STATION. — TRAPPES
28 kil. de la gare de Paris, 6 kil. de Saint- Cyr, 9 kil. de Néaufle-le-Château, 4 kil. de Port-Royal.
Trappes, 918 hab., est situé près du vaste étang de Saint - Quentin , dont les eaux alimentent en partie les bassins et les cascades de Versailles. Il possède une église fort
ancienne, deux distilleries agricoles, une féculerie et une scierie mécanique à la vapeur.
Ezonrsion à Port-Royal.
A 4 kil. au S. de Trappes s'ouvre une petite vallée solitaire , dominée par de hauts coteaux fortement boisés d'une physionomie singulièrement agreste; c'est là que s'élevait jadis l'abbaye de Port-Royal-des-Ghamps , qui occupe une si grande place dans l'histoire religieuse, philosophique et littéraire du xvii® s. — N.B. Pour y aller, il faut traverser le bois de Trappes.
Jean Racine a écrit l'histoire de Tabbaye de Port-Royal. « Elle fut fondée, dit-il, en 1204, par un saint évêque de Paris, nommé Eudes de Sully, de la maison des comtes de Champagne, proche parent de Philippe- Auguste.,. La fondation n'était que pour douze religieuses ; ainsi ce monastère ne possédait pas de fort grands biens. Ses principaux bienfaiteurs furent les seigneurs de Montmorency et les comtes de Montfort... Sur la fin du xvi« s., ce monastère, comme beaucoup d'autres, était tombé dans un grand relâchement; la règle de saint Benoît n'y était presque plus connue, la clôture même n'y était plus observée, et l'esprit du siècle en avait entièrement banni la régularité. Marie-Angélique Arnauld, par un usage qui n'était que trop commun en ces temps-là, en fut faite abbesse en 1602, n'ayant pas encore onze ans accomplis.... » Ce fut pourtant cette petite fille qui, six ans plus tard, réforma Port-Royal et plusieurs autres maisons religieuses.
u Un capucin, dit Racine, qui était sorti de son couvent par libertinage, et qui allait se faire apostat dans les pays étrangers, passant par hasard k Port-Royal en 1608, fut prié par l'abbesse et par les religieuses de prêcher dans leur église. Il le fit, et ce misérable parla avec tant de force sur le bonheur de la vie religieuse, sur la beauté et la sainteté de la règle de saint Benoît , que la jeune abbesse en fut vivement émue. Elle forma dès lors la résolution, non-seulement de pratiquer cette règle dans toute sa rigueur, mais d'employer même tous ses efforts pour la faire observer à ses religieuses. » Elle eut un plein succès, si bien « qu'en moins de cinq ans la commu-
raille de la nuit, et itéa de I& règle de Wisk Port-Royal."
ily avail plus de quatre-vingts rel Le local étant inaDfll9aDt.tauniïd aiin, M— Arnaold. mère de I,
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Marie-Angélique, — ollèr^nts'élsbl la maison abandonnée de Pon-Eoj Champs. " Leur exemple y attira
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et la duchesse de l.uynes. épris r\n un petit rhâteau dans le voisinage de
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DE PARIS A MAINTENON
commun Butés, attenanles, quoique séparées, et n'ayant de commun qns l'église. Les hommes, d'ailleurs, n'y prononçaient
[loint de vœax : c'étaient des solittiirea llquet. et non des moines. Parmi eux
avoas nommés, l'éloquent écHviln Nicole. l'hellénisU Laacelot, auteur du /ardrn des racines ffrec^uss. Ils eurenl des élèves trèa-distingués, dont Jean Racine,
Port-Royal, une description
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Port-Royi, la maison
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A EdItèb de l-nbbaje.
Q Cour du dedans de r.bbaj-e.
B (Iranda cour dn dehors.
R Dorloir des religieuses.
0 Écuries, forge. meDuiaerie.
S Clonre et cimetière.
D Lagament des mesai«nrs.
T Basse-cour.
V Infirmerie.
X Cour de l'infirmerie.
G Chambre de Suinl-Thibaull.
Y Moulin.
H MaiSDD de M. de Salate-Marthe.
Z Jardin des simples.
I Grange.
K L'église, tournée à l'orieiK ainsi
a Grand jardin.
que l'indiquent les signes pla-
i Canal.
c HÉCel de Longnevîlle.
L Psrioira.
rf Bâtiment de M"' de Vertus,
M Cimeliér^ du debors.
e Étang.
N Gslerio de M" de Longueville.
r Chaussée.
O Salis de» hôtes.
S Knolo» des Granges ; la ferme
P Tour, parloir de l'abbesse.
sur la hauteur vers le N,
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Pontchâteau. Je me promenai dans le bois qui est derrière les Granges, où Monseigneur vient quelquefois chasser.
