‹ Les environs de Paris illustrésChapitre 56 sur 562 · PREMIER ÉTAGE · texte numérisé non relu

PREMIER ÉTAGE

On entre à g. en descendant l'escalier dans une antichambre où se trouvent à dr. deux salles ayant fait partie de l'appartement de M™® de Maintenon.

Cet appartement avait été d'abord placé par erreur dans une autre partie du château. C'est M. J.-A. Le Roi qui en a retrouvé le véritable emplacement. Il résulte, de ses recherches et des descriptions du temps, que l'appartement de M™* de Maintenon était formé de trois des salles aujourd'hui consacrées aux campa-

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gnes de 1793, 1794 et 1795 (p, q et 58, plan lU).

L'appartement de M™* de Maint»»

non se composait : 1° de deux antichambres, aujourd'hui détruites et ne formant plus qu'une seule pièce {p, plan III) ; — 2° d'une grande pièce très-profonde, éclairée par trois fenêtres, qui était sa chambre à couchei" (q, plan III) ; elle a été partagée en deux pièces lors de l'établissement des galeries historiques ; — 3*^ d'un grand cabinet, aujourd'hui salle 58 (plan III) ; le plancher en était plus élevé que celui de la chambre à coucher et on y montait par cinq marches qui n'existent plus, parce que le sol de cette pièce a été abaissé.

Sur l'emplacement de ces marches il y a aujourd'hui un petit couloir pour aller du grand cabinet à la chambre ù coucher. Dans la salle 58, le tableau n° 2307 tt masque, dit la Notice du Musée, une porte qui donnait sur un petit escalier et de là dans Tappartement du duc de Bourgogne.

C'est par cette porte que l'on entrait dans le grand cabinet de M°>^ de Maintenon, sans passer par sa chambre à coucher. » Nous ajouterons ici quelques détails sur la vie intérieure de cette reine quasi plébéienne, détails empruntés à Saint-Simon.

« Entre la porte de Tantichambre et la cheminée (cette cheminée, située au fond, a été détruite), était le fauteuil du roi adossé à la muraille, une table devant lui et un ployant autour, pour le ministre qui travaillait ; de Tautre côté de la cheminée, une niche de damas rouge et un fauteuil où se tenait M"* de Maintenon, avec une petite table devant elle : plus loin, son lit dans un enfoncement ; vis-àvis les pieds du lit, une porte et cinq marches... Pendant le travail. M"* de Maintenon lisait ou travaillait en tapisserie ; elle entendait tout ce qui se disait entre le roi et le ministre qui parlaient tout haut ; rarement elle y mêlait son mot... Mais elle était d*accord avec le ministre.

«Vers les neuf heures du soir, deux femmes de chambre venaient déshabiller M** de Maintenon. Aussitôt après, son maître d'hôtel et un valet apportaient son

couvert, un potage et quelque chose de léger. Dès qu'elle avait achevé de souper, ses femmes la mettaient dans son lit, et tout cela en présence du roi et du ministre... ou des dames familières ; tout cela gagnait dix heures, que le roi allait souper et, en même temps, on tirait les rideaux de M"* de Maintenon. » Et , dans un autre endroit de ses Mémoires :

u Lorsque le roi était averti qu'il était servi, il passait un moment dans une garde-robe, allait après dire un mot à M"" de Maintenon, puis sonnait. Alors, Monseigneur, s'il y était, Monseigneur et M">* la duchesse de Bourgogne, M. le duc de Berri, entraient à la Aie dans la chambre de M"" de Maintenon, ne faisaient presque que la traverser, et précéduent le roi qui allait se mettre à table. Tous les soirs, M"" la duchesse de Bourgogne jouait, dans le grand cabinet de M"*, de Maintenon, avec les dames à qui on avait donné l'entrée, et, de là, entrait, tant et si souvent qu'elle voulait, dans la pièce joignante, qui était celle de M"« de Maintenon, où elle était avec le roi, la cheminée entre deux. Monseigneur, après la comédie, montait dans le grand cabinet, où le roi n'entrait point et M"* de Maintenon presque jamais. »

Parmi les tableaux historiques, nous signalerons les suivants :

Salle (p; campagnes de 1795 et 1796). — H. Bellangé, 2287. Bataille de Loano, et 2288, bataille d'Altenkirchen.

Salle (g; campagnes de 1792-1794).

—2291, Jollivet. Combat d'Hooglède.

— 2299. Caminade. Entrée à Anvers. — 2301. Eug, Lami, Prise de Maêstricht.

Petit cabinet (ancien cabinet de toilette).— 2298. Philippoteaux, Prise d'Ypres.

Revenant dans l'antichambre , on entre dans la salle des Gardes.

Salle des Gardes (56). — Cette salle, située au haut de l'escalier de marbre, était destinée aux gardes composant la maison du roi. Elle contient quelques tableaux. Un tableau curieux (n° 2130) représente le carrousel donné par Louis XIV devant les Tuileries, le 5 juin 1662.

