‹ Les environs de Paris illustrésChapitre 320 sur 562 · VERRES · texte numérisé non relu

VERRES

2 kil. de Crosne, 4 kil. 1/2 de Villeneuve- Saint-Georges, 1 kil. de TAbbaye, 2 kil. de Brunoy, 6 kil. de Boissy-Saint- Léger, 3 kil. de Montgeron.

Terres ou Yères, 1,308 hab., est un des plus jolis bourgs des environs de Paris. Nulle part on ne voit de plus charmantes maisons de campagne.

Uéglise, dépourvue d'intérêt, renferme d'anciens tableaux parmi lesquels on remarque le Mariage de la Vierge, la Naissance du Christ, et, surtout, la Présentation de la Vierge, Ce dernier parait appartenir à Técole flamande de la première moitié du XVI ° s.

Au xiv^ s., la seigneurie d' Yerres appartenait à la maison de Courtenay, branche collatérale de la famille royale qui avait donné des empereurs à Constantinople. Elle passa ensuite aux Budé , dont Tun fut secrétaire de Charles VIII, et devint, par son immense érudition et ses travaux sur la langue grecque, Tun des flambeaux du xvi® s. Il n'était pas Tainé de la famille ; mais il avait une jolie petite maison dans le voisinage du château qu'habitait son frère. Il ne reste plus de cette maison que la porte d'entrée, qu'on voit sur la place du village. Elle est flanquée de deux larges tours rondes et construites en briques. Une belle source qui arrosait autrefois le jardin du grand helléniste s'appelle encore fontaine Budé (elle est aujourd'hui renfermée dans la propriété de M™*' Dècle). On y a gravé son médaillon avec ce quatrain, attribué à Voltaire, qui en déclinerait probablement la paternité :

Toujours vive, abondante et pure, Un doux penchant règle mon cours ; Heureux Tami de la nature Qui voit ainsi couler ses jours !

Au N. d' Yerres s'élève le mont

Griffon, dont le sommet boî&é a 1 40 met. De vastes réservoirs y ont été ménagés. On peut y faire d'agréables promenades, et on y découvre de charmants points de vue^

A l'extrémité du bourg était jadis une abbaye de Bénédictines, qui avait été fondée en 1132. Elle eut une maison à Paris, dans la rue qui s'appelle encore aujourd'hui rue des Non- 7iains-d* Yerres, et des abbesses de grande maison, entre autres Marie d'Estouteville, qui réforma ce couvent au XV® s., et Marie de Pisseleu, sœur de la duchesse d'Étampes.

Celle-ci fut déposée de sa charge à cause de sa conduite légère. L'abbaye n'a été détruite qu'à moitié pendant la Révolution. Il en reste deux grands corps de bâtiment appropriés depuis à une filature de laine. Cette fabrique et les maisons qui l'entourent forment comme un faubourg d'Yerres, et s'appellent V Abbaye (1 kil.).

De l'Abbaye, en suivant la route, on atteint en 10 min. Brunoy (F. cidessous).

Au-dessus et presque au sommet de la colline qui surmonte le village d' Yerres, s'élevait aussi un couvent de Camaldules, établi par la libéralité du duc d'Angouléme , fils bâtard de Charles IX, et propriétaire du domaine de Grosbois, dont ce terrain faisait partie. Il ne reste plus de ce couvent que des caves , les débris d'une chapelle , et une longue terrasse plantée de marronniers, d'où Ton aperçoit toute la vallée.

Les Camaldules touchent immédiatement aux bois qui couronnent les hauteurs d' Yerres. Le duc de Lorraine, en 1652, campa sur ce plateau. Le lieu où il s'établit s'appelle, depuis lors, le camp des Lorrains.

Ces Lorrains étaient , à proprement parler, des bandits, et le souvenir de leurs excès n'est pas "encore effacé dans la vallée de TYères.

Quant au bois, détaché depuis longtemps du domaine de Grosbois, on le nomme à présent le bois de la Grange, à cause du chàtbau de la

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