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ques semaines de 30 à 40 hommes sur un effectif de 550, Le 5% eut à déplorer la mort d’une soixantaine de soldats environ. Corlello note que lPépidémie était localisée à quelques compagnies seulement; et lorsqu'elle atteignait des hommes mariés qui vivaient en famille, presque toujours les autres membres se trouvaient frappés du même mal. I put observer aussi, à l'hôpital, la transmission de la maladie à plusieurs voisins, à quelques infirmiers et à un aide-médeein.
Cette épidémie se fit remarquer par des effets fou-
droyants. La pneumonie était caractérisée par une douleur
très vive dans la région mammaire. Elle s’accompagnait d'emblée d’une prostration. complète, envahissait rapidement les deux poumons, la langue devenait sèche et fulrgineuse. À
À l'autopsie, les lésions apparaissaient intenses. Le parenchyme pulmonaire étail en désagrégation purulente, on y trouvait aussi des noyaux gangréneux et de nombreux abcès. La plèvre elle-même contenail un exsudat séro-fibrineux ou sanguinolent, mais en pelile quantité.
Etudions enfin une intéressante épidémie survenue dans les équipages de la Flotte à Lorient.
En trois mois, sur un effeclif de 2.000 hommes Ganivet observa 34 cas de pneumonie, presque ? pour cent. Ces pneumonies furent au nombre de 19 en mai et dans les derniers jours de mars. de 9 en juin et de 6 en juillet. La maladie suivait une marche envahissante et offrait le tableau elinique de la pneumonie migrans ; elle prenait souvent les deux poumons ; le droit était plus souvent frappé que le gauche. On observait fréquemment des complications nombreuses. La pleurésie survint chez 10 pneumoniques ordinairement pendant la période aiguë ; 3 fois l'épanchement fut purulent el suivi de mort, La
péricardile fut constatée dans 3 cas et pendant deux fois il s'agissait d'un épanchement purulent. La néphrite fut observée dans deux cas mortels. Un seul pneumonique eut de lictère.
Ganivet se demande, pour expliquer la cause de cette épidémie, si les équipages de la Flotte ont été soumis plus directement à l'influence de l'agent morbide, ou bien, si des conditions spéciales ont diminué la résistance organique de ces hommes et favorisé l'éclosion de la maladie, ou bien, encore, — et c'est l'hypothèse à laquelle il s'arrête, — si ces deux causes ont agi cConcurremment. D'autre part, il élimine l'action de Ja grippe, de la fièvre typhoïde, de la rougeole, du scorbut qui ont déterminé dans cerlaines épidémies des localisations pulmonaires. [l fait jouer le rôle prépondérant à la viciation de l'air qui permet à Pagenf morbide, au microbe, de se multiplier el d'exalter sa virulence. La « Vengeance » el la « Pénélopc », navires d’où venaient les malades, éluient constamment envasés à chaque marée basse ; de plus une bouche d'égout s'ouvrait en face de l'arrière de la « Vengeance » déversant ses eaux sur la bande de vase, le long du quai où stationnaient les navires. La vase, en ce point imprégnée sans cesse par les détritus de l'égout, exhalait une odeur fétide des plus prononcées. La « Vengeance » subissait plus directement ce contact, la « Pénélope » se trouvait plus à l'abri. Aussi le nombre des malades venus de ce navire était inférieur au contingent fourni par Île premier. Le froid, la fatigue, encombrement et la nostalgie ont agi simplement comme causes secondaires en diminuant la résistance organique et par conséquent en augmentant la susceptibilité individuelle.
Nous allons donner, en terminant ce chapitre, le résumé de quelques observations de cette épidémie.
AE
OBSERVATION PREMIÈRE. — Le nommé J.. , 21 ans, est entré à l'hôpital le 15 mai 1883. Le 13, il eut un violent frisson d'une heure, un point de côté intense au niveau du mamelon droit. I tousse. Avant, santé excellente. L’expectoration est rare, formée de crachats striés de sang, un peu visqueux. À la partie moyenne du poumon droit, en arrière, dans une étendue égale à la paume de la main, on observe de la submatité, les vibrations vocales sont normales, on perçoit une bouffée de räles crépitants, un souffle, du retentissement de la voix. Ailleurs rien d'anormal. Urines légèrement albumineuses. Température matin 38°8 ; soir 40°5. :