Antichambre du Roi (55).— Cette pièce servit , pendant un certain

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temps, de salle à manger du roi pour le grand couvert; les fils et petits-fils de France avaient seuls le droit d'y prendre place ; elle devint ensuite la salle des valets de pied.

On y voit une Bataille d'Arbelles, par Pierre de Cortone, et, sur la cheminée, une Bataille, de Parrocel, ainsi que des tableaux de Van der Meulen.

Le tableau 2149 : Institution de l'ordre militaire de Saint-Louis, 10 mai 1695, offre un intérêt particulier, parce qu'il représente Louis XIV dans sa chambre à coucher ; il a servi, en 1838, de guide pour la restauration de cette chambre.

Salle de l'Œil-de-Bœuf (54). - Cette salle est ainsi appelée de la fenêtre ovale, ou œil de bœuf, pratiquée au-dessus de la fenêtre du fond. C'était l'antichambre du roi ; c'était là que les courtisans venaient attendre le lever du maître.

Un tableau (peint par Nocret)^ que l'on y voit encore, reste comme l'une des plus curieuses preuves de cette espèce d'idolâtrie dont on entourait Louis XIV, et à laquelle il se prêtait complaisamment. Il y est représenté, ainsi que sa famille^ avec les emblèmes des divinités de l'Olympe.

Voici les personnages de ce travestissement mythologique : Louis XIV, en Apollon; un peu au-dessous : Marie- Thérèse, en mère des Amow^s; diéhoMi^ derrière le roi : M^^° de Montpensier, en Diane; Monsieur, en étoile du matin qui va saluer le soleil ; à sa gauche : Henriette d'Angleterre, en Flore; près de celle-ci : Anne d'Autriche, en Cybèle; dans le fond du tableau :

les filles du duc d'Orléans , M™^ de Guise , * M™" de Toscane et M™« de Savoie, sous les figures des trois Grâces; Mademoiselle, reine d'Espagne, en Zéphire; la reine d'Angleterre, mère de Madame, assise près de Monsieur, tient un trident.

Cet étrange tableau rend presque concevable l'assertion paradoxale de Saint-Simon : a Si le roi n'avait peur du diable, il se serait fait adorer. »

A une extrémité de la pièce est un

petit modèle en bronze de la statue équestre de Louis XIV, par Petitot, que l'on voit dans la cour du palais.

Un couloir ouvrant sur la salle de TŒilde-Bœuf communique avec VappartemeHi de la reine (V. page 46).

Chambre à coucher de Louis XIV

(53). — Cette pièce devint la chambre à coucher du roi en 1701. C'est là que se renouvelait la cérémonie du petit lever et du petit coucher, fastidieuse pour tout autre que lui.

Frédéric le Grand, roi de Prusse, se faisant énumérer un jour par un Français tous les détails de cette singulière étiquette, s'écriait en éclatant de rire : « Si j'étais roi de France, je nommerais un autre roi pour faire toutes ces choses-là à ma place. )»

« A 8 heures , le premier valet de chambre en quartier, qui avait couché seul dans la chambre du roi et qui s'était habillé, l'éveillait. » (Saint- Simon.) Quand le roi quittait Versailles seulement pour quelques jours, un valet de chambre y restait et couchait au pied du lit pour le garder.

Louis XIV dînait souvent dans sa chambre.

u Le dtner était presque toujours au petit couvert, c'est-à-dire, seul dans sa chambre, sur une table carrée vis-à-vis de la fenêtre du milieu. Il était plus ou moins abondant, car il ordonnait le matin : petit couvert ou très-petit couvert. Mais ce dernier était toujours de beaucoup de plats et de trois services sans le fruit (Louis XIV était gros mangeur). La table entrée, les principaux courtisans entraient, puis tout ce qui était conuu, et le premier gentilhomme de la chambre allait avertir le roi. Il le servait si le grand chambellan n'y était pas. J'ai vu, mais fort rarement, Monseigneur et messeigneurs ses fils au petit couvert, debout, sans que jamais le roi leur ait proposé un siège. J'y ai vu assez souvent Monsieur, venant de Saint-Cloud voir le roi. U donnait la serviette et demeurait debout. Un peu après le roi lui demandait s'il ne voulait point s'asseoir ; il faisait la révé- Irence, et le roi ordonnait qu'on lui apportât un siège. On mettait un tabouret

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Le lit et rameublement de celte chambre étaient l'œuvre de Simon Delobel, tapissier, valet da chambre lia roi. Delobel employa douze ans pour confectionner ce travail, qui prit rang, dit M. Valout, parmi les merveilles du temps, et qui était

consacré au Triomphe de Vénus. On voit encore sur le dossier : l'Amour endormi sur des fleura, au milieu des nymphes. Plus lard, quand s'éveillèrent les scrupules religieux, « la courte-pointe Delobel fut échangée contre un couvre-pied hrod?

par les demoiselles de Saint-Cjrr. On y voyait le sacrifice d'Abraham (il forme aujourd'hui le ciel du lit) et le sacrifice d'Iphigénie; singulier rapprochement qui révble la double ins-

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piration de Mme de Maintenon et de Racine ! »

