‹ Les époques géologiques de l'AuvergneChapitre 100 sur 115 · LE GRUN DE CHI6N0R. — AI6UER0NNE. — SETCH ALLES · texte numérisé non relu

LE GRUN DE CHI6N0R. — AI6UER0NNE. — SETCH ALLES

LOJARDIE. — MONTRARTON.

Il existe au nord-est de Vollore de hautes montagnes de granité , intéressantes à visiter , quoiqu'un peu uniformes. La plus rapprochée est le Grun de Ghignor. En sortant de Vollore , on s'élève au petit village du Ghatelet; et, après avoir monté encore assez longtemps , on atteint les sommets de In montagne. Des blocs de granité blanc de toutes les formes sont entassés pêle-mêle et couverts de lichens lépreux. Ge puy a deux sommets , et tous deux présentent les extrémités et les affleurements d'un énorme filon de granité blanc , à mica blanc , dont les débris amoncelés constituent toutes les masses dont nous venons de parler. Au sommet » tous les blocs sont bien en place et offrent quelquefois des faces assez régulières. Les villages de le Naud , le Ghouvel , laBessadonie , la Ghaise-Haute , la Ghaise-Basse , sont bAtis sur les Oancs de cette énorme masse de granité , dont les débris détachés arrivent jusqu'auprès de Vollore. Le hameau qui est le plus rapproché du sommet est celui d'Aiguebonne ; il est composé de quelques maisons et tire son nom de filets d'eaux qui sont les sources les plus élevées de la montagne.

Après avoir passé Aiguebonne » on voit une autre grande montagne du même granité (1094), située au-dessus de

Retrus (770) et des Raillières (952) . On troDfe plusieurs sommets et plusieurs crêtes qui paraissent érnptives comme du basalte. C'est toujours le granité blanc, tendre et facilement décomposable que Ton rencontre en rocs saillants on en fragments accumulés.

Des Raillières on entre bientôt dans le canton de Saint- Rémy, et Ton se trouve sur un grand plateau (1205) couvert de Bruyères et orné de pyramides de granité , de blocs entassés, d'un effet très-pittoresque. J'y ai pris plusieurs esquisses , et une entre autres où les blocs trèsvolumineux sont cassés en deux fragments. C'est un fait curieux de voir ces blocs cassés , malgré leur poids , leur volume et leur solidité. Ils n'ont cependant pas reçu de chocs h les briser. La foudre ne peut avoir produit cet effet, ou du moins il serait difficile de le supposer « car souvent des masses évidemment brisées sont recouvertes par d'autres parfaitement entières. Il est plus probable que ces gros fragments sont le résultat de l'eau qui s'est congelée dans une fissure , et qui occupant alors plus de volume, a fait éclater la masse. Une fois les morceaux séparés, les angles des cassures s'arrondissent, et le travail de décomposition s'opère alors sur les arêtes et sur les surfaces nouvelles comme il avait lieu auparavant sur les parties exposées à l'air depuis longtemps. On peut concevoir de cette manière la cause de la séparation et de l'éloignement des fragments.

A Seychalles se trouvent encore ces mêmes granités disposés d'une manière très-pittoresque. Au sommet du monticule se trouve une énorme pierre presque branlante , très-longue , et qui domine toutes les autres. A Seychalles même existe un magnifique bac de granité qui sert à abreuver les bestiaux.

CANTONS m COCRPliRB, DE THIERS , etC. 377

A la Forêt cesse le granité blanc. En montant au grand Bosty on ne trouve plus que du granité ordinaire à petits grains , très-quartzeux , difGcile à caractériser et passant déjà au porphyre. Le sommet de la montagne (1083), couvert de Sapins y nous a paru en granité blanc. On reconnaît que ce granité est postérieur à l'autre , et qu'il s'est ouvert un passage à travers des roches plus anciennes pour venir au jour. Le grand Bost parait être sur le porphyre souvent ver<dâtre , avec gros cristaux de feldspath rose.

La Fortie, Lamoudière , Genety» Lojardie et le Bost de la Montferi sont encore sur le granité blanc en masses amoncelées qui , près du Bost , ressemblent à de véritables cheires de laves.

Dans le trajet de Roche-Mulet (787), à Montbarton (720), on est frappé de la multitude de roches granitiques que l'on voit à sa gauche. Il en est qui ressemblent tout-à-fait à des prismes basaltiques , et qui simulent des colonnes informes et de grosses masses d'entablement.

Le Grun de Ghignor lui-même, à la base duquel est bâti Montbarton , ressemble de loin à une véritable montagne de basalte avec ses fragments détachés et amoncelés.

LE POUX. POUDRILLE. LOUSCHAMPS. LA RERNT.

— AUBUSSON. OLMET.

