‹ Les Épidémies de PneumonieChapitre 10 sur 23 · ÉPIDÉMIES DE (VILLAGES · texte numérisé non relu

ÉPIDÉMIES DE (VILLAGES

Le nombre des auteurs qui ont publié des histoires d'épidémies de villages est vraiment fort considérable. Sous peine de donner à ce sujet des proportions trop élendues, et de nous exposer à des redites inutiles, nous sommes obligés de passer sous silence beaucoup de travaux intéressants. Nous nous contenterons d'étudier simplement quelques observations des plus tvprques eUprises a des époques différentes,

Undes premiers auteurs qui se soit occupé de lai ques ion est Hjellelin étudia, en lrlande. une épidémie de püeumonie qui sévissait pendant l’année 1863. Il s’agit de formes spéciales de pneumonies, caractérisées par la lonoue durée de la maladie, par un état infectieux démontré par l'examen clinique. Nous ne suivrons pas cependant l’auteur dans sa description, car le petit nombre des autopsies, l'absence de la recherche de la contagion, ne nous permettent pas d’insister longuement sur ce travail.

L'épidémie que Penkert observa à Riethnordhausen est beaucoup plus intéressante. Sur une population de 700 habitants, il se produisit du 28 mars au 28 mai 42 cas de pneumonie, presque tous chez des enfants. Les 10 premiers cas, survenus à peu près simultanément, comprepaient 12 écoliers et 4 de leurs frères ou sœurs en bas âge. Puis la maladie se communiqua aux parents et dans quelques cas elle parut se transmettre par des

intermédiaires restés eux-mêmes indemnes. La période d'incubation a duré de 5 à 8 jours. |

La pneumonie très franche d'aspect est restée dans 31 cas limitée à des lobes inférieurs ; 18 fois on a observé de l'herpès labial au décours de laffection ; il n’y a eu que 2 décès. ù

D'après l'auteur Finfection venait du cimetière du village situé au Nord-Est de l'Ecole et près d'une mare dent l'eau s'infiltrait facilement dans les fosses creusées dans un sol très poreux. Il s'établissait ainsi une véritable communication entre les fosses el la mare. Le vent du Nord-Est est celui qui souffle le plus souvent dans cette localité, il balayait la mare et le cimetière avant de gagner l'école, Penkert voit dans ce fait la cause de l'épidémie.

Butry à rapporté avec un soin tout particulier une épidémie de pneumonie qui sévit dans le petit village de Bacherback. :

Sur 490 habitants, 20 furent atteints, dans l'espace de quelques semaines. Sur ces 20 cas il y eut 9 morts. La maladie ne porta que sur un petit nombre de familles, se propageant surtout dans le cercle des parents et des voisins des premiers malades frappés. Les symptômes typhiques existaient dans presque tous les cas, et 5 fois la pneumonie s’accompagna d'ictère.

Un autre observateur, Seufft, a publié en 1883 la relation d'une épidémie du village d'Erbenheim, localité de 1.500 habitants. Du ? au 24 novembre, il se produisit 9 cas, surtout chez des enfants au-dessous de 10 ans, la mortalité fut de 8,5 p. 100. Il est à remarquer que cerlaines rues du village furent seules atteintes, et dans ces rues, les maisons voisines les unes des autres ou habitées par des personnes qui avaient des rapports fréquents avec

les malades. Dix familles eurent chacune 2 cas el 6 familles chacune 3 cas.

La même année, un médecin français, Alison, dans un très intéressant mémoire, a signalé deux épidémies de village. La première, celle de Hablainville, a duré de la fin Janvier à la fin Juin. Pendant ce temps sur 480 habitants, il y a eu 32 cas de pneumonie, caractérisée, au début, par des phénomènes bilieux très accentués, bientôt suivis de symptômes typhoïdes. Ces 32 cas ont donné 15 décès. L'épidémie ne se répandil pas également dans tout le village; certaines maisons furent particulièrement atteintes et comptèrent 2, 3, 4, malades et plus. Presque toutes ces maisons, où la maladie s'est montrée par groupes, élaient situées dans le voisinage de fosses à purin ou d’autres foyers d'émanations malsaines. À Xermamont, pelil hameau de 180 habilants seulement, épidémie dura du 27 janvier au 8 avril, ellé revêtit exactement les mêmes caractères que la précédente. L'auteur en attribue la cause aux émanalions d’une mare d'égout, placée au Nord-Est, et qui était obstruée par toutes sortes de matières organiques en putréfaction.

Nous citerons en terminant une partie du rapport de: Chaumier au Congrès de Blois 1884. « Depuis cinq ans, j'ai soigné 101 pneumoniques el je n'ai eu affaire qu'à des épidémies laissant entre elles un ou plusieurs mois d'intervalle ; jamais je n'ai observé de cas isolés. Mes malades peuvent être divisés en 12 séries ; Je ne cileral que les deux dernières.

» La onzième série commence le 13 mars 1883 après un intervalle de deux mois, pendant lesquels il n’y à pas eu

dans la contrée un seul cas de pneumonie.

» 13 mars, S..., à Cortet, commune de la Celle, enfant. Guérison.

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