‹ Les environs de Paris illustrésChapitre 305 sur 562 · I0« STATION. — CHAMPIGNY · texte numérisé non relu

I0« STATION. — CHAMPIGNY

16 kil. de la gare de Paris. — Le village est à 700 met. de la station, 14 kil. de Paris par la route de terre, 3 kil. 1/2 de Villiers-sur-Marne , 4 kil. de Joinville et de Saint-Maur, 3 kil. de Chennevières , 4 kil. d'Orraesson , 6 kil. de la Queue-en-Brie.

Ghampigny, 2,490 hab., est très-

ancien , et posséda un château fort qui fut pris par les Armagnacs en 1418. Il est situé sur la rive g. de la Marne et relié par un pont (péage) au hameau de Champignolles , où se trouve la station.

Champigny fut, le 30 novembre et le 2 décembre 1870, le théâtre principal de deux batailles livrées aux Allemands par Tarmée de Paris.

La grande sortie de Paris avait été décidée pour le 29 novembre. La deuxième armée, sous les ordres du général Ducrot, devait attaquer Tennemi sur une ligne étendue de Mesly à Bry-sur-Marne.

Le général Vinoy devait faire une diversion sur la rive gauche, de THay à Choisy-le-Roi; une autre diversion serait dirigée sur la presqu'île de Gennevilliers et le village d'Épinay par le vice-amiral de la Roncière, qui commandait à Saint- Denis un corps de 25,000 hommes. 150,000 hommes et 40O pièces de canon devaient agir dans cette journée.

Le 28 au soir, les équipages de quatre pontâ, destinés à être jetés sur la Marne, furent remorqués par les canonnières de la flottille jusqu'à Joinville, mais, arrivés là, il fut impossible de les faire remonter plus haut. Ce n'était pas, comme on le dit officiellement, une crue de la rivière qui rendit cette manœuvre impraticable ; la Marne avait au contraire un peu baissé depuis la veille , et Tobstacle que l'on rencontrait aurait dû être connu depuis longtemps; au moment de l'investisse-^ ment on avait fait sauter une partie du pont de Joinville, dont les débris, obstruant et rétrécissant le chenal, y causaient un courant si rapide qu'il ne fut pas possible de le remonter; après avoir fait jusqu'à 1 h. du matin des efforts inutiles, on avertit le gouverneur qu'on ne pourrait pas être prêt dans la matinée. Des contre-ordres furent alors envoyés dans toutes les directions, ils arrivèrent à temps à Saint-Denis, mais la dépêche destinée aux troupes du S. et expédiée seulement à 7 h. 30 du matin, parvint aux Hautes-Bruyères à 8 h. 35, c'est-àdire quand depuis deux heures au moins l'action était engagée de ce côté.

Pendant la journée du 29, on fit passer en amont de Joinville les équipages de pont en les halant le long de la rive. Le pont de pierre de Joinville fut réparé de manière à devenir praticable à l'infanterie et on jeta en amont trois ponts de bateaux appuyés à l'île Fanac, devant

DE PARIS A BRIE-COMTE-ROBERT

la redoute de la Faisanderie, et deux appuyés à Tlle de Beauté.

Le 30, à 7 h. du matin, Tarmée du général Ducrot passa la Marne ; en même temps Tartillerie d'Avron, de Rosny, de Nogent, de la Faisanderie, de Gravelle et des wagons blindés, dirigeait un feu roulant sur Tennemi qui occupait les hauteurs de Yilliers - sur - Marne et de Champigny. A notre droite, le fort de Ckarenton, Maisons- Alfort , Créteil battaient Montmesly et le carrefour Pompadour. A 9 h. 1/2 l'action était engagée sur toute la ligne. Nos troupes, avec le général Ducrot à leur tête, s'avancent sous un feu violent d'artillerie et de mousqueterie ; elles gravissent les pentes de Cbampigny et de Villiers. A 10 h. 1/2, sur l'ordre du général , deux ponts sont établis en avad de Bry-sur-Marne , que l'ennemi occupait et d'où il dirigeait un feu très-vif sur nos travailleurs. A 11 h., nous occupions Cbampigny et nos soldats continuaient à s'avancer sur Yilliers et sur Cœuilly. Leur marche était rendue fort difficile par les obstacles, tranchées eu abattis, que les Allemands avaient multipliés sur tous les points qui pouvaient donner passage à nos colonnes.

Le parc de Cœuilly, d'une grande étendue, formait un corps de place que l'ennemi avait fortifié en soutenant le mur de clôture par une banquette de terre sur laquelle ses tirailleurs étaient à couvert. Attaqué à 400 met. par des pièces de campagne, ce mur fut à peine entamé, tandis qu'en une demi-heure les tirailleurs qu'il abritait eurent fait taire nos canons en tuant ou blessant une grande partie des hommes et des chevaux. En même temps un retour offensif de l'ennemi arrêtait puis refoulait notre gauche, mais le terrain fut regagné grâce à notre artillerie de campagne qui, sous les ordres du général Frébault, combattit avec avantage celle des Allemands, et à la bravoure du général Ducrot, qui, chargeant à la tête de ses colonnes, joignit plusieurs fois Tennemi corps à corps.

Sur la fin du jour, nous avions repris les pentes de Cbampigny et les abords de Villiers.

Au moment où le centre et la gauche attaquaient Cbampigny et Villiers, vers 10 h., la division Susbielle marchait à Tassaut de Montmesly.