Le lit a été retrouvé dans les dépôts de la couronne : le couvre-pied, vendu pendant la Révolution, après avoir traîné quelque temps, en deux morceaux, en Allemagne et en Italie, et avoir été vainement offert à Louis XVIII et à Charles X, fut racheté par Louis-Philippe. La balustrade a été également retrouvée au Garde-Meuble ; on n'a eu qu*à la faire redorer. L'étiquette défendait de la franchir sans la permission du roi ; on raconte que, en 1714, le premier président de Novion s'étant permis de s'avancer près du lit de Louis XIV, qui était souffrant, le duc d'Aumont, premier gentilhomme de la chambre, le tira par sa robe et lui dit : « Où allez-vous ? Sortez. Des gens comme vous n'entrent pas dans la balustrade, si le roi ne les appelle pour leur parler. »

De chaque côté du lit on voit aujourd'hui deux tableaux de la Sainte- Famille , des écoles italienne et liamande, que des guides distraits ont le tort d'indiquer quelquefois aux visiteurs comme lea tableaux de saint Jean par Raphaël, et de David par le Dominiquin , qui y étaient placés du temps de Louis XIV. Le tableau du Dominiquin le suivait dans ses voyages à Marly, à Saint-Germain et à Fontainebleau. Il fait aujourd'hui partie du musée du Louvre.

A g. du lit on voit encore un portrait de Louis XIV (n° 2167), à l'âge de 66 ans, par A?itoine Benoist, A dr. du lit est une Annonciation, petit tableau avec un cadre orné de statuettes en bronze, donné en 1863, par M. René Soret.

Le portrait de la reine Anne d'Autriche, par Mignardf était déjà dans cette pièce sous Louis XIV. Les autres portraits, placés à l'époque de la restauration du château, représentent des meinbrès de la famille royale. — Sur la fausse cheminée est un buste en marbre, par Coysevox, de la duchesse de Bourgogne, prise d'après nature.

Plafond. — Le milieu du plafond n'avait été décoré d'aucune peinture. On y plaça, sous Napoléon !•', Jupiter foudroyant les crimes , par Paul Véronèse. Cette peinture , provenant du palais ducal de Venise, a été transportée au Louvre en 1859, et n'a pas été remplacée. Au-dessus de la corniche sont les quatre Ëvangélistes, par Valentin.

C'est dans cette chambre, dans ce lit, que mourut Louis XIV, après un règne de 72 ans. Lorsque Louis XV revint à Versailles, en 1722, il occupa aussi cette chambre, et la conserva jusqu'en 1738.

Le cérémonial suivi à la mort du roi était le suivant : le premier gentilhomme se présentait à la croisée qui donne sur la cour de marbre, en criant trois fois : Le roi est mort!

Puis, brisant sa canne et en prenant une autre, il reprenait : Vive le roi !

En même temps, on plaçait l'aiguille de l'horloge du palais sur l'heure à laquelle le monarque avait rendu le dernier soupir. Elle y restait immobile jusqu'à la mort de son successeur. Cet ' usage fut observé pour Louis XV ; mais après lui, des sept monarques appelés à régner sur la France, Louis XVI, Louis XVII, Napoléon, Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe, Napoléon III, un seul, Louis XVIII, est mort sur le trône :

c'est à sa mort que cette cérémonie fut accomplie pour la dernière fois, en 1824.

Salle duGon8eil(52).— Cette salle, sous Louis XIV, était divisée en deux pièces, qui furent réunies sous Louis XV. La plus éloignée de la chambre du roi était le cabinet des perruques (Louis XIV changeait de perruque plusieurs fois par jour).

Dans ce singulier voisinage , l'autre pièce était le cabinet du roi ou cabinet du conseil, ainsi nommé parce que Louis XIV y travaillait avec ses ministres.

C'est dans cette salle où s'étaient décidées tant et de si grandes affaires, que plus tard, en plein conseil, une

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courtisane, M"* du Barr;, venait s'asseoir familièrement sur le bras tlu fauteuil de Louis XV, et qu'elle jetait un jour au feu un paquet de lettres encore cachetées qu'elle avait prises entre les mains du roi. Ce fut U, te 23 juin 17S9. dans l'embrasure de la première croisée, que M. de Brézé Tint tout éjwriiu annoncer è, Louis XVI la résistance des députés

sommés de ae séparer, et ta foudroyante réponse de Mirabeau :

- Nous sommes ici par la volonté du

par la force des baïonnettes ! "

On y voit une pendule curieuse, faite en 1706 par Morand. — Les dessus de porte, peints par Houasse, représentent r Minerve naissant armée du cerveau de Jupil«r; Minerve

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e et d(

Grande galerie dei Glaces. — Uuis XIV la Ht élever à la place d'une terrasse pavée de marbre, qui (armait un renfoncement entre deui pavillons. Elle a 73 met. environ de lenteur, sur 10 met. tO cent, de largeur, et 13 met. de hauteur; elle est éclairée par 17 fenêtres en arcales jardins, auxquel-

les répondent en face 17 arcades feintes remplies de g-laces dans toute leur hauteur. Les fenêtres et les aroades sont séparées de chaque cAté par St pilastres à bases et a chapiteaux dores. Dans les trumeaui, pendent des trophées de bronze doré. La voûte, en plein cintre, est symétriquement divisée en 7 grands compartiments et IS petits, entourés de figures allégoriques, soutenant des trophées ou îles guirlandes, avec cette eurabendance

