ADRESSE ET SOUHAITS
1 Paulus Apostolus Jesu Christi secundum imperium Dei Salvatorls nostri, et Christi Jesu spei nostrae : 2 Timotheo dilecto filio in jide. Gratia, misericordia, et pax a Deo Pâtre,, et Christo Jesu Domino nostro.
Celui qui écrit nous est connu. C'est un vieillard. Il a dépassé la soixantaine. Sa pensée n'a rien perdu de sa fermeté, mais son style s'est refroidi. Selon la coutume des lettres dans l'antiquité, il donne son nom et son titre : Apôtre de Jésus-Christ. Il ne dit plus : serviteur. Mais il le dira dans son épître à Tite: aussi bien n'est-ce pas servir, servir à
un titre spécial, qu'être le député et l'ambassadeur de qui on est l'apôtre ?
L'apostolat de saint Paul ne lui est pas venu d'une désignation, ni d'une délégation humaine, mais d'un ordre et d'une volonté spéciale et directe de Dieu : Segregate mihi Saulum et Barnabam in opus ad quod assumpsi eos (Act., XIII, 2). Cet ordre, qui est le titre d'investiture de l'Apôtre, est venu de Dieu le Père, source première de notre salut, et du Christ Jésus, qui est tout à la fois le motif et l'objet de notre espérance, et dont le nom béni est prononcé deux fois en ces quelques lignes.
Nous n'ignorons pas Timothée. Les Actes nous en ont parlé (XVI, 1, 2, 3). Souvent l'Apôtre, dans la suscription de ses lettres, a voulu associer à son nom, le nom de celui qu'il appelle son vrai fils, son disciple préféré, le compagnon fidèle de son apostolat.
Le souhait habituel semble plus large et plus compréhensif que dans la plupart des épîtres. A la grâce et à la paix, c'est-à-dire à la bienveillance, à l'amitié de Dieu, l'Apôtre ajoute ici la miséricorde, sÀsoç, soit que les hommes en charge ecclésiastique, portant une responsabilité plus haute, aient un plus pressant besoin de la miséricorde divine, soit plutôt que l'Apôtre ait voulu- témoigner une affection plus vive, comme il fait ailleurs (Gai., VI, 16). La formule, large, abondante, se répétera dans la Deuxième à Timothée, I, 2.