‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 218 sur 663 · LA VOCATION DE L'APOTRE · texte numérisé non relu

LA VOCATION DE L'APOTRE

ret Filium suum in me, ut evangelizarem illum in Gentibus : continua non acquievi carni et sanguini, i7 neque veni Jerosolymam ad antecessores mecs Apostolos : sed abii in Arabiam : et iterum reversus sum Damascum : is deinde post annos très veni Jerosolymam videre Petrum, et mansi apud eum diebus quindecim : i9 alium autem Apostolorum vidi neminem, nisi Jacobum fratrem Domini. 20 Quae autem scribo vobis, ecce coram Deo quia non mentior. 21 Oeinde veni in partes Syriae, et Ciliciae. 22 Eram autem ignotas jade Ecclesiis Judaeae, quae erant in Christo : 23 tantum autem auditum habebant : Quoniam qui persequebatur nos aliqaando, nunc evangelizat fidem, quam aliqaando expugnabat : ^é et in me clarificabant Deum.

Saint Paul ne se justifiera pas davantage. Cela ne lui convient pas. Tout ce qui suit dans les deux premiers chapitres cesse d'être une apologie personnelle, pour se borner à un exposé historique, dans le dessein de montrer l'originalité divine de son enseignement et la fermeté qu'il a apportée à maintenir cette liberté évangélique que les mosaïstes menacent aujourd'hui.

Voici, dit l'Apôtre, pourquoi la doctrine que je vous ai enseignée ne peut subir ni retouches, ni achèvements. Elle ne le pourrait que si elle venait de l'homme. Venant de Dieu, elle est consacrée, elle est immuable. Et elle vient de Dieu. Je ne l'ai reçue d'aucun homme, je ne l'ai apprise à l'école d'aucun maître, je la tiens de Notre-Seigneur Jésus-Christ seul. Et en vérité, il a fallu la vocation de Dieu, et une sorte de coup d'état pour faire de moi le prédicateur de la liberté évangélique. Vous n'ignorez pas, dit-il, ce que j'ai été autrefois. Ma naissance et mon éducation ne m'avaient pas préparé à ma mission d'aujourd'hui. Je ne savais que le mosaïsme. Mon attachement à la loi m'a même fait persécuter avec violence l'Eglise de Dieu, et semer la mort parmi les chrétiens. Je dépassais en fanatisme judaïque tous ceux de mon âge, et défendais avec plus d'énergie que personne les traditions

qui nous viennent de nos ancêtres Juifs. Comment un adepte si fervent de la loi de Moïse y eût-il renoncé, et renoncé à ce point, si le Seigneur n'y avait mis la main ?

Une heure vint, où il plut à Dieu, après l'avoir prédestiné et l'avoir appelé dans sa toute gracieuse charité, de révéler à l'Apôtre le mystère de son Fils, avec mission de le dire aux nations (II Cor., IV, 6). La pensée de l'Apôtre aurait pu être alors de s'attacher à ceux de son sang et de sa race, de se rendre à Jérusalem auprès des Douze qui l'avaient précédé dans l'apostolat. On Veut reçu avec joie : il aurait eu l'occasion de recueillir leur doctrine. Au lieu de prendre ce parti, il sort de Damas et se retire dans l'Arabie Nabatéenne; puis il retourne à Damas, d'où il est contraint de s'enfuir bientôt pour échapper à la persécution des Juifs. Ce n'est qu'après trois ans écoulés depuis sa conversion qu'il revient ^ Jérusalem, pour faire connaissance avec Pierre et s'entretenir avec lui une quinzaine de jours. Tout ce détail .montre que sa formation apostolique est de Dieu : il a enseigné au lendemain même de sa conversion, n'a vu saint Pierre que plus tard, n'est demeuré avec lui que peu de temps, n'a pas eu le loisir de se mettre à l'école d'un maître. Des autres apôtres du Seigneur il n'en a connu aucun à ce moment. Il n'a vu que Jacques, le frère du Seigneur, l'évêque de Jérusalem. — La formule dont se sert ici saint Paul n'a pas rigoureusement le sens que Jacques, frère du Seigneur, était l'un des douze apôtres, et beaucoup aujourd'hui inclinent vers la négative. Quoi qu'il en soit, Jacques n'a eu aucune part, lui non plus, à son éducation apostolique : ce n'est pas lui, sans doute, qui lui a suggéré la théorie de la liberté évangélique. Je vous l'affirme devant Dieu, ajoute l'Apôtre, tout s'est passé comme je viens de vous le dire. J'aurais voulu demeurer à Jérusalem et exercer mon ministère auprès de ceux qui avaient été autrefois témoins de mon acharnement contre le Christ (Act., IX, 26-31 ; XXII, 17-21) ; mais les menaces des Juifs, les instances de mes frères, les indications de Dieu :inême m'obligèrent à sortir de Jérusalem. Je me retirai alors

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