‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 361 sur 663 · FIN DE LA TROISIÈME MISSION · texte numérisé non relu

FIN DE LA TROISIÈME MISSION

1 Cum autem factum esset ut navigaremus abstracti ab e'iSy recto cursu venimus Coum, et sequenti die Rhodum, et inde Pataram, ^ Et cum invenissemus navem transfretantem in Phoenicen, ascendentes navigavimus. s Cum apparaissemus autem Cypro, relinqu entes eam ad sinistram, navigavimus in Syriam, et venimus Tyrum : ibi enim navis expositura erat onus. ^Jnventis autem discipulis, mansimus ibi diebus septem : qui Paulo dicebant per Spiritam ne ascenderet Jerosolymam. s Et expletis diebus profecti ibamus, deducentibus nos omnibus cum uxoribus, et filiis usque foras civitatem: et positis genibus in littore, oravimus. ^Et cum valefecissemus invicem, ascRudimus navem : illi autem redierunt in sua. 7 Nos vero navigatione expleta a Tyro, descendimus Ptolemaidam : et salutatis fratribus, mansimus die una apud illos. » Alia autem die profecti, venimus Caesaream.

Le journal de voyage se poursuit, étape par étape. De Milet, le long de la côte de l'Asie, le bateau se rend à Cos,

en face de Cnide, puis à Patara, dans la province de Lycie. Il ne fallait pas songer, si on voulait arriver à Jérusalem pour la fête, à poursuivre la ligne des côtes ; à Patara il se trouva un voilier qui se rendait en Phénicie, on y prit place. A mi-chemin de la Phénicie on salua l'île de Chypre, à gauche; le bateau arriva sans encombre à Tyr et y déposa sa cargaison. Tyr avait une communauté chrétienne, l'Apôtre avec ses compagnons s'y arrêta durant une semaine entière : il se sentait maintenant assuré d'arriver à Jérusalem à l'heure dite, et peut-être devait-il attendre une occasion pour se rendre à Ptolémaïs et à Césarée. De nouveaux indices vinrent confirmer les pressentiments qui le détournaient de se rendre à Jérusalem ; dans les réunions chrétiennes l'Esprit faisait connaître aux fidèles les périls vers lesquels l'Apôtre semblait courir. Dans leur affection les chrétiens s'efforçaient de le retenir. Mais si les lumières prophétiques venaient de l'Esprit, les conseils de prudence venaient de la sympathie, et l'âme de l'Apôtre demeurait inébranlable. Le jour venu, saint Paul et ses compagnons se mirent en marche ; et on vit se renouveler la scène qui s'était passée à Milet. Les fidèles, leurs femmes, leurs enfants sortirent de la ville avec saint Paul, tous s'agenouillèrent sur la grève, on pria ensemble ; après quoi l'Apôtre et ses compagnons prirent place sur le bateau, pendant que la foule rentrait à Tyr. De Tyr, en longeant la côte dé Phénicie, le bateau se rendit à Ptolémaïs, à mi-chemin de Césarée, où on s'arrêta un jour pour saluer la communauté chrétienne. Le lendemain on était à Césarée.

Et intrantes domum Philippî evangeîistae, qui erat anus de septem, mansimus apud eum. 9 Huic autem eranf quaftuor jilîae virgines prophetantes. '^^ Et cum moraremur per dies allquot, supervenit quidam a Judaea propheta, nomine Agabus. 11 /s cum venissef ad nos, tuiit zôndm Pdulî7 et dltigdns sibi pedes, et manus dixit : Haec dicit Spiritus sanctus : Virum, cujus est zona haec, sic alligabunt in Jérusalem fudaei, et tradent in manus Gentium. 12 Quod cum audissemus, roga-

PROPHÉTIE D'AGABUS 15

bamas nos, et qui loci illius erant, ne ascenderet Jerosolymam.

13 Tune respondit Paulus, et dixit : Quid facitis fientes, et affligentes cor meum ? Ego enim non solum alligari, sed et iïiori in Jérusalem paratus sum propter nomen Do mini Jesu.

14 Et çum ei suadere non possemus, quievimus, dicentes : Domini voluntas fiât, is Post dies autem istos praeparati, ascendebamus in Jérusalem, i6 Venerunt autem et ex discipulis a Caesarea nobiscum, adducentes secum apud quem hospitaremur Mnasonem quemdem Cyprium, antiquum discipulum.

C'est à Césarée que demeurait Philippe, l'un des sept diacres dont il a été parlé plus haut (VIII, 40). Il avait quatre filles, que le Seigneur avait honorées du don de prophétie. Saint Paul et ses compagnons descendirent chez lui ; ils avaient du loisir. C'est durant ce séjour que survint parmi eux le prophète Agabus, le même qui avait autrefois prophétisé la famine qui désola le monde sous le règne de Claude (Act., XI, 28).

Là encore l'Apôtre reçut une indication nouvelle du sort qui l'attendait à Jérusalem. Agabus usa du procédé prophétique ordinaire ; à la façon symbolique de Jérémie et d'Ezéchiel, il prit la ceinture de saint Paul, s'en noua les pieds et les mains en disant : « Voici ce que dit l'Esprit : L'homme à qui appartient cette ceinture sera ainsi à Jérusalem lié et livré aux mains des Gentils. »

L'indication prophétique était d'une précision extrême, le voyant était bien connu pour sa perspicacité surnaturelle. Un dernier effort fut tenté auprès de l'Apôtre par les fidèles de Césarée, de concert avec les compagnons mêmes de saint Paul, pour le détourner de son projet. Mais si les indications prophétiques lui dénonçaient le péril, elles ne lui intimaient pas le devoir de s'y soustraire. L'Apôtre avait d'ailleurs une œuvre à accomplir, et la prophétté d'Agabus en rapprochant de la Passion du Seigneur les conditions qu'il pressentait pour saint Paul, ajoutait peut-être un charme de plus à ces conditions entrevues. Etre comme le Sauveur captif à Jéru-

salem, et comme le Sauveur livré aux Gentils : Tâme de saint Paul trouvait sa fermeté dans une résolution arrêtée, mais aussi dans ce partage avec son Maître. Il répondit : « Pourquoi pleurer ? pourquoi me briser le cœur ? Etre enchaîné ne me fait pas peur, et je suis prêt à mourir à Jérusalem pour le nom du Seigneur Jésus. » Lorsqu'ils virent qu'ils ne gagnaient rien, ceux qui le suppliaient se dirent entre eux : Que la volonté de Dieu soit faite !

A Césarée la petite caravane prit ses dispositions dernières et partit pour Jérusalem. Des fidèles de Césarée accompagnèrent saint Paul et le conduisirent chez un chrétien de la première heure, Mnason, de Chypre, qui lui donna l'hospitalité. La troisième expédition apostolique était achevée ; elle avait duré quatre ans.

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