LE VRAI CROYANT
Possédé du désir d'apprendre,
Malgré les efforts d'un esprit
Qui médite et qui réfléchit,
J'en conviens, je ne puis comprendre
Si c'est un ouvrier dont l'art
A son gré. fait mouvoir le monde,
Ou bien si la machine ronde
Marche seule, et tourne au hasard.
Heureux celui qui, dès l'enfance, Instruit à craindre le Seigneur,
Crut toujours avec confiance Sa nourrice et son confesseur !
Sur son ignorance profonde A jamais son bonbeur se fonde ; Et lorsqu'un homme plus hardi.
Ou plus sage et plus érudit Sourit de toutes nos misères ; Et que dans ses discours sévères, Il traite les religions De vaines superstitions, Et nos croyances de chimères, Sans sonder ces profonds mystères, Sans juger ce savant conflit, Je crois sur ces graves matières, Tout ce que le curé me dit.