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excessive autorisée par remploi que les grands maîtres italiens en ont fait dans ce genre d'ouvrages ; témoin le fameux plafond de la chapelle Sixtine, par Michel-Ange. Cette galerie fut composée pRV Lebrun, qui peignit, vers 1679, les grands tableaux sur toile marouflée. Les 23 figures d'enfants posées sur la corniche, ainsi qu'une partie des trophées^ sont dues à Coysevox, Outre les 7 grands compartiments du plafond, il y en a deux autres aux extrémités de la galerie.

Tout ce fastueux travail est exclusivement consacré à la gloire de Louis XIV. Dans les cartouches audessous des tableaux sont des inscriptions, généralement attribuées à BoileauetàRacine. — Dans certaines circonstances, comme pour la réception de l'ambassadeur du roi de Perse, Louis XIV faisait transporter le trône dans la grande galerie. Cette galerie fut témoin de bien des fêtes. Une des plus brillantes, sous Louis XIV, eut lieu à l'occasion du mariage du duc de Bourgogne.

« La galerie fut éclairée de quatre mille bougies, pour un bal où les dames parurent toutes en velours noir, étincelantes de pierreries. Les hommes étaient également chargés de diamants. Des filous trouvèrent le moyen de se glisser parmi cette riche assemblée ; ils y volèrent beaucoup de pierreries , et coupèrent un morceau de la robe de la duchesse de Bourgogne, pour enlever une agrafe de diamants. » Louis XIV ayant voulu que la cour fût magnifique, la profusion du luxe fut extraordinaire.

Saint-Simon dit que , entre sa femme et lui, il leur en coûta 20,000 livres.

Ce fut aussi dans la galerie des Glaces que le roi de Prusse fut solennellement couronné empereur d'Allemagne, le 18 janvier 1871.

1°' tableau, au-dessus de l'entrée du salon de la Guerre : Alliance de l'Allemagne et de l'Espagne avec la Hollande (1672).

2® tableau, au-dessus de l'entrée du salon de la Paix : la Hollande ac-

cepte la paix et se détache de l'Allemagne et de l'Espagne (1678).

Plafond. — Voici l'indication des grands tableaux, en commençant du côté du salon d& la Guerre : '

1®' tableau ( occupant toute la voûte) : Passage du Rhin (1672). — Cette composition allégorique laisserait à peine deviner quel est le sujet, si l'on n'y découvrait le Rhin, qui, comme dans l'épi tre de Boileau, appuyé sur son urne penchante , se relève épouvanté de tant d'audace et laisse d'eflroi tomber son gouvernail.

L'abaissement de l'orgueil de la Hollande est marqué par une figure renversée, ayant les ailes à moitié coupées et laissant échapper une couronne. — A l'autre extrémité est figurée la prise de Maëstricht en 1673.

2® tableau (côté des jardins) : Le roi arme sur terre et sur mer (1672).

Toutes les divinités s'empressent autour de Louis XIV. Neptune lui amène des vaisseaux ; Mars^ des soldats ; Vulcain lui apporte des armes ; Mercure lui présente un bouclier ; Minerve va poser sur sa tête un casque d'or; Apollon surveille la construction d'une forteresse. Au haut du tableau est la Vigilance, tenant un sablier, et à côté du roi la Prévoyance , avec un livre et un compas^ « pour montrer qu'il prend toujours ses mesures justes. »

3® tableau (opposé au précédent) : Le roi donne ses ordres pour attaquer en même temps quatre des plus fortes places de Ja Hollande. — Ce tableau, moins allégorique que les autres, représente le roi tenant un conseil de guerre avec le due d'Orléans, Condé et Turenne. Cependant Mars , aux armes fleurdelisées, Minerve, la Victoire, la Prévoyance, la Vigilance, le Secret, etc., n'en continuent pas moins leur stérile cortège, si cher aux artistes du temps.

4® tableau (au milieu de la voûte , dont il occupe toute la largeur) : Le roi gouverne par lui-même (1661).

Tout l'Olympe semble s'intéresser à la gloire du jeune monarque, près

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duquel si ta. Valeur e flambeau, tl

t les Grâces, la Prudence, l l'Hyménée tenant son nilis que la France est paisiblement aaeise et que divers génies symbolisent les plaifiire de la

bleau sont figurées l'Allemagne , l'Espagne et la Hollande, avec cette inscription : » L'ancien orgueil des puissances voisines de la France. »

5" tableau (côté des jardins) : Résolution prise de châtier les Hollandais (1671). Le Foi trûne au milieu de sou entourage rajthologique.