Je retournai vers Torient, d'où je découvris une grande étendue de pays ; je jetai la vue^e tous côtés, et m'arrêtai quelque temps à considérer encore une fois Tabbaye,rhôtel de Longueville, à présent uni aux maisons des religieuses, le château de Vaumurier (bâti par M. le duc de Luynes, père de M. le duc de Chevreuse), et, au-delà, toute la campagne qui a été cultivée par tant de pieux solitaires. Je dis enfin adieu à cette terre de bénédiction ; mais le souvenir que j'en conserve, et de la fête que j'y ai vue, me fait goûter la joie d'une fête continuelle : Reliqua cogitationum diem festum agent... »
Il ne nous appartient pas de raconter ci la fameuse querelle des jésuites et des solitaires de Port-Royal, qui se termina par l'exil de ces derniers. Les solitaires furent dispersés, et quelques-uns enfermés à la Bastille. Les religieuses, après avoir subi mille avanies, furent enlevées et mises dans des couvents plus dociles ; enfin le monastère de Port- Royal fut démoli par arrêt du Conseil du 27 octobre 1709. On n'y laissa pas pierre sur pierre au-dessus du sol. On poussa la fureur jusqu'à déterrer les corps qui avaient été inhumés dans l'église et dans le cimetière, pour les transporter dans des paroisses plus ou moins éloignées, à Saint-Lambert, à Magny-les-Hameaux et même jusqu'à Palaiseau. La tombe de Racine est aujourd'hui à Saint-Ëtiennedu-Mont, à Paris.
Devenu la propriété des Dames de Saint-Cyr, puis vendu en 1793 comme bien national, Port-Royal appartint successivement à M. Ch. Talmont et à M. Silvy, ancien avocat, qui en a fait don à la Société de Saint-Antoine, entre, les mains de laquelle il est aujourd'hui.
De Tancienne abbaye , il ne reste que le colombier, grosse tour ronde située dans la cour de la ferme qui a remplacé le monastère, les fondations des anciens bâtiments d'habitation qui ont été retrouvées dans des fouilles, les granges sur la hauteur voisine, les caves de Thôtel de , Longueville attenant à l'abbaye, des tronçons de piliers, de colonnes et de chapiteaux, débris de Tancienne chapelle, la fontaine de la mère Angélique, et un énorme noyer, qui,
suivant les traditions locales, a été le contemporain des solitaires. Uéglise était un remarquable spécimen de Tarchitecture cistercienne du commencement du XIII® siècle. A l'endroit qu'occupait le maître -autel, M. Silyy a fait construire un petit bâtiment en forme de chapelle, qui renferme quelques inscriptions funéraires et plusieurs peintures , entre autres le portrait de Pascal ^ Les tombes les plus remarquables se trouvent dans Téglise de Magny-les- Hameaux (V. Section XXVIII).
[De Port-Royal-des-Champs, on peut gagner (6 kil.) Dampierre par la route de Versailles, ou (7 kil.) Chevreuse, soit par une belle route de voitures qui, au-delà du château de Vaumurier( V.Section XXVIII), s'embranche, à g., sur celle de Versailles à 3 kil. 1/2 de Port-Royal (avant de déboucher dans la charmante vallée de l'Yvette, elle traverse un défilé boisé de l'aspect le plus pittoresque); soit par les hauteurs boisées de Saint-Lambert (4 kil. 1/2); soit enfin en suivant jusqu'à Saint-Remi-lès- Chevreuse le vallon de Saint- Lambert, qui commence à Port-Royal; on rencontre successivement : Saint-Lambert-les- Bois, c. de 232 hab., dont les maisons sont en partie disséminées dans la vallée que domine, sur une petite éminence, une chapelle rustique (église du xviii» s. ; moulin Feauvau, ancienne dépendance de Port-Royal); Milon-la-Chapelle, 164 hab.
(ancien cl^âteau ; dépôt d'étalons) ; et enfin le hameau de Rhodon. Par ce dernier chemin, la distance de Port-Royal à Chevreuse est de 8 à 9 kil. ( V. Section XXVIII).]
De Trappes à Rambouillet , on ne voit guère qu'une route bordée d'arbres et une plaine bien cultivée, parsemée de fermes et de villages. On voit à dr., en approchant de la Ver-
]. M. Hérard, architecte, auteur d'intéressantes Études archéologiques sur les abbayes de l'ancien diocèse de Paris, a publié une monographie de l'abbaye de Port-Royal. Est- il besoin de signaler ici aux promeneurs l'important ouvrage de Sainte-Beuve, dont la troisième édition (7 Volumes in-18 à 3 fr. 50 c.) a été mise en vente en 1871, à la librairie Hachette?