Pendant la journée du 1*' décembre, on s'attendait à un retour offensif des Allemands, dont on voyait de tous côtés de nombreuses colonnes se diriger vers

le champ de bataille. Us concentraient en effet leurs forces, mais sans nous attaquer. Nos troupes se fortifièrent dans leurs cantonnements. Elles avaient bivouaqué sans allumer de feux, sur la terre et la neige durcies par un froid intense qui, dans la nuit du 90 novembre au 1" décembre, avait succédé au dég'el.

Le 2, au point du jour, l'ennemi se précipita sur toute la ligne de nos avantpostes. De Villiers, de Cœuilly, de Chennevières, les Allemands descendaient sur nous en masses formidables. En quelques heures, nos soldats, repoussés de toutes parts, avaient perdu les positions conquises au prix de tant d'efforts et se voyaient menacés d'être jetés dans la Marne. Mais bientôt, revenant à la charge et soutenue par les redoutes et l'artillerie de campagne, qui couvrait les Allemands de projectiles, notre infanterie força l'ennemi de reculer à son tour. Vers 2 heures, il nous céda peu à peu le terrain et se retira dans ses lignes, tandis que, reprenant nos positions de la veille, nous rentrions dans Cbampigny.

Ces deux journées avaient causé sans doute à l'ennemi des pertes considérables; nos troupes avaient montré une solidité à toute épreuve, et, malgré les souffrances qu'une température rigoureuse ajoutait à leur fatigue, elles ne témoignaient aucun découragement. Mais l'attaque de nos lignes dans la journée du 2 faisait voir combien la situation était critique. Cœuilly, Villiers et toutes les hauteurs étaient au pouvoir de Tennemi. On ne jugea pas qu'il fut possible de l'en chasser, et l'immobilité devenait à chaque instant plus compromettante.

Le gouverneur se décida, en consé* quence, à la retraite. Dans la journée du 3, nos troupes repa<«sèrent la Marne, sans que l'ennemi parût s'en apercevoir, et vinrent camper devant le fort de Vincennes. Ce mouvement, qui dut combler les Allemands de joie, eut sur le moral de nos soldats un effet désastreux. Nous avions d'ailleurs éprouvé des pertes cruelles dans ces deux batailles. Les généraux Renault et Ladreyt de la Charrière, les colonels de Grancey (mobiles de la Côte-d*Or), de Vignerol, Guyot (génie), Franchetti (éclaireurs de la Seine), étaient tués ou blessés mortellement ; dans l'armée, la marine, la mobile, la garde nationale, un grand nombre d^officiers et de soldats avaient donné leur sang ; le régiment des mobiles de la Vendée, pour ne citer que ce corps, sur

CHAUPIGNY. — LA VARENNE. - CHENSEVIÊRES. 423

Un heaa monument & élé érigé, en 1S77, aux victimes des Journées du 30 novembre et du 2 décembre 1870 ; une vaste crjpte renferme, d'un c6té les restes desEoldatsfraii-

ceux des soldats allemands.

L'église de Champigny.dea

isqui

IL fait SI

u S., plus

de 2,000 hab., dépend de la et de Saint-Maur, On n'y trouve que des maisons de campagne. Au mojen âge, la Varenne était un hameaa peuplé de cultivateurs, qui furent longtemps aerfs de l'abbaja de

Une église avait été b&tie d^iR le voisinage.

remplacent les fenêtres supé-

dis position orJ-

simple et gra-

beaucoup d'églises de village bâties dans In région de Paris de 1175 à 1230

lie chemin de „

rigevers le S. On voit i g,, s hauteur, au-delà de la Marne, 1 lage de Chennevièrea.

Lr Tarenne-Saint-Hatir, qui 1

Hili

•e. Au J

de dernier, le duc Louis de Bourbon la fit abattre pour

parc , puis il la remplaça par

m "wnstrmw

loin. Il n'en

cun vestige.

En 1358, un

mulaire remarquable , présumé celtique, fut trouvé & la Va-

Paris

Un beau pont

fonte ( péage , cent.), construit en 1866, relie Varenne avec Ghenueviâr es , 5 hab. (Seine-et-Oise) , situé sur rive g. de la Marne, au sommet jne pente assez escarpé e. Chenne-' ;re s possède une église en partie du 11° G., dont la façade a été recons- "*? dans le premier atjle ogival; il est surtout remarquable par

a antanflL/ta Anni nn y jOUÏt BUT

! splcndîde d

DE PARIS A BRIE-COMTE-ROBERT

Saint-Maur, Joinville , Vincennes, Pari8 et ses monuments, panorama supérieur à celui de la terrasse de Saint-Germain.

Au S. - 0. de Chennevières on trouve, à l'extrémité d'une belle avenue, le château d'Ormesson (mon.

hist.), édifice bâti en pierres et en briques, dans le style simple et noble du XVII® s. Ce qu'il offre de plus remarquable, c'est qu'il s'élève du milieu d'une pièce d'eau. Il n'est pas grand ; mais le parc qui en dépend est très-étendu. La famille d'Ormesson a fourni d'illustres magistrats, dont les descendants possèdent encore le château.

Quand on a quitté la station de la Varenne, on franchit la Marne et l'on passe du départ, de la Seine dans celui de Seine-et-Oise, laissant à g. un plateau boisé, à dr. une plaine s' étendant jusqu'au fleuve.

Page 1