8' tableau [opposé au précédent) :

La Franche-Comté conquise pour la seconde fols (1674). — Toujours des allégories , insaisissables pour qui n'en a pas l'eiplication. Sans la description faite pour Louis XIV, par

Rainsaan. conservateur des médailles, on serait souvent embarrassé au milieu de ces énigmes. Les villes de . la Franche -Comte sont figurées par (les femmes en pleurs, que Mars présente BU roi. " Un Hercule, symbole de la force et de ia vertu héroïque, monte sur un rocher effroyable, oii Minerve semble ie conduire et sur lequel on voit un lion furieux. Le lion représente l'Espagne, et le rocher la citadelle de Besançon. Les

vains elTorts que fit l'Allemagne pour empêcher celte conquête sont marqués par un grand aigle elTïayé qui crie et qui bat des ailes sur un arbre sec, i l'un des coins du tableau. »

N'est-ce pas le cas de dire avec Mo-

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Gand en six jours (1678). Louis XIV est représenté tenant en main la foudre, porté sur un nuage et suivi de la Terreur. — A Tautre extrémité de cette composition, l'artiste a cherché à figurer les mesures des Espagnols rompues par la prise de Gand.

Les 18 médaillons que contient le plafond, outre ces grandes compositions, consacrent le souvenir de quelques autres événements du règne.

Quatre statues en marbre ont remplacé dans les niches les statues antiques; côté des jardins : Mercure et Paris, par Jacquot (1827); en face:

Vénus devant Paris, par Dupaty; et Minerve, par Cartellier (1822).

Salon de la Guerre. — Ce salon occupe, avec la grande galerie et le salon de la Paix , toute la façade ajoutée du côté des jardins au palais de Louis XIII.

Le plafond, représentant la France armée de la foudre et tenant un bouclier sur lequel est Timage de Louis XIV, a été peint, ainsi que les voussures, par Lebrun, Une des voussures, en face de la cheminée, représente Bellone. Dans les trois autres cintres sont représentées : l'Allemagne, la Hollande, l'Espagne, épouvantées des victoires de Louis XIV.

Ces tableaux, et ceux qui se trouvent dans la galerie des Glaces, n'ont pas eu peu de part, dit Saint-Simon, à irriter et à liguer toute l'Europe contre le roi, — Au-dessus de la cheminée, on voit Louis XIV à cheval, bas-relief en stuc , par Coysevox, — Six bustes d'empereurs romains, dont les têtes sont en porphyre et les draperies en marbres de différentes couleurs, complètent la décoration de ce salon.

Salon d'Apollon. — C'était autrefois la salle du Trône, Les trois pitons qui retenaient le dais sont encore en place. C'est là que Louis XIV reçut la soumission du doge de Gènes, ce doge qui répondit aux courtisans qui lui demandaient ce qu'il trouvait de plus extraordinaire à

Versailles : « C'est de m*y voir. »

C'est là aussi que Louis XIV reçut les ambassadeurs de Siam , les envoyés du dey d'Alger; que Louis XV reçut les envoyés de Mahomet V; et Louis XVI, ceux de Tippoo-Saëb, le dernier nabab ;du Mysore.

Le plafond, peint par De Lafosse, ainsi que les voussures, représente Apollon accompagné des Saisons. — Parmi les portraits, il faut remarquer, n<* 2081, celui de la princesse Palatine, célèbre par les fragments qui ont été publiés de sa correspondance si curieuse et si libre. Ce portrait est peint par Hyacinthe Rigaud.

On remarque aussi, à cause de sa singulière coiffure (n° 2089), celui de Marie-Louise d'Orléans, fille aînée de Monsieur, mariée à Charles II, roi d'Espagne , « qui révéla à Louis XIV le secret de la couche royale, et mourut par le poison pour n'avoir pas voulu la souiller. »

Salon de Mercure. — C'était une chambre de parade appelée chambre du lit , et pour laquelle Delobel avait composé un ameublement merveilleux. Selon la Notice du Musée , quand le duc d'Anjou eut été nommé roi d'Espagne, le 16 novembre 1700, Louis XIV fit préparer le grand appartement pour qu'il y tînt sa cour, et Philippe V coucha dans la chambre du lit jusqu'à son départ. Louis XIV habita lui-même cette chambre pendant quelque temps, en juillet 1701. Après sa mort, son cercueil y fut exposé pendant huit jours.

D'ordniaire cette chambre servait aux jeux du roi les jours ctappartement,

« Ce qu'on appelait appartement , dit Saint-Simon, était le concours de toute la cour, depuis 7 heures du soir jusqu'à 10, que le roi se mettait à table, dans le grand appartement, depuis un des salons du bout de la grande galerie jusque vers la tribune de la chapelle. » Voici à ce sujet quelques détails fournis par le Mercure de 1682 : u Le roi permet l'entrée de son grand appartement de Versailles le lundi, le mercredi et le jeudi de chaque semaine, pour y jouer à toutes sortes de jeux de-

