‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 12 sur 663 · DÉLIBÉRATION DU SANHÉDRIN · texte numérisé non relu

DÉLIBÉRATION DU SANHÉDRIN

guia omnes clarijicabant id, quod factum j aérai in eo quod acciderat. 22 Annorum enim erat amplius quadraginta homo, in quo factum fuerat signum istud sanitatis.

Même avant cet interrogatoire le grand Conseil s'était renseigné. Il avait appris que Pierre et Jean étaient des Qaliléens, des hommes sans lettres et sans éducation, autrefois disciples de Jésus. La réponse très ferme des deux apôtres surprit le Sanhédrin : elle montrait bien que l'appareil du tribunal ne les avait aucunement effrayés : Pierre avait parlé sans ambages, accusant l'erreur de la Synagogue, erreur prédite par un psaume que les Juifs eux-mêmes reconnaissaient comme messianique ; auprès des deux apôtres se tenait encore le paralytique guéri, pièce vivante à conviction : l'embarras des membres du tribunal s'explique bien. Ne trouvant rien à répondre sur l'heure et afin de se concerter encore, ils congédièrent pour un instant les deux apôtres avec le miraculé et entrèrent en délibération. Que faire ? Nier le miracle était impossible, il était éclatant, constant, bien connu. Du moins était-il urgent pour conjurer un mouvement trop dessiné déjà, de proscrire cette doctrine nouvelle et d'interdire aux apôtres de prononcer davantage le nom de Jésus. Saint Pierre et saint Jean et le paralytique guéri ayant été réintroduits dans la salle des délibérations, il leur fut enjoint de façon absolue de ne plus enseigner la doctrine de Jésus, de ne plus prononcer devant personne un nom désormais proscrit par la Synagogue.

Une sentence si ferme, prononcée par le plus haut tribunal religieux qui existât, aurait dû avoir facilement raison de quelques obscurs Galiléens. Le Sanhédrin escomptait peutêtre une victoire facile ; et la surprise redoubla lorsque saint Pierre et saint Jean en appelèrent de la sentence rendue contre eux à la conscience des juges eux-mêmes : « C'est à vous d'apprécier, répondirent les apôtres, s'il est juste, devant Dieu, d'obéir aux hommes plutôt qu'à Dieu même ; mais nous ne pouvons, nous, garder le silence sur ce que nous avons

VU, sur ce que nous avons entendu. ». Parler ainsi était signifier à la Synagogue sa déchéance, affirmer le droit divin de l'économie nouvelle, revendiquer le titre de l'apostolat ; c'était aussi laisser à l'Eglise la formule exacte de son indépendance future en face de tout pouvoir humain. De telles réponses fondent à jamais la liberté de la conscience. Nous sortirions du caractère habituel de nos réflexions qui n'ont d'autre objet que le texte sacré, à nous demander, même en un court instant, si nous avons conservé dans son intégrité cette fermeté apostolique première et si. la fierté chrétienne s'est toujours maintenue à la hauteur où relevèrent nos pères dans la foi. Peut-être avons-nous souvent faibli devant des hommes ou des assemblées qui n'ont rien d'un tribunal religieux, assemblées qui légifèrent à l'aventure, comme s'il suffisait d'une majorité pour créer une loi ; peut-être avons-nous trop souvent oubHé que les droits de Dieu, de l'Eglise, de la conscience ne sont pas un ensemble sur lequel nous ayons qualité pour transiger. Il est peu sûr et, nous le savons par expérience, peu habile, de prétendre acheter par des abandons sans fin, une zone de liberté étroite et déshonorée, où l'ennemi nous laissera en paix. Combien est-il plus fier et surtout plus respectueux pour Dieu de répondre : Nous obéirons à Dieu, non aux hommes.

Sans doute, il reste aux hommes cette misérable ressource de menacer encore ; mais les menaces et les tourments sont également impuissants devant une conscience résolue. On le vit bien ce jour-là. Interdictions et menaces voilaient mal l'embarras de juges incapables de châtier réellement, tant le mira'cle était connu, tant le peuple y reconnaissait la main de Dieu, tant le soupçon de toute supercherie s'évanouissait devant ce paralytique de quarante ans si soudainement guéri.

23 Dimissi autem vénérant ad saos : et annuntiaverunt eis quanta ad eos principes sacerdotum, et senior es dixissent. 24 Qui cum audissent, unanimiter levaverunt vocem ad Deum,

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