‹ Les épis [microforme]Chapitre 40 sur 65 · VISION · texte numérisé non relu

VISION

Sur son blanc Piédestal, le grand François d'Assise Sa tunique était brune et sa corde était grise: Sa tête se renchait comme Pour adorer, Tout à coup, sur sa Croix que vint alors dorer Un rayon de soleil tombé d'une verrière, Il mit un long baiser.

Hélas! je ne sais £uère Ce qui suivit alors l'étrange vision.

Mais je crus au miracle...Est-ce une illusion ?

Nuit de Noël

La cloche des beffrois sonne à toute volée...

Sur le flanc des coteaux, au fond de la vallée, Brûle joyeusement, dans l’âtre des aïeux,

La bûche de sapin. Les maisons s’illuminent.

Courbés sur leur bâton, les vieillards s'acheminent Évoquant tour à tour des souvenirs pieux.

On entend tout à coup de glorieux cantiques.. La terre parle au ciel. Et sous les hauts portiques Des temples merveilleux élevés par la foi,

Et sous le frêle arceau de la pauvre chapelle,

La foule émue accourt. Quel spectacle t'appelle, Étrange multitude, et d'où vient ton émoi ?

C'est la nuit de Noël!..Nuit calme et parfumée, Qui berce mollement la lande accoutumée Au murmure des eaux, au vol des papillons.

tiques

elle,

NUIT DE NOËL C'est la nuit de Noël !.. Nuit glacée, éclatante, Qui s'ouvre sur nos champs comme une immense tente, Ou les ensevelit dans ses blancs tourbillons.

La foule accourt... Des lieux où le soleil se lève,

Et des lieux où le vent transperce comme un glaive; Du midi plein d'arome et du couchant obscur,

La foule accourt, joyeuse en ses habits de fête, Sous les feux de l'étoile ou malgré la tempête,

Par les chemins de neige ou les clos de blé môûr.

Elle vient saluer le plus grand des mystères.

Dans leurs chants inspirés, les prophètes austères L'avaient promis. Et siècle après siècle s'en va, Et, prosterné devant l'humble Vierge Marie, Tout le monde chrétien adore, chante et prie, Dans l'amour et la foi, le Fils de Jéhova.

Mais le monde sait-il la nouvelle doctrine Le Hommes, priez, jeûnez, frappez-vous la poitrine: Élevez à Dieu l'âme et domptez l'animal:

À qui n’a pas de biens donnez un peu des vôtres; Soyez humbles et Purs; ne doutez point des autres. Aimez-vous. Pardonnez si l'on vous fait du mal!

O chrétiens, croyez-vous à ce Dieu fait poussière ? A l'éternel Esprit sous cette chair grossière ?

A l'infini pouvoir dans ces débiles mains ?

Croyez-vous à l'amour sans fin et sans mesure ? Au cœur inassouvi qui rend avec usure ?..

O chrétiens, croyez-vous au rachat des humains ?

La cloche des beffrois sonne à toute volée.

Sur le flanc des coteaux, au fond de la vallée, Brûle joyeusement, dans l'âtre des aïeux,

La bûche de sapin. Les maisons s’illuminent, Courbés sur leur bâton, les vieillards s’acheminent Évoquant tour à tour des souvenirs pieux.

Mais déjà tout bruit meurt sous les voûtes du temple, L'adorateur s'en va. Le ciel ému contemple

Le flot impétueux des inconstants mortels.

Les cierges sont éteints. Par les fenêtres sombres On voit quelques rayons se perdre dans les ombres. C'est la lampe qui veille au milieu des autels.

Les croyants sont partis par des routes diverses, Et des suggestions habilement perverses, Comme des traits brûlants traversent les esprits,

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