‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 627 sur 663 · ASSISTANCE DONNÉE AUX VEUVES · texte numérisé non relu

ASSISTANCE DONNÉE AUX VEUVES

leurs besoins. Nous trouverons souvent chez l'ApÔtre l'honneur dans le sens des secours en argent ou en nature, accordés comme salaire à ceux qui travaillent ou sont dans le besoin. C'est honorer la pauvreté que la soulager. Encore saint Paul veut-il que les veuves dont il parle soient vraiment veuves, vraiment délaissées et sans ressources, pour avoir un titre aux secours accordés par l'Eglise. En effet, si une veuve a des enfants et des parents qui soient chrétiens et puissent l'aider, elle ne saurait réclamer, du moins au même titre, d'être secourue par vous. C'est à la piété filiale et à la reconnaissance des enfants ou petits-enfants de cetie. veuVe que la charge en reviendra (nous traduisons le v. 4 selon le texte original, inexactement rendu par la Vulgate). Telle est la loi naturelle et la volonté de Dieu.

Il en sera autrement de la veuve qui, seule et délaissée dans la vie, n'a nulle parenté de qui elle puisse se réclamer : elle demeure à la charge de l'Eglise. Au lieu de se livrer à d'inquiètes sollicitudes, elle qui a appris à se confier en Dieu et à qui Dieu même, en lui retirant son mari, a fait une loi de s'appuyer sur lui et de ne chercher plus que lui, à l'exemple des saintes veuves dont nous parle le texte sacré (Luc, II, 37), elle persévérera jour et nuit dans la prière et les supplications. Mais celle qui, au lieu d'obéir à ce programme de piété, n'a pas renoncé à la vie facile et aux joies du monde, elle fait semblant de vivre, est-il dit dans une réflexion rapide et infiniment dédaigneuse, mais elle est morte : n'en parlons pas,

A toutes, dites bien haut leur devoir de vivre sans reproche.

Au verset 4, il a été enjoint aux fils ou petits-fils de la veuve de venir au secours de leur mère ou de leur aïeule entrée au service de l'Eglise. Quelques-uns s'efforçaient d'esquiver ce devoir sacré. S'il en est un, dit l'Apôtre, qui, oubliant à ce point les lois de la piété filiale, se refuse à subvenir aux besoins de ceux de sa famille et de sa maison : il a renié sa foi et se met au-dessous de l'infidèle. Nous sommes tous frères

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dans le Christ, et le lien de la charité surnaturelle est venu se surajouter à celui de la parenté. Mais, alors que les païens sont attentifs à secourir leurs proches, n'est-ce pas descendre au-dessous d'eux dans l'échelle morale, que se dérober tout à la fois à l'exercice de la charité chrétienne et au devoir si élémentaire de la piété filiale ?

Les veuves, ayant office de diaconesses et formant dans 1 Eglise un noyau si voisin de la hiérarchie régulière, ne pouvaient être recrutées au hasard, ni être accueillies au seul titre oe leur viduité : leur dignité spéciale et la gloire de leur fonction étaient la récompense de leur vertu chrétienne. Aussi, comme l'Apôtre, au chapitre III, a énuméré les conditions d'accès à la prêtrise ou l'épiscopat, complète-t-il ici le peu qu'il a commencé à dire des veuves en ce même chapitre au verset 1 1 en parlant des diacres. Nulle ne sera inscrite au rôle des veuves, si elle n'est âgée de soixante ans, n'ayant connu qu'un seul mari, et, au su de tous, vouée aux œuvres de la vie chrétienne. A-t-elle bien élevé ses enfants, pratiqué l'hospitalité ? S'est-elle employée au service des chrétiens, au soulagement des malheureux, à toutes les œuvres de miséricorde corporelle ou spirituelle ? Quant aux veuves plus jeunes, tenez-les à distance et ne les accueillez pas témérairement. C'est votre intérêt et c'est le leur. Le christianisme n'était pas ancien, mais l'Apôtre avait déjà fait des expériences dont voici la triste moralité. Ces veuves trop jeunes s'attachent d'abord au Christ : oui. Puis, au bout d'un peu de temps, elles se détournent de lui et retournent au mariage, ce qu'elles ne peuvent faire qu'au prix d'une grave infidélité, en foulant aux pieds l'engagement, la vraie profession, qui les liait à Dieu.

Alors même qu'elles ne vont pas jusqu'à l'infidélité absolue, leur jeunesse les défend mal contre les défauts de leur sexe et de leur âge. Elles vont de-ci, de-là, par les maisons des chrétiennes, y apprennent l'oisiveté, y colportent mille bavardages, y sèment la discorde et le scandale. Où donc l'Apôtre s'est-il si exactement renseigné ? Pour éviter ces ennuis, que les jeunes veuves se marient, et, puisqu'elles le voudront

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