A l'ouest de Vollore, on atteint bientôt le point de jonction du granité et des argiles sableuses. Le granité a été rois à découvert par l'action d'un ruisseau qui descend des montagnes et vient se jeter dans la Dore. On doit supposer que les eaux ont emporté une partie des argiles, car le village de Poux est bâti sur un petit Ilot primitif au milieu des

terrains tertiaires. Les Grangettes sont sur les argiles aa pied de la (alaise, tandis qoe les Poudrilles sont snr le gra* nite.

An Gros , le sol primitif est à peine recouvert, et on peu au delA se trouve le palais de Gros , misérable hameau sur les argiles et formant limite sur ce terrain.

Au-dessus du Gros, se trouve une vaste montagne couverte de vignes, laquelle est dominée par le hameau de Bottias. Un peu plus loin on traverse de jolies prairies , et Ton arrive sans quitter le granité au village de Louschamps (538) • En montant la côte granitique , pour y arriver , on a une très- belle vue du Grun de Chignor {fig. 33, page SIS).

Près de la Bunie , maison isolée , on trouve une montagne granitique allongée (561) qui a deux sommets saillants : l'un , le plus méridional , très-escarpé , et formé de quartz blanc démantelé ; l'autre, arrondi, plus vaste, mais également formé de quartz.

La montagne presqu 'entière est en quartz, mais ce sont surtout des filons parallèles qui s'alignent d'une manière frappante (N.-O. S.-E.) , avec le filon de la Goutte et avec l'affleurement qui est sous le Mayet. Il existe donc sur cette montagne deux filons principaux : l'un au sommet , trèsdéchiqueté ; un autre à la base de la colline , et entre les deux le granité est resté aussi en saillie, présentant des masses très-irrégulières. Ge granité est pénétré d'une foule de petits filons dont plusieurs n'ont pas un centimètre de puissance, et affectant plusieurs directions ; souvent même ils se réunissent , se croisent ou se coupent. Toutefois , la direction dominante de ces filons est celle des deux filons principaux, entre lesquels le granité est encaissé.

Vallée priinilive prés la Faye

I Canton de Coiirpirre )

CANTONS DE COCRPIÈRE» DE THIERS , elc. 379

Ce qnartz blanc est en partie cristallisé , et des filons tout entiers paraissent formés de qnartz fibrenx.

Nons revînmes ensuite au-dessous de Vollore , au sud de la ville » à la planche de la Prugne , où les argiles sableuses viennent s'arrêter (405) , et nous montâmes sur le granité à Puy-Millier. Nous suivîmes cette roche à TEclotie et à Âubusson. Le granité qui constitue c^tte falaise , n'est pas homogène. C'est une roche traversée par d'autres granités plus quartzeux » un peu porphyroïdes ou par des gneiss et des micaschistes préludant au massif assez étendu de roches schisteuses dont nous avons parlé dans nos premières courses autour de Vollore. EnGn , ce granité renferme aussi des filons de quartz avec tourmaline et mica blanc. On poursuit ce granité jusqu'à Âubusson. Derrière le château et l'église , on voit des granités k petits grains et trè&-durs sur lesquels une partie du village est construite.

Âubusson , tout-à-fait au point de contact du granité et des argiles sableuses , est dans une charmante position , à l'issue d'une gorge profonde d'où s'échappe un ruisseau bruyant.

En continuant de suivre la limite de l'ancien lac , nous atteignîmes Légat qui est sur les argiles.

Nous montâmes ensuite à Puy-Genest en quittant les argiles pour reprendre le granité, que nous abandonnâmes luimême au-dessus du village, pour entrer sur les gneiss. Plus haut, cette roche constitue seule deux montagnes (719, 840). On retrouve encore ce gneiss aux Gandillas et au Fayol (686).

Puis on descend aux Sagnes, dans une vallée des plus sauvages {fig. 37, p. 379). Un sentier taillé dans le roc permet de remonter le ruisseau de la Paye. Ses eaux pures et

abondantes se précipitent dans le fond d'oo ravin étroit, sar des blocs amoncelés qoi s'opposaient à leur cours; des cavi* tés arrondies étaient creusées dans le gneiss » par des cailloux de quartz que les chutes d*eau continuelles faisaient frapper contre les parois.

Après avoir franchi le ruisseau de la Paye et traversé eo montant une belle forêt de Hêtres, nous vtmes encore construits sur le gneiss, Lomerie, Montpellut et Chassaing (801). De là, nous descendîmes près d*Olmet (645), où nous retrouvâmes le granité ou plutôt une roche intermédiaire entre le granité et le gneiss, car nulle part la limite n*est tranchée. Nous visitâmes la Lichère (648), Chapon , Laroche, Lair, St-Bonnet, le GhaulTrut, et là seulement nous retrouvâmes le granité bien caractérisé. Nous descendîmes an moulin de Clos où l'on construisait un pont pour une route nouvelle, puis nous montâmes au Mayet, et de là aux Grangettes et à la Chossonnie. Nous primes alors le chemin du Gat et quittâmes le granité dans le fond de la vallée pour rentrer sur les argiles sableuses.

SAINTE-AGATHE. — VISCONTAT. RA1MBAUD. — TERHET.

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