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puis 6 heures du soir jilsqu-à 10. La liberté de parler y est entière ; cependant le respect fait que personne ne hausse trop la voix. Le roi, la reine et toute la msdson royale descendent de leur grandeur pour jouer avec plusieurs de rassemblée. Le roi ne veut ici ni qu'on se lève, ni qu'on interrompe le jeu quand il approche. On entend ensuite la symphonie, ou Ton voit danser. On passe à la chambre des liqueurs ou à celle de la collation. Trois grands buffets sont aux côtés d^un salon ; celui du milieu est pour les boissons chaudes, comme café, chocolat...; les deux autres sont pour les liqueurs, sorbets... On donne de trèsexcellent vin à ceux qui en demandent. »

Le plafond, représentant Mercure , sur un char qui est tiré par deux coqs, et les quatre voussures , sont peints par J.-B. Champagne. — Tableaux d'après Lebrun et Van der Meulen. — Portraits de Louis XIII, d'Anne d'Autriche, de Gaston d'Orléans, de Marguerite-Louise d'Orléans, grande- duchesse de Toscane, qui se sépara de Côme III et revint mener en France une vie plus que dissipée, etc.

Salon de Mars. — Cette pièce servit, sous Louis XIV, de salle de jeu, de bal et de concert ; elle était alors décorée de six portraits de Titien, de deux tableaux de Paul Véronèse et du tableau de Lebrun : la Famille de Darius, aujourd'hui au musée du Louvre.

Plafond, — Au milieu : Mars, sur un char tiré par des loups , par Au- (Iran, Le compartiment du côté du salon précédent est de Jot^vene (y celui du côté du salon de Mercure est l'œuvre de Houasse.

Dessus déporte : La Justice, la Modération, la Force et la Prudence, par Simon Vouet, dans cette manière claire et facile que retint de lui quelque temps Eustache Le Sueur, son élève. — Portraits du temps. — Sacre de Louis XIV, d'après Lebrun*

Salon de Diane. — C'était la salle de billard sous Louis XIV. — Le plafond, par Blanchard, a Diane pour sujet. La principale curiosité de cette salle est le buste en marbre

de Louis XIV (2040), fait par le Bernin. L'artiste attaqua tout de suite le marbre, sans faire de modèle en terre. Le jet hardi des cheveux et l'aspect flamboyant des draperies attestent la fougue du maître italien, qui avait soixante-huit ans quand il fut appelé en France.

Du salon de Diane, où s'arrête actuellement la visite de cette partie du palais, il faut revenir sur ses pas jusqu'à l'extrémité de la grande galerie des glaces.

Salon de la Paix. — L'intention du roi et des artistes était sans doute, dans l'origine, de faire contraster les allégories pacifiques de cette salle avec celles qui ornent le salon de la Guerre. Mais, dans les tableaux des voussures, qui sont l'œuvre de Lebrun, on retrouve en partie le même orgueil insultant pour les étrangers, qui offensa si fort les rois de l'Europe. Un des tableaux, comme dit la description quasi-officielle de Rainssan, représente la Hollande à genoux, recevant sur son bouclier des flèches qu'un Amour lui apporte avec des branches d'olivier j symbole des provinces que le roi avait conquises sur elle et de la paix qu'il lui a don?iée. Sur les autres voussures sont figurées : l'Espagne, l'Allemagne et l'Europe chrétienne en paix.

Chambre de la Reine. — Trois reines, Marie-Thérèse, Marie Leczinska, Marie- Antoinette, ont couché dans cette chambre. La duchesse de Bourgogne y mourut. Marie-Antoinette y mit au monde Madame, depuis duchesse d'Angouléme, et fut suffoquée par le flot de curieux qui selon l'étiquette autorisée, se précipitèrent alors dans la chambre.

Un souvenir plus émouvant reporte ici l'esprit à cette nuit du 6 octobre 1789, quand, vers six heures du matin, au cri poussé par un garde du corps: « Sauvez la reine ; ses jours sont en danger! » deux femmes de chambre, qui veillaient dans un salon voisin , accoururent auprès

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de Marie-Antoinette. S'élançanthors de son lit, elle courut, à demi nue, par le couloir (o, plan III) communiquant avec rCEil-de-Bœuf, se réfugier auprès du roi, qu'elle trouva dans la salle du conseil (52, pi. III), salle voisine de la chambre où il couchait (a, plan III). La porte du passage par lequel se sauva la reine existe encore, à g., au fond de la pièce ; elle est surmontée du portrait de Marie - Antoinette , par M^'^ Lebrun. — On voit encore les pitons qui soutenaient le dais du lit de la reine.

Aux voussures, quatre peintures en grisaille, figurant la Fidélité, TAbondance, la Charité, la Prudence, sont de Boucher, — Au-dessus des portes, côté du salon de la Paix : la Jeunesse et la Vertu présentent deux princesses à la France, par Natoire; en face : la Gloire s*empare des enfants du prince ; peinture d'une agréable couleur, par De^roy (1734).

Parmi les tableaux et les portraits, nous signalerons : 2092. Le Mariage de Louis XIV, par Testelin, d'après Lebrun. Le roi et Marie-Thérèse semblent s'épouser de la main gauche. Cette singularité s'explique, parce que cette toile était destinée à être reproduite à l'envers sur une tapisserie des Gobelins; 2095. Mariage du duc de Bourgogne, par ^4?!toine Dieu; 2096. Marie Leczinska, par Nattier.

