CHATILLON
7 kil. 1/2 de Paris, 1 kil. de Bagneux, 1 kil. 1/2 de Fontenay-aux-Roses, 2 kil. de Clamart, 8 kil. de Bièvre, 3 kil. 1/2 du Plessis-Piquet, 3 kil. de Sceaux.
Ghâtillon-sous-Bagneux, v. de 3,000 hab., n'a de vraiment curieux que le plateau sur lequel il est situé et d'où l'on jouit d'une vue magnifique sur Paris et la vallée de la Seine.
C^est sans doute à sa position stratégique que le village de Châtiilon doit l'existence du Châtelet {castellio) qui lui a donné son nom. Il est fait mention pour la première fois de Châtiilon dans un cartulaire de Notre-Dame des Champs lez Paris, qui porte la date de 1192. La principale seigneurie, car il y en avait plusieurs, appartenait à Tabbaye de Saint- Germain des Prés. Un lieutenant criminel de Paris, Richard Tardieu, seigneur de Ménil, un des ancêtres de ce conseiller au Parlement dont Boileau peint, dans sa X* satire , la sordide avarice, en fit l'acquisition. Colbert Tacheta à son tour, et elle passa au duc du Maine avec la baronnie de Sceaux. L'histoire a fait peu mention de Châtiilon; cependant Monstrelet rapporte que le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, campa sur la montagne pendant huit jours, en 1417, avant d'aJler mettre le siège devant Montlhéry.
L'importance de la situation stratégique de Châtiilon s'est manifestée surtout du-
rant le dernier siège de Paris. Dès les premiers revers de nos armées, on s* aperçut bien vite que le génie militaire avait commis une grave erreur, en 1841 , lorsque, en déterminant le tracé des forts, il laissa sans défense particulière le plateau de Châtiilon. Lorsqu'on voulut guérir oa du moins pallier le mal, il n'était plus temps ; les ouvrages en terre qu*on y exécutait à la hâte n'étaient encore ni achevés ni armés, lorsque les Allemands se présentèrent avec leur artillerie," le 19 septembre 1870, sur les hauteurs voisines.
La redoute fut abandonnée et servît à nos ennemis qui, de là, firent le plus grand mal aux forts de Vanves et d^Issy. ruinèrent le château de Meudon et purent prendre en écharpe la partie de Tenceintc fortifiée qui sépare Auteuil et Passy du bois de Boulogne.
Pour mettre fin à une si fâcheuse situation, on essaya de reprendre la redoute. Le 13 octobre, le général Vinoy eut ordre de diriger, comme général en chef, une grande reconnaissance dans la direction du plateau de Châtiilon. A droite, cinq compagnies de gardes forestiers marchaient sur Clamart, et la brigade Susbielle sur Châtiilon ; à g. , sous les ordres du général de la Mariouse, le ré- i giment des mobiles» de la Côte-d'Or et un bataillon des mobiles de l'Aube , avec le 35« de ligne en réserve , se portaient sur Bagneux; la brigade La Charrière prenait position entre Bagneux et la maison Pichon ; enfin, la brigade Dumoulin était placée comme réserve en arrière du fort de Montrouge. A 9 h., le fort ouvrit son feu sur Bagneux ; la tête de colonne, placée à la maison JPichon, et les mobiles de la Côte-d'Or et de l'Aube s'élancèrent intrépidement et malgré la fusillade' de l'ennemi retranché derrière les murs crénelés d'un parc et, dans les maisons de Bagneux, ils enlevèrent le village en une demi -heure. Le commandant de Dampierre, des mobiles de l'Aube , périt glorieusement dans ce combat.
L'attaque de Châtiilon fut plus difficile : il fallait emporter successivement les malsons crénelées par l'ennemi très-fortement établi TJans le village. Ce retard donna le temps aux Allemands de réunir leurs réserves. Ils ouvrirent bientôt sur nous un feu d'artillerie très-vif, mais auquel les forts ripostaient avec avantage. Maître de Bagneux, le général Vinoy espérait occuper Châtiilon avant la fin du jour ; il comptait du moins se maintenir dans ses positions, d'où l'on pouvait le
rard, il envoya lé gramme suiv!
tnaitres de Bagneiii