner. On peut aussi y demander un guide pour visiter le parc :
ordinairement un jeune garçon du pays. De plus , soit que l'on ait le projet de retourner en voiture à la station de Survilliers, soit que l'on veuiller aller à Ermenonville, il faut s'entendre avec un loueur de voitures.
Mortefontaine ou Morfontaine (391 hab.) possède un parc célèbre par ses eaux, ses points de vue, son étendue. Créé, en 1770, par un riche président du parlement de Paris, Le Pelletier, ce parc fut acheté, en 1790, par Durney, banquier de la cour de France. Joseph Bonaparte en devint propriétaire à la fin de la Révolution. Il consacra, comme Le Pelletier et Durney, des sommes immenses à l'embellissement de ce domaine, qui fut acheté en 1827 par le prince de Condé, et passa, en 1830, à M™® de Feuchères, puis à sa nièce, ]y|me Corbin , qui le possède aujourd'hui. C'est au château de Morfontaine que les envoyés des Etats-Unis signèrent, le 3 octobre 1803, un traité avec les consuls de la République française, au sujet du commerce maritime et du droit des neutres, traité déjà convenu le 30 septembre. Joseph Bonaparte déploya un grand faste pour cette réception.
On entre par la grille située à peu de distance de l'hôtel de la Providence. On inscrit son nom chez le concierge, en demandant au propriétaire, qui raccorde aussitôt, la per-
DE PARIS A COMPIEGNE.
mission de visiter le parc. La route de Fontaine-les-Cornus divise la propriété en deux parties , le petit parc •et le grand parc. Ce dernier est le seul que les étrangers puissent parcourir entièrement. Avant d'y arriver, on suit d'abord une allée qui traverse dans sa largeur le petit parc. On laisse à droite la maison d'habitation, puis bientôt, descendant sur la gauche une allée qui al)outit à un chemin creux, on arrive à l'entrée du souterrain qui donne accès dans le grand parc. A peine entré dans ce parc, si l'on incline un peu à gauche, on découvre, du haut des pentes de gazon, les pièces d'eau encadrées de vertes prairies et de bois. Le centre du tableau est formé par une maison pittoresque , nommée le Pavillon de Vallière, qui occupe, dit-on, l'emplacement d'un ancien manoir fortifié. Sur la même ligne, mais dans un horizon reculé, se montre la Butte des Gens d* Armes, plateau sablonneux situé au-dessus du village de Thiers (F. ci-dessous), entre la forêt d'Ermenonville (à dr.) et les bois de Pontarmé (à g.) , sur la lisière de la forêt de Chantilly.
Plus loin encore, au-delà de Thiers, apparaît le clocher de Senlis. Descendant la pente, on visite successivement le lac Colbert, le lac de Val- Hère, le lac de V Épine ou Grand-Lac, alimenté par les eaux de la Thève, jolie rivière qui va se jeter dans l'Oise, en vue des ruines de Tabbaye de Royaumont (F. p. 264). Les moines de Châlis, abbaye voisine d'Ermenonville, étaient, par donation de Louis VII, propriétaires des prairies actuellement comprises dan s le grand parc; ils y firent creuser des viviers, transformés plus tard en lacs d'agrément. Dans la partie N. du lac de V Epine, on trouve Vile Molton, que, bordent des rochers de grès. Du haut de cette île, on distingue, dans la direction du S., Montmélian (F. p.
Revenant à la grille, on peut, en descendant la rue qui lui fait face,
se rendre à une autre partie du domaine appelée la Garenne de la Grange : on prend dans cette rue la première à dr. et on la suit jusqu^à ce que Ton rencontre à g. une vieille porte pleine, qui donne accès dans la Garenne. Dans cette direction, le paysage est plus abrupt, plus accidenté, entrecoupé de collines rocailleuses. Dans le lointain se trouvent vers le N. : la Chapelle-e?i-Serval (475 hab.), où s'élevait, dit-on, une villa mérovingienne, et dont le territoire renferme de nombreux débris d'antiquités ; Thiers (292 hab.), avec son château, duxii° s., qui présente encore neuf tours de 11 met. de diamètre, et des murailles hautes de 9 met., appareillées en grès. Le plateau sablonneux qui domine le village de Thiers, la Butte des Gens d'Armes ,îevvcie l'horizon de ce côté.
Au N.-E., sur la rive g. de la Thève, se trouve Pontarmé (484 hab.), dont le château, rasé en 1531, a été remplacé par une ferme où subsiste une porte à mâchicoulis. Lorsque le temps est clair, on aperçoit au loin, vers le N., les clochers de Senlis (10 kil.).
On peut aller en 2 h., à pied par les bois, de Mortefontaine à Ermenonville (F. Section XVIII); la route de voitures est un peu plus longue que le chemin de piétons.
A quelques mètres au-delà de la station de Survilliers, le chemin de fer passe du départ, de Seine-et- Oise dans celui de l'Oise. A 2 kil.
plus loin environ, il décrit une grande courbe ,du N. au N.-O. pour se diriger vers Chantilly en laissant à dr.
(2 kil.) la Chapelle-en-Serval. On aperçoit au loin le clocher de Senlis avant de. s'engager dans la forêt de Coye , contiguë à celle de Chantilly, et qui borde, au N. de Luzarches, la rive g. de la Thève. On entre ainsi dans le canton boisé qui s'appelait autrefois la forêt de Servais (Sylvacwm), et, par corruption, le Serval.