Salon de la Reine. — Le cercle de la reine se tenait dans cette pièce.

Son siège était placé sur une estrade, sous un dais, dont on voit encore les pitons d'attache. C'est là que brillèrent les élégantes beautés, les grandes dames de la cour de Louis XIV, avant que Louis XIV allât s'emprisonner dans les appartements de M™® de Maintenon.

Plafond: Mercure protégeant les sciences et les arts, et, dans les voussures, Sapho, Pénélope, Aspasie',ces peintures sont dues à Michel Corneille,

Parmi les tableaux, on remarque

les portraits du duc de Bourgogne et du duc de Berry.

Salon du grand couvert de la Reine, ou antichambre de la Reifie.

— Cette salle servait 3iVi grand couvert de la reine, auquel le public était admis.Marie Leczinska dînait ainsi tous les jours.

Plafond. — Sous Napoléon I®', on y avait placé une toile de Paul Véronèse, saint Marc couronnant les Vertus théologales. Ce tableau, provenant de la salle des Dix, au palais ducal à Venise, a été remplacé, en 1861, par une répétition du tableau de Ch. Lebrun^ qui se voit au Louvre : la Famille de Darius aux pieds d'Alexandre. — Dans les voussures sont représentées des héroïnes de l'antiquité et des divinités mythologiques.

On remarque aussi dans ce salon :

les portraits de Louis XIV, par Lebrun, de M™° de Soubise, de M™® de Maintenon, du comte de Toulouse et du comte de Vermandois, « ce fils si beau de M^^® de la Vallière, que les historiens ont voulu faire passer pour le Masque de fer ; » et, entre autres tableaux: 2108. Le duc d'Anjou, déclaré roi d'Espagne, par Gérard (salon de 1824), un des meilleurs tableaux de ce peintre; 2107.

Réparation faite par le doge dé Gènes, par Halle.

Salon des Gardes de la Reine. — C'est la porte entre la salle précédente, et celle-ci qu'entr'ouvrirent les femmes de chambre de Marie- Antoinette, le 6 octobre 1789 au matin, et qu'elles se hâtèrent de fermer au verrou, quand elles eurent entendu le cri de détresse du garde du corps qui la défendait. C'est ici qu'il fut massacré. La foule, armée de piques, s'était introduite dans le château par l'escalier de marbre dont le palier vient aboutir derrière la salle des gardes de la reine.

Noël Coypela. peint aup/fl/bnc?: Jupiter entouré de ligures allégoriques, et, dans les vousswes : Ptolémée rendant la liberté aux Juifs ; Alexandre

PALAIS ET MUSEE DE VERSAILLES

SéTère faisant distribuer du blé; Trajan et Solon. Il faut remarquer :

2117, le joli portrait de la duchesse de Bourgogne, par Santerre. A Taide de ce portrait et du buste de Coyse- ▼ox, placé dans la chambre de Louis XIV, on peut retrouver complète la physionomie de cette princesse qui fut les délices de la cour de Louis XIV.

Cette grande pièce fut une salle des gardes ; Louis XV et Louis XVI y tinrent des lits de justice.

On laisse ici les souvenirs de la vieille monarchie et Ton entre brusquement dans rhistoire des temps modernes.

Salle du Sacre. — Plafond. — Allégorie du 18 brumaire, par Callet. — Dessus de portes : le Courage, le Génie, la Générosité» la Constance, ouvrages médiocres de Gérard, 2277. Sacre de Napoléon, pdir David (salon de 1808).

Cette toile, haute de 6 met. 10 cent., et longue de 9 met. 31 cent., contenant 100 portraits, est un des chefs-d'œuvre du grand artiste. Cette scène solennelle est rendue avec intelligence et simplicité, malgré le ridicule du costume et la contrainte imposée par l'étiquette. Plusieurs portraits de femmes semblent traités négligemment. Un critique reprocha à David d'avoir fait Joséphine trop jeune.

« Allez le lui dire, » répliqua-t-il vivement. Le peintre avait représenté d'abord, avec une simplicité toute raphaëlesque, le pape Pie VII, les mains posées sur ses genoux. Mais l'Empereur exigea qu'il fut représenté donnant sa bénédiction.

