Chardin. Sa nourrice. — 108. Eug
Delacroix. Tète d'Actéon. — 110. Desportes (?). Chasse. — 125. École de Aïignard. La Coquetterie. — 128. Vue de Melun au xvr s. — 129. Vue de Melun sous Henri lY. — 139. Oudry. Fleurs et fruits. — 150. École de Rigaud. Marie -
t Thérèse, impératrice d'Autriche. — 160. Paul Bril (?). Réjouissances de paysans. — 161. Wouwermaixs (?). Départ pour la chasse. — 169. D'après Raphaâl. L'Ange
' gardien. — 170. D'après Rubens. Débar-
I quement de Marie de Médicis à Mar-
I seille (allégorie).
! Un square s'étend derrière l'hôtel de ville. — La place Saint-Jean est ornée d'une fontaine monumentale.
I La préfecture s'élève au sommet I de la colline que couvre le quartier septentrional de la ville, et la domine tout entière ainsi que la vallée. Un vaste jardin anglais descend de la façade jusqu'à la rivière.
La préfecture est à l'extrémité occidentale de Melun. Du côté opposé, se dresse, comme pour lui servir de pendant, le château (1766) de Vauxle-Pénil (qu'il ne faut pas confondre avec Vaux-Praslin), beaucoup plus grand que la préfecture, précédé, comme elle, d'une belle pelouse en amphithéâtre et offrant, en outre, une magnifique futaie qui couronne le coteau. Une jolie promenade borde la Seine au-dessous de cette belle propriété. Uéglise de Vaux est du xiii° s
L'ancien pont aux Moulins, sur la Seine, a été reconstruit en fonte.
C'est à cet endroit que se péchaient les fameuses anguilles de Melun, Leur réputation est consacrée par ce proverbe : « L'anguille de Melun crie avant qu'on l'écorche, » qui rappelle aussi l'historiette suivante. Au moyen âge, dans la représentation théâtrale d'un mystère, on choisit pour jouer le personnage de saint Barthélémy, un acteur du nom de Languille. Son rôle était d'être écorché vif. Le malheureux , entrant dans la réalité de ce rôle, se mit à crier de toutes ses forces quand le bourreau fit mine de vouloir aussi remplir le sien. De là le proverbe.
La ville de Melun, qui n'avait pas, sous Louis XVI, 4,000 habitants, a vu tripler sa population depuis qu'elle est devenue le ch.-l. du départ, de Seine-et-Marne. Jusqu'à la Révolu-
DE PARIS A FONTAINEBLEAU
tion, elle avait été commune franche, protégée seulement par ses vicomtes, dont le domaine embrassait un vaste territoire situé au N.-E. de la Tille, vers le village de Maincy. La demeure seigneuriale, isolée à 6 kil.
de Melun, s'appelait Vaitx-le- Vicomte et s'appelle aujourd'hui Vaux-Praslin.
Fouquet, surintendant des finances sous radministration du cardinal Mazarin , -acheta la vicomte de Melun , et remplaça le vieux château par un édifice immense •et magnifique, où il offrit à Louis XIV, le 17 août 1661, une fête qui eut toute Timportance d'un événement.
Les Mémoires du temps sont pleins de ■descriptions pompeuses de cette fête , et Ton peut en lire , dans les œuvres de la Fontaine, un récit très-détaillé en vers et en prose. La Fontaine était de la fête, et il eut le rare mérite de n'oublier jamais les services que Fouquet lui avait rendus. La perte du surintendant, préparée de longue main par ses deux collègues Le Tellier et <Jolbert, était déjà résolue quand Louis XIV alla s'asseoir à sa table ; mais le luxe de cette demeure et le faste de la réception augmentèrent singulièrement l'irritation du monarque, qui avait en effet le droit de se dire : « Toutes ces richesses ont été accumulées au détriment de l'État. » Fouquet fut arrêté à Nantes, le 5 septembre , dix-huit jours après sa fête, enfermé successivement à Vincennes et à la Bastille, jugé en 1664 par une commission formée de conseillers au parlement, banni et incarcéré à Pignerol par ordre du roi, qui trouva que la commis- ■sion avait été trop débonnaire.
Louis XIV ne voulut pourtant pas ruiner la famille de celui qu'il avait si rudement frappé. Le fils aîné du surintendant, Nicolas Fouquet, fut comte de Vaux. Il mourut en 1705. Le maréchal de Villars acheta de sa succession la terre de Vauxle- Vicomte, que Louis XIV érigea, en sa faveur, en duché-pairie, et qui s'appela Yaux^Yillars. Le duc de Villars, fils du maréchal, le vendit au duc de Praslin, ministre sous Louis XV. Enfin le château est possédé , depuis 1875 , par un riche industriel parisien, M. Sommier.
« Le palais de Vaux, a dit Voltaire {Siècle de Louis XIV, chap. xxv), et les jardins avaient coûté à Fouquet 18 millions, qui en valent au-
jourd'hui 35. Il avait bâti le pakuis | deux fois et acheta trois hameaux, dont le terrain fut enfermé dans des jardins immenses, plantés en partie par Le Nôtre,et regardés alors comme les plus beaux de l'Europe. Les eaux jaillissantes de Vaux, qui parurent depuis au-dessous du médiocre après celles de Versailles , de Marly et de Saint-Cloud, étaient alors des prodiges. Ces eaux , qui ne jouent plus aujourd'hui, n'étaient rien, après tout, comparées au château lui - même , chef-d'œuvre de Levau , et qui , sauf les injures du temps , reste encore tel que Fouquet le fît bâtir.
Les magnificences du dedans répondaient à celles de l'extérieur. Les peintures sont de Charles Lebrun et de Mignard. Un seul détail suffira pour donner une idée de la munificence du surintendant : il faisait à Lebrun 10,000 livres de pension par année, outre le prix des tableaux.
Ce beau château est entouré d'un large fossé rempli d'eau et revêtu de maçonnerie. On y entre par un pontlevis. On en sort également par un pont-levis du côté du jardin. La cour d'honneur est précédée d'une vaste avant-cour, le long de laquelle s'étendent les commuîîs. Cette avant-cour est fermée du côté de l'avenue par une large grille que soutiennent des Termes de grandeur colossale. Tous, malheureusement, sont plus ou moins mutilés; le château lui-même a été fort mal entretenu. Le parc a 800 arpents ; il est tout en lignes droites, suivant l'usage du xvii® s. A l'extrémité du parterre s'étend une pièce d'eau ou canal creusé de main d'homme et alimenté par la petite rivière d'Anqueuil.
Ezonrsion à l'abbaye dn Lys.
Au sortir de la gare de Melun, au lieu de tourner à g. pour aller à la ville, les archéologues pourront prendre sur la g. un chemin qui, se dirigeant en ligne droite vers le S.-O., laisse à dr. le château de Bel-Ombre,