LA VOIE, LA VÉRITÉ, LA VIE
Mais je courbe la tête, 6 Christ! devant l'Hostie; J'adore, et ma pensée est comme anéantie:
Et qui donc comprendra ton amour, Ô Sauveur!
Alors qu'après la croix qui sauve le pécheur, Jusqu'à la fin des temps, dans un mystère auguste, Tu veux être le pain qui nourrira le juste ?
Qui donc le comprendra ?.. Que m'importe ? Je crois. Le mystère au chrétien ne cause point d'effrois.
O vierges dont les pieds n'ont pas touché la fange, Menez à Jésus-Christ votre blanche phalange!
À genoux quand il passe, honnêtes travailleurs, Qu'il soit béni chez vous, s'il est maudit ailleurs! Son amour est si pur, sa doctrine est si belle,
Que seul un insensé peut s’y montrer rebelle.
Aux autres soyons doux, mais à nous-mêmes, durs, Il le veut. Que nos cœurs fleurent les baumes purs! Des lâchetés du siècle et de tous ses scandales, Devant le tabernacle, à genoux sur les dalles Demandons le pardon. Dans le Christ adoré
Le monde, de nouveau, sera régénéré.
La peur de la souffrance et l'orgueil des écoles,
Le temple de l'amour et ses vaines idoles,
Le rêve d'être libre, et de ne plus avoir
Le poids lourd des regrets, ni le joug du devoir, Entraînaient le chrétien, hélas! à sa ruine.
L'indifférence, ainsi qu'un voile de bruine,
Lui cachait Dieu. Sans Peur, sans joie et sans remords, Il allait à son tour dormir parmi les morts.
Mais soudain retentit la grande voix de Rome... Elle n'insulte pas aux faiblesses de l’homme:
Elle n'outrage point les tribunaux pervers
Qui iettent l'innocence et la foi dans les fers:
Elle invite au banquet du Père de famille, Les chrétiens de Partout... car l'affamé fourmille. Qu'ils viennent tous. Pour prix de leurs nobles efforts, Le pain qu'ils Mangeront les rendra doux et forts.
Et quel réveil! La vie au soleil tourbillonne, L'encens monte des bois, le clocher Carillonne!.. Dans les chaumes d'opale et sur les noirs labours, O les doux bercements des ailes de velours!
Les corsages d'azur! le feu des pierreries!
Vous aimez, vous chantez, séculaires prairies! Est-ce fête dans l'herbe ? Est-ce fête aux clochers ? Les mousses, les lichens étoilent les rochers,
A LA VOIE, LA VÉRITÉ, LA VIE 253 La source fait pleuvoir des gerbes radieuses,
Et les fleurs de ses bords, en des poses pieuses, Écoutent, tour à tour, son Cantique nouveau:
Car la source module, ainsi que le roseau,
Ainsi que le grand chêne, et la mer et la brise,
Un chant mystique et doux qui nous berce et nous grise,
Et dans l'air diaphane, au-dessus des prés verts, Des vols de neige et d'or tombent des cieux ouverts. Sous les Taÿonnements de ces divines ailes, Par les chemins connus, des groupes de fidèles : lle Vieux cœurs dont le réveil est déjà bien lointain, Enfants dont l'œil s'emplit de l'éclat du matin, ss Jeunes gens au cœur pur, mères, candides vierges, Accourent à l'église où s'allument les cierges... Et le Christ va sourire à ces pieux essaims.
Ouvrez-vous! Ouvrez-vous, Ô sanctuaires saints! Cloches, sonnez! Sonnez les divines agapes! Irs, Des anges cont venus. Tantôt, des blanches nappes Lis iront recueillir, avec un soin jaloux, Les miettes pour le ciel. O Chrétiens, hâtez-vous! C'est au festin d'amour que Jésus vous convie! rs ? Il vous dit, suppliant :
«Venez, je suis la Vie.»
TABLE DES MATIÈRES
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Les couronnes. SET ts La voie, la vérité, la vie
a n IMPRIMERIE DU MESSAGER, MONTRÉAL