« Je ne l'ai pas fait venir, dit-il, de si loin pour ne rieu faire. » M. Delécluze, dans son intéressante étude sur David, raconte une curieuse visite faite par Napoléon à l'atelier de l'artiste : u Les personnes de la cour reprochaient au peintre d'avoir fait de l'impératrice l'héroïne du tableau, en représentant plutôt son couronnement que celui de Napoléon. L'objection n'était certainement ptis sans ondement... On aurait dû penser que le nouveau souverain avait tout prévu, tout calculé, tout arrangé d'avance avec son premier peintre.... Lorsque toute la cour fut rangée devant le tableau, Napoléon, la tête couverte, se promena pendant plus

d'une demi-heure devant cette large toile, en examina tous les détails avec la plus scrupuleuse attention, tandis que David et tous les assistants demeuraient dans l'immobilité et le silence.... Enfin, il prit la parole et dit : « C'est bien, très-bien, « David. Vous avez deviné toute ma pen- M sée; vous m'avez fait chevalier français ! « Je vous sais gré d'avoif transmis aux « siècles à venir la preuve d'affection que « j'ai voulu donner à celle qui partage « avec moi les peines du gouvernement. » Bientôt Napoléon, faisant deux pas vers David, leva son chapeau et, faisant une légère inclination de tête, lui dit d'une voix très-élevée : « David, je vous salue. »

2278. David. Distribution des aigles, composition théâtrale. — 2276. Gros. Bataille d'Aboukir : cette fougueuse peinture, reléguée dans un grenier à Naples, put être rachetée, en 1824, par Tartiste, grâce à l'entremise de la duchesse d'Orléans (depuis la reine Amélie); elle fut acquise, dit la notice, en 1833, par la liste civile, moyennant 25,000 francs.

Première salle de 1792-1793 (57).

— E. Lami. 2327. Bataille d'Hondschoote, toile pleine de lumière. — 2328. Bataille de Watignies.— 2323.

Philippoieaux. Capitulation de la citadelle d'Anvers.

Salle de 1793-1794 (58). — Cette pièce (à g. de la précédente), était le grand cabinet de M™« de Maintenon, dont l'appartement contigu occupait les pièces p et g ou plan III (F. p. 37). 2316. Bataille de Fleurus, par Bellangé (salon de 1836).

Salle de 1792 (59). — Salle des Cent-Suisses, sous Louis XVI. — 2333. La garde nationale de Paris part pour l'armée, parZéon Cogniet.

— Nombreux portraits de guerriers illustres.

On traverse le palier du grand escalier, où les étrangers trouvent à acheter des photographies, des plans, etc.

Galerie des Batailles. — Cette splendide galerie, d'une étendue presque double de celle de la grande galerie des Glaces, a 120 met. de longueur et 13 met. de largeur;

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elle a été ouverte en 1836, à là place d'une série d'appartements habités sous Louis XIV par Monsieur, frère du roi, le duc et la duchesse de Chartres. Elle est recouverte en fer, éclairée par le haut et décorée avec la plus grande richesse.

Le plafond, à voussures, est soutenu aux extrémités et au milieu par des groupes de colonnes. Elle contient plus de 80 bustes des princes du sang royal, des amiraux, connétables, maréchaux de France et autres guerriers célèbres tués en combattant pour la France. Dans Tembrasure des fenêtres, des plaques de bronze portent, en lettres d'or, les noms de tous les personnages militaires qui ont également donné leur vie pour la patrie et l'indication du combat où ils ont péri. Cette longue liste (elle ne comprend pas les officiers d'un grade inférieur à celui de général de brigade) commence à Robert le Fort, comte d'Outre- Maine, mort en 866, et se continue jusqu'à nos jours (elle s'arrête à 1863, Puebla). De grandes toiles sont consacrées à reproduire les souvenirs des principaux faits militaires de notre histoire. Parmi ces tableaux, nous citerons particulièrement, en faisant le tour par la g.:

— 2670. Ary Scheffer. Bataille de Tolbiac. — 2672. Le même, Charlemagne à Paderborn. — Eug. Delacroix, Entrée des Croisés à Constantinople (très-beau tableau). — 2674.

Horace Veniet. Bataille de Bouvines.

— 2676.' Eug, Delacroix. Bataille de Taillebourg (salon de 1837). — 2678, Larivière. Bataille de Mons en Pevèle. — 2715. Gérard, Entrée d'Henri IV à Paris (salon de 1817), un chef-d'œuvre dont la couleur a malheureusement un peu verdi. — 2721. Heim, Bataille de Rocroi. — 2743. Horace Veniet. Bataille de Pontenoy (salon de 1836). — 2744.

Aug, Couder. Bataille de Lawfeld (salon de 1836). — 2747. Le même.

Prise d'York-Town. — 21^6, Philippoteaux, Bataille de Rivoli. — 2765.

Gérard. Bataille d'Austerlitz (salon de 1810) ; même observation que pour le no 2715. — 2768. Horace Vemet. Bataille d'Iéna. — 2772. Le même. Bataille de Friedland. — 2776. Le fnême. Bataille de Wagram (salon de 1836). Ces tableaux complètent l'exposition si considérable et si remarquable d'Horace Vemet, à Versailles. Cet artiste, qui dut entreprendre de lointaines excursions pour aller étudier sur les lieux les scènes qu'il devait peindre, « figura pour 843,000 fr., dit M. de Montalivet, dans les acquisitions ou les commandes ordonnées par Louis- Philippe. »

Revenant à la salle du sacre, on passe par une porte sur laquelle un écriteau indique la sortie et on se retrouve sur le palier d'où Ton a commencé la visite du premier étage. On retourne alors jusqu'à la salle derOBil-de-Bœufd'où un escalier (à g.) descend au rez-de-chaussée.

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