PERDRIGEON. — CHEZ PANTAIZE. — FALAISE DE POR- PHYRE
Dans une dernière course à Puy-Guillaume , nous atteignîmes encore la falaise primitive au village de Dufland (482), oiinous étions très-près des argiles, mais sur le granité. Nous descendîmes par une pente rapide, pour passer le ruisseau au moulin Randier et nous montâmes chez Ferrand, à Baucberel , au Randier et enfin au Vachier. Il existe près de ce village un filon de quartz morcelé (720), qui descend d'une montagne , traverse le chemin et remonte encore un peu plus loin. Ce filon fait une longue crête composée d'afDeurements distincts et dirigés presqu'exactement O-.E. 11 semble que ce filon ait été brisé par un soulèvement postérieur, n s'élève en se dirigeant à Test et son sommet atteint 772 m.
Un peu an sud de ce quartz, il en existe encore un autre filon qui a exactement la même direction. En montant de
398 TEaaAiNS primitifs.
Loadao » sur argiles sableuses , au bois Blaochet, ou rencontre des dômes de granité à gros grains , espèce de pegmatite qui forme des sommets arrondis (520,583). Ces dômes sont percés presque tous par des filons de quartz.
Dans quelques points Yoisins des filons , le granité est altéré , un peu décomposé et ressemble à du grès. Ces filons brisés ou interrompus ne sont pas les seuls que Ton rencontre dans le canton de Saint--Remy. On en voit un au-dessus de Jeandouly encore dirigé de même O.-E., et beaucoup plus loin à Redevie (838), un autre filon morcelé et cintré d'une manière très-curieuse. Malgré la distance , ce dernier filon pourrait être la suite du premier dont nous avons parlé , du filon qui est an-dessus de Vachier.
Nous descendîmes de ces hauteurs pour nous rendre à Thiers en suivant le pied de la falaise de porphyre presque droite qui y conduit. Nous passâmes au Cros-Perdrigeon et nous suivîmes, sur des argiles remplies de quartz, le bord do terrain primitif dont les falaises s'élèvent presque perpendiculairement au-dessus de notre tête. On jouit de ce beau spectacle en passant chez Pantaize , aux Garniers , aux Giraudoos, à la Feuille , villages séparés du bord primitif par une petite zone d'argile sableuse. Ce sont les points les plus escarpés du bord oriental de la Limagne.
LA BERGÈRE. LAUBOURDIE. LE BOST. ARCONSAT. —
CHABRELOCHE.
La Bergère est encore un de ces points isolés dans une contrée des plus sauvages et des mieux placées pour étudier les porphyres , les granités et les quartz. On ne rencontre aucune autre roche, aucun autre terrain. Les maisons peo
CANTONS DE TDIERS, DE SAINT-REMY, etC. 399
nombreuses de la Bergère sont sur le granité (593)» mais très-près du porphyre.
Nous entrâmes sur cette roche en quittant la poste et nous passâmes à Mont-Sude et à la Goutte-Noire (670). Nous descendîmes ensuite à Laubourdie , sur la route de Lyon, pour remonter aux Martignaux» et nous rejoignîmes la route de Roanne h la croix de Saint-Martin (775); nous suivîmes la route jusqu'à la Chevalerie (795) » rencontrant alors plus de granité que de porphyre.
Nous avons dit souvent combien il était diilicile de distinguer ces deux roches. Nulle part elles ne sont moins distinctes qu'aux environs de la Bergère.
De la Chevalerie nous atteignîmes une haute montagne , située derrière Arconsat , mais au second plan ; nous passâmes d'abord au Bost , puis à la loge du Bost , et en6n nous nous engageâmes dans les Sapins par des chemins très-raides et très-diificiles. Nous trouvâmes en montant, quelquefois des porphyres» souvent du granité blanc à petits grains» quelquefois aussi du granité rougeâtre. Ces derniers passent souvent au porphyre quartzifère » et quand ils sont à gros grains » ils passent à la pegmatite.
Nous arrivâmes enfin au sommet ( 1 176 ) de cette grande montagne qui est presque sur la limite du département du Puy-de*Ddme. Son sommet oiTre une large surface et présente au sud sa partie la plus élevée. Ce sont de grands rochers rougeâtres que Ton aperçoit de loin en montant » et qui sont formés par du quartz souvent rose et couvert de Lichens constituant un véritable filon. Les parties de la roche qui touchent ce quartz» se changent en porphyre quartzifère.
