‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 363 sur 663 · LE VŒU DE NAZARÉAT · texte numérisé non relu

LE VŒU DE NAZARÉAT

postera die purificatus cum illis intravit in templum, annuntians expletionem dierum purificationis, donec offerretur pro iinoquoque eorum oblatio.

Les chrétiens de Jérusalem firent bon accueil à saint Paul. Dès le lendemain de son arrivée l'Apôtre et ses compagnons, porteurs de la collecte de Macédoine et de l'Achaïe^ se présentèrent à Jacques, le frère du Seigneur, l'évêque de Jérusalem. Le presbyterium était rassemblé. L'Apôtre, qui avait avec lui Trophime, saint Luc, Secundus et Aristarchus, les députés de Thessalonique, exposa aux représentants de l'Eglise-mère les fruits que Dieu avait accordés à son apostolat parmi les Gentils.

Les prêtres de Jérusalem applaudirent au récit de saint Paul, mais introduisirent aussitôt une demande. En sollicitant de l'Apôtre des Gentils une démonstration de judaïsme, ils avaient pour dessein de le mettre à couvert et de désarmer la haine soulevée contre lui : Voyez, lui disaient-ils, les foules ici réunies à l'occasion de la Pentecôte. C'est par milliers et par dizaines de milliers que l'on compte ceux qui parmi les Juifs ont cru en Jésus-Christ. Ils sont néanmoins tous demeurés très attachés à la loi. Or on leur a dit, dans leur préparation au christianisme, que vous détournez de la loi de Moïse les Juifs de la dispersion, assurant que la circoncision est inutile et que nos observances sont abolies. Et vous ne sauriez passer inaperçu ; on saura bientôt que vous êtes venu, des mouvements hostiles sont à redouter. Voici comment il nous semble qu'on pourrait les conjurer. Il y a ici quatre Juifs convertis à la foi qui ont un vœu, le vœu du nazaréat temporaire, qui les sépare momentanément de la vie profane. Vous-même vous avez le même vœu (Act, XVIII, 18) ; acquittez le vôtre en même temps qu'ils accompliront le leur. Ils sont pauvres ; prenez sur vous tous les frais de leur nazaréat et acquittez leur dette envers le trésor du Temple. Tout le monde verra bien, à votre déférence solennelle aux prescriptions mosaïques, que vous n'êtes point l'homme qu'on leur a

souvent représenté, puisque vous aussi vous vous inclinez devant les coutumes juives et les prescriptions de la loi. Agir ainsi n'est-ce point être Juif avec les Juifs, afin de les gagner tous à Dieu ? N'est-ce point, de votre part, l'équivalent de ce que nous avons fait nous-mêmes, il y a huit ans, en prononçant que les convertis de la Gentilité n'étaient astreints à autre chose qu'à s'abstenir des viandes idolâtriques, du sang, de la chair étouffée et de l'impureté ?

Tous ces considérations étaient sages, conformes à la pensée de saint Paul et à l'équité de sa conduite ; l'Apôtre en prit son parti. Le lendemain il fut avec les quatre nazaréens, se soumit avec eux aux ablutions juives, avec eux se rendit au Temple, fit connaître aux officiers du Temple la durée de son engagement, après lequel il devait pour lui et pour eux faire l'offrande accoutumée.

Page 1