‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 382 sur 663 · INCIDENTS DU VOYAGE · texte numérisé non relu

INCIDENTS DU VOYAGE

centurio navem Alexandrinam navigantem in Italiam, transposait nos in eam. "^ Et cum maltis diebus tarde navigaremus, et vix devenissemus contra Gnidam, prohibante nos venfo, adnavigavimus Cretae juxta Salmonem : s et vix juxta navigantes, venimus in locum quemdam, qui vocatar Boniportus, cui juxta erat civitas Thalassa. ^Multo autem tempore peracto, et cum jam non esset tuta navigatio, eo quod et jejunium jam praeteriisset, consolabatur eos Paulus, lo dicens eis : Viri, video quoniam cum injuria, et malto damno non solum oneris et navis, sed etiam animarum nosfrarum incipit esse navigatio.

Les deux derniers chapitres des Actes contiennent le récit du voyage par mer de Césarée à Rome, avec le caractère précis, menu, circonstancié que nous avons observé déjà. Ce sont presque les brèves notations d'un journal de bord.

Lorsque vint l'heure du départ pour l'Italie, les mesures furent ainsi concertées. Paul et quelques autres prisonniers étaient remis aux mains du centurion Julius, de la cohorte Augustale. Nous avons eu l'occasion déjà de remarquer (Act, X, 1) que dans les provinces, à côté des légions régulières et sans y être incorporées, ni en porter le nom, des cohortes de volontaires, recrutées surtout en Italie, formaient une troupe d'élite, de prétoriens, à la disposition du gouverneur. On embarqua sur un bateau d'Adramythion, ville de Mysie, en face de Lesbos. Le bateau revenait de l'Egypte, il avait fait escale à Césarée, avant de retourner à son port d'attache, en longeant les côtes de l'Asie Mineure. Le centurion Julius était bienveillant envers saint Paul, il permit à saint Luc et à Aristarque d'accompagner leur maître, et lorsque le bateau relâcha à Sidon, il laissa saint Paul se reposer chez les chrétiens de la ville. On partit de Sidon. II eût été simple, pour abréger le trajet, d'aller droit de Sidon sur Myra, en Lycie, en laissant sur la droite l'île de Chypre ; mais la mer était mauvaise, les vents contraires ; le bateau fut contraint de longer les côtes de Syrie, puis de la Cilicie, puis de la Pamphylie jusqu'à Myra, en la province de Lycie

(il faut corriger le texte de la Vulgate, Lystram = Myram). Le trajet s'accomplissait avec lenteur, et la saison s'avançait. Aussi, à Myra, ayant rencontré un bateau venant d'Alexandrie et portant à Rome sa cargaison de blé, le centurion Julius y transporta tout son monde. On approchait de l'équinoxe, la mer était mauvaise, il fallut bien des jours pour arriver à Gnide. Les vents ne permirent pas de prendre la route directe vers l'Achaïe ; on dut se rabattre vers le sud, vers la pointe de Salmon, en l'île de Crête, que le bateau longea péniblement jusqu'à une crique au sud de l'île, Boniportus, près de la ville de Laséa. On avait ainsi perdu beaucoup de temps ; la période du mare clausum approchait, car on touchait à l'équinoxe de Septembre (au jeûne judaïque de l'Expiation, 10 du mois de Tisri) ; et on perdit encore du temps à Boniportus à attendre un vent favorable. L'Apôtre s'autorisa de la confiance que lui témoignaient le centurion et l'équipage pour les persuader d'hiverner en lieu sûr : « Je pressens, disait-il, que poursuivre maintenant notre chemin, c'est exposer la cargaison de blé, le bateau et la vie de nous tous. »

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