‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 514 sur 663 · CONDITIONS DU SACERDOCE · texte numérisé non relu

CONDITIONS DU SACERDOCE

1 Omnis namque pontifex ex hominibus assamptus, pro hominibus constituitur in Us, quae sunt ad Deam, ut offeraf dona, et sacrijiciq. pro peccatis : 2 qui condolere possit ils, qui ignorant, et errant : quoniam et ipse circamdatus est infirmitate : s et propterea débet, quemadmodum pro populo, ita eiiam et pro semetipso offerre pro peccatis. 4 Nec quisquarti sumit sibi honorem, sed qui vocatur a Deo, tamquam Aaron.

Tout médiateur ou pontife est pris du milieu des hommes : sa fonction le veut ainsi. Mais il n'est mis à part, dans une mesure, de la masse commune, que dans l'intérêt de tous, et au nom de l'office à lui confié. Il est affecté à sa mission, et prélevé sur la masse des hommes sans cesser de leur appartenir, ex hominibus assamptus.

En effet, il ne leur est pas soustrait ni ravi : de cet impôt prélevé par Dieu sur la race humaine, la race humaine est

la première à bénéficier. Le Grand-Prêtre est l'homme de Dieu. Le temps, l'inaptitude, la pauvreté, mille causes chétives empêchent souvent les hommes de reconnaître aussi pleinement qu'ils le voudraient et le devraient le bienfait de l'être, de la conservation, de la Providence, du pardon : il faut bien gagner sa vie, et on n'a pas toujours le loisir de la prière. Dieu n'a pas exigé toute notre vie, mais un jour sur sept ; de même il n'a pas réclamé toute la race humaine, qui est pourtant sienne tout entière : mais il s'est réservé le prêtre, qui est constitué au nom des hommes auprès de Dieu en tout ce qui concerne le culte de Dieu. Ce prêtre est pris d'entre les hommes : il est constitué pour les hommes auprès de Dieu. Mais l'Apôtre précise : encore que le pontife ait le soin de tout ce qui concerne le culte de Dieu, il demeure que son office propre est de présenter à Dieu soit des offrandes ou oblations non sanglantes, dona, soit des sacrifices pour le péché, eucharistiques ou expiatoires, sacrific'ia. Car le pontife existe avant tout pour le sacrifice. Il est médiateur et médiateur liturgique : c'est ainsi qu'il apaise, qu'il remercie, qu'il adore ; c'est ainsi qu'il expie, qu'il obtient, qu'il sanctifie.

Choisi qu'il est non parmi les Anges, mais du milieu des hommes, il porte dans sa personne et dans sa nature, dans cette fraternité qu'il soutient avec tous, un titre vivant à compatir à l'ignorance et à l'erreur : il a en lui de quoi sympathiser avec ceux qui ne savent pas qu'il y a quelque chose à faire, et ceux qui font autre chose que ce qu'il faudrait faire. Cette facilité de condescendance et de compassion lui est inspirée par la seule conscience qu'il a de lui-même -et de son infirmité ; à telles enseignes (Levit, IV, 3) que la loi ancienne lui fait un devoir d'expier par un sacrifice, non pas seulement les fautes du peuple, mais les siennes propres.

Une caractéristique dernière du pontife, c'est qu'il ne s'ingère pas de lui-même dans son office, ni n'étend la main pour se saisir de sa charge ; sa condition même d'intermédiaire entre Dieu et les hommes lui interdit une telle intrusion. Pour être agréé de Dieu, pour être vraiment utile à

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