‹ Les ÉpisChapitre 47 sur 57 · IRONIE ET PRIÈRE · texte numérisé non relu

IRONIE ET PRIÈRE

amais pour votre lit Dieu ne vous a fait prendre La pierre de votre foyer.

Riches, connaissez- vous le taudis de la ville

Où se cache la pauvreté ?

Avez-vous, en entrant, vu fuir la jeune fille

Honteuse de sa nudité ? Avez-vous vu l'enfant à la bouche livide

Qui ne mange point au réveil ?

Dh! vous ne savez pas combien il est avide

Du pain qu'il voit dans son sommeil!

Donnez donc à l'enfant l'obole qu'il réclame,

Pour qu'il ne meure pas de faim.

Donnez un peu de bois à tout foyer sans flamme,

A l'orpheline, un peu de pain.

Relevez sans aigreur une femme qui tombe

Et le bon Dieu vous bénira; £t puis, si les heureux évitent votre tombe,

Le pauvre la visitera.

Le cantique du bon pauvre

Quand la feuille d'ormeau tapisse la vallée, Que l'enfant ne suit plus la solitaire allée

Pour prendre un papillon; Quand les champs sous la faux ont vu tomber leurs ger Que l'insecte prudent trottine sous les herbes,

Ou se cache au sillon,

Seigneur, j'espère en toi, car l'heure qui s'avance Sur son aile glacée apporte la souffrance

Au seuil de l'indigent; Seigneur, j'espère en toi, car sur l'homme qui pleure Tu reposes toujours, de ta sainte demeure,

Un regard indulgent.

Comme un champ que l'automne a noyé dans sa brume, Mon cœur est en ces jours noyé dans l'amertume, Mon cœur toujours soumis.

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