‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 61 sur 663 · TIMOTHÉE · texte numérisé non relu

TIMOTHÉE

eam et dicens : Transiens in Macedoniam, adjava nos. lo Ut autem visum vidit, statim qaaesivimas proficisci in Macedoniam, certi facti quod vocasset nos Deus evangelizare eis. n Navigantes autem a Troade, recto cursu venimus Samothraciam, et sequenti die Neapolim : 12 et inde Philippos, qùae est prima partis Macedoniae civitas, colonia. Eramus autem in hac urbe diehus aliquot, conferentes.

Regardons les deux derniers versets du chapitre XV, 40, 41 comme appartenant déjà au chapitre XVI et à la deuxième mission apostolique de saint Paul.

Il n'est pas seul : ayant laissé Tite à Jérusalem, il s'est fait accompagner de Silas ; Timothée ne tardera pas à le suivre, puis saint Luc (XVI, 10). Déjà nous avons pu reconnaître (XV, 41) que l'Apôtre a pris, pour revoir ses chrétientés, la route à laquelle il a précédemment renoncé dans ieur intérêt, la voie directe qui par la Syrie du nord atteint la Cilicie, Tarse et les défilés du Taurus. A part quelques incidents racontés avec détails, l'Apôtre n'a donné à saint Luc qu'un relevé rapide de sa mission, avec indication des étapes fournies par lui : Derbé, puis Lystres, où saint Paul, après lapidation, avait été laissé pour mort.

Parmi les convertis de sa première expédition se trouvait Timothée, fils d'une pieuse juive, Eunice, et petit-fils de Lois ; nous ignorons le nom de son père qui était Grec de nation. Lystres et Iconium rendaient témoignage à la piété de Timothée : nous savons que le Seigneur fit mieux encore, et le désigna prophétiquement pour être honoré du sacerdoce (I Tim., I, 18 ; II Tim., I, 6). Saint Paul le prit pour compagnon de sa mission. A Jérusalem il n'avait pas consenti à la circoncision de Tite (Gai., II, 3) qui était Grec et ne devait rien à la loi des Juifs. La condition de Timothée était autre : sa mère était Juive, il appartenait par elle à la famille d'Abraham, son ministère devait s'exercer dans une région où l'élément juif était largement représenté. L'Apôtre, dans l'intérêt de la prédication de Timothée et pour en assurer

l'efficacité, jugea à propos de transiger et lui donna lui-même la circoncision. Ce n'était aucunement l'abandon des positions conquises, peu auparavant, dans la réunion solennelle de Jérusalem ; mais seulement un acte de condescendance opportune, une déférence utile et justifiée par la naissance de Timothée, d'autant plus expressive du désir qu'avait saint Paul de se faire tout à tous, qu'il donnait en même temps promulgation du principe de liberté, reconnu par les apôtres et les anciens de Jérusalem.

Les docteurs judaïsants ne devaient venir qu'un peu plus tard pour troubler les Eglises, et décrier la doctrine et la personne de saint Paul. Au moment où l'Apôtre revit Derbé, Lystres, Antioche, toute la région de la Phrygie ou de la Lycaonie qui confine à la Galatie, évangélisée au cours de la première mission, il eut la joie de voir les communautés chrétiennes croître en nombre, et s'affermir dans la foi. L'Esprit de Dieu le détourna de prêcher l'Evangile dans la portion occidentale de l'Asie-Mineure, ou province romaine d'Asie comprenant la Mysie et la Lydie. Ainsi écartés, Paul, Silas et Timothée remontent vers le nord en longeant les frontières de la Mysie, comme pour entrer dans la province de Bithynie ; mais là encore l'Esprit du Seigneur les détourne d'aller plus loin dans cette direction, soit que déjà l'Evangile eût été porté dans ces régions septentrionales de l'Asie-Mineure (I Petr. I, 1), soit que le Seigneur voulût, sans plus de retard, amener en Europe et sur tout le littoral méditerranéen, le bénéfice surnaturel de la prédication. En excluant l'Asie, en détournant de la Bithynie, les indications de l'Esprit de Dieu orientaient vers l'Europe.

Les ouvriers évangéliques traversent alors la Mysie et se rendent au port d'Alexandria-Troas, sur la mer Egée ; ils allaient dans la direction de Dieu. La nuit, saint Paul eut une vision : un homme, un macédonien, se tint devant lui et lui dit : « Viens en Macédoine, et apporte-nous le secours. » C'est à partir de ce moment où saint Paul, Silas et Timothée se préparent à passer d'Asie en Europe, que saint Luc se joint à eux et nous en avertit (XVI, 10, 11).

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