‹ Les ÉpisChapitre 11 sur 57 · DULCIA LINQUIMUS ARVA · texte numérisé non relu

DULCIA LINQUIMUS ARVA

Dulcia HnquJmus arva

Pourquoi donc fuyez- vous notre belle patrie,

Jeunes gens aux bras vigoureux ?

N'a-t-elle plus besoin ni de votre industrie,

Ni de votre sang généreux ?

Est-ce ainsi que fuyaient, en d'autres temps, nos pères

Qui virent tant de jours mauvais ?

D'un rivage étranger les gloires mensongères

Ne les séduisirent jamais.

Et vous vous exilez! Mais dans nos vastes plaines

N'est -il pas de place pour vous ?

Craignez-vous de l'hiver les rigides haleines ?

L'été n'est-il pas assez doux ?

Sont-elles sans parfums les fleurs de nos charmilles ?

Sans ombres, nos grandes forêts ?

L'amour et la vertu croissent dans nos familles,

Comme les blés dans nos guérets.

Aiguillonnez les flancs de la glèbe féconde;

Traînez partout le soc vainqueur.

Des sueurs du travail que votre front s'inonde,

Le travail retrempe le cœur.

Transformez nos déserts. Que la ronce sauvage

Fasse place à l'or du froment!

Laissez à vos enfants, pour premier héritage,

L'exemple d'un grand dévoûment.

Un son qui vient de loin vous trouble et vous enivre.

Est-ce donc un concert si beau ?

C'est la voix de l'airain, c'est la clameur du cuivre

Qui montent comme d'un tombeau.

C'est le pétillement de la flamme qu'allume

L'haleine des grands soufflets noirs, C'est le coup des marteaux qui fait gémir l'enclume

Comme le bœuf des abattoirs.

C'est le sourd grondement de l'immense fabrique Où les engins chantent en chœur;

C'est comme le réveil d'un cauchemar lubrique Qui vous empoisonne le cœur.

Page 1