Nous descendîmes du côté d 'Arconsat (812)» traversant encore une vaste forêt de Sapins , marchant tantôt sur le
granité » tantAt sur le porphyre ; mais à Arconsat et ao-d^9- SQS du village, c'est le porphyre qui devient dominant ; on le retrouve à Chabreloche et jusqu'à la Bergère.
CHARRIER. — REDBVIS. ^ DUZEUER. — - LE THUEL. — - LAPLANTADE. — CHOSSiiRES. — LES ESTIVAUX. — CHAPELAS.
Au nord de la Bergère on trouve bientAt le village de Charrier (680)» et après avoir traversé une grande plaine» on arrive à la Pradelie ; mais dans ce trajet on a passé près de Pony (894)» et près d'une montagne allongée dont les deux extrémités atteignent 773 et 749 m.
Tout le terrain depuis la Bergère est en porphyre , mais on en rencontre une multitude de variétés, depuis un porphyre granitoïde passant presque à la pegmatite jusqu'à du porphyre ressemblant au phonolite. Un filon de quartz ( 170) S. -E. existe à la Pradelie.
Nous passâmes aux Trois-Lundis » chez Bessières (743)» et enfin à Redevis (838). En montant à ce dernier village» nous vtmes une masse de quartz blanc qui se rattache à un filon situé au delà du village» et à Redevis même il existe une grande quantité de blocs de quartz dispersés et dont plusieurs sont très-volumineux. Ils indiquent TaflOeurement d'un filon.
Eneiïet» ce filon descend au E.-O. de Redevis et se courbe ensuite à l'O. en passantdevant Roddier. Son affleurement est interrompu» maison le retrouve ensuite. En résumé » il décrit un arc de cercle très-régulier » représentant un filon d'abord droit qui aurait été brisé et recourbé par des commotions ultérieures.
CANTONS DE THIBRS , DB SAINT-REUY, etC. 401
Noas descendîmes de ià au moalin de Chalai et nous remontâmes à Dazelier, toujours sar porphyre. Nous allftmes ensuite à Piteiet(787). Mais avant d'arriver à ce village, nous montâmes sur un dôme (913), élevé, boisé et porphyrique. Nous prtmes alors un joli chemin tracé sur le flanc nord de cette montagne ; nous descendîmes dans une gorge sauvage du moulin des Biaux, et nous remontâmes à travers des bois et des rochers de porphyre jusqu'au Thuel (814) et à Philibin. Il n'y a qu'une très-petite distance de là à la Plantade, et au-dessus de ce hameau on remarque un filon de quartz situé dans le département de l'Allier, et qui pénètre par son extrémité S.-E. dans le département du Puy-de-Dôme. Une haute montagne (1022) existe audessus de Plantade, à la limite des deux départements. Elle est entièrement porphyrique. Ce porphyre s'altère facilement à sa surface , il blanchit ; mais cette altération ne se manifeste pas à l'intérieur. La surface blanche est souvent criblée de petites cavités dues à la disparution des cristaux de feldspath.
Les montagnes voisines , très-élevées , qui sont derrière Chossières (892), sont formées de ce même porphyre toujours très-caractérisé et à surfaces blanches et altérées.
Nous descendîmes à travers le bois, aux Estivaux (914); oous passâmes encore à Duzelier ; de là à la Muratte (875), puis à Fauvelle (759) et à Chapelas. Là existe aussi un filon de quartz, exploité pour la route, filon que l'on voit descendre du plateau supérieur.
Pendant tout ce trajet qui se fait sur porphyre , on distingue très-nettement le vaste d6me de Montoncelle , et les masses de porphyre (871) qui sont au-dessus de la Luiolle et des Homroades (800).
1 Sti
Nous desceDdimes de Chapelas par des plateaux ondulés, laissant la Pommerolle (649) à notre gauche , chez Choux (680) à notre droite. Nous passâmes près des Joannis et nous traversâmes la Tarrerie , toujours sur porphyre , pour arriver à la Bergère.
RICBARD-LA-CROIX. — LE PRADOUX. LES SAPIACX. —
M(HfT0NCELLE. LES CRÛS.
Une dernière course nous restait à faire à la Bergère. Elle était destinée au point ie plus élevé de la contrée , an puy de Montoncelle.
Au nord-