COMPLOT DÉJOUÉ
perducerent ad Felicem praesidem, 25 (timuit enim ne forte râpèrent eum Judaei, et occiderent, et ipse postea calumniam sustlneret, tamquam accepturus pecuniam), ^6 scribens epistolam continentem haec : Claudius Lysias optimo Praesidi Felici salutem. 27 Virum hune comprehensum a Judaets, et incipientem interfici ab eis, superveniens cum exercitu eripui, cognito quia Romanus est : 28 volensque scire causam, quam objiciebant illi deduxi eum in concilio eorum. 29 Quem inveni accusari de quaestionibus legis ipsoruni, nihil vero dignum morte aut vinculis habentem criminis. ^^ Et cum mihi perïatum esset de insidiis, quas paraverant illi, misi eum ad te, denuntians et accusatoribus ut dicant apud te. Vale.
Le lendemain de cette séance inutile, les juifs comprirent que saint Paul leur échappait, puisque le Sanhédrin s'était divisé à son sujet, puisqu'il était maintenant sous la sauvegarde de l'armée romaine. Leur haine pourtant n'en fut point découragée. Quarante sicaires déterminés firent ensemble le serment de ne manger ni boire avant d'avoir mis à mort l'Apôtre, et ils firent part de leur dessein aux princes des prêtres et aux anciens. La confidence était imprudente, puisque le secret était livré à beaucoup ; mais la confidence était nécessaire, le complot ne pouvant être mis à exécution que moyennant la connivence du Sanhédrin : Nous nous sommes engagés par serment, dirent-ils aux adversaires de l'Apôtre, à ne boire ni manger avant de nous être défaits de lui. C'est à vous de signifier au Conseil et au tribun lui-même que votre dessein est d'instruire la cause du prévenu avec plus de soin. Il le fera de nouveau comparaître devant vous ; nous nous aposterons. Et dans l'intervalle qui sépare le camp romain du lieu de réunion, nous nous saisirons de lui et le mettrons à mort.
Mais le complot était voué à l'échec. Un neveu de saint Paul, fils de sa sœur, était alors à Jérusalem et eut vent de l'affaire. Il avait la liberté de visiter son oncle à la forteresse Antonia. A la hâte il vint et avertit l'Apôtre. Celui-ci à son tour-
appela un des centurions et lui dit: Conduisez ce jeune homme au tribun : il a des choses importantes à lui révéler. — Le centurion obéit, conduisit le jeune homme au tribun et lui dit : « Le prisonnier m'a demandé de vous amener ce jeune homme ; il a quelque chose à vous dire. » Le tribun le prit par la main, le conduisit à l'écart et lui demanda : « Qu'y a-t-il ? » Le neveu de saint Paul lui répondit : « Les Juifs ont résolu de vous demander d'amener demain Paul devant le Sanhédrin, sous prétexte d'instruire sa cause avec plus de soin. Gardez-vous d'y consentir. Plus de quarante sicaires, qui ont fait le serment de ne manger ni boire avant de s'être défaits de Paul, se placeront en embuscade, prêts à se saisir de lui ; ils n'attendent pour faire leur coup que votre consentement à la comparution nouvelle. »
Claudius Lysias congédia le jeune homme : « Ne parlez à personne, lui recommanda-t-il, de ce que vous venez de me dire. » Si la cause de saint Paul n'était pas éclaircie à ses yeux, la haine des Juifs lui était désormais connue. Avec une promptitude toute militaire il appela à lui deux de ses centurions : « Réunissez, leur dit-il, deux cents légionnaires ; ils devront aller jusqu'à Césarée. Prenez aussi soixante-dix cavaliers et deux cents archers. Heure du départ : la troisième heure de la nuit (neuf heures du soir). Ayez des montures prêtes pour Paul qu'il faut conduire sain et sauf au procurateur Félix. » (Le souci évident qu'apporte Claudius Lysias à faciliter cette évasion est motivé dans le v. 25, qui n'appartient qu'à la Vulgate).
L'escorte devait porter au procurateur Félix une lettre ainsi conçue :
Claudius Lysias à l'excellent procurateur Félix, salut. L'homme que je vous envoie était aux mains des Juifs et sur le point d'être massacré par eux. Je suis arrivé à temps pour le soustraire à la mort, et ai appris qu'il est citoyen romain. J'ai voulu savoir quel grief on avait contre lui et l'ai conduit devant leur Conseil. Il ne s'agissait, je l'ai vu, que de questions concernant leur loi ; rien qui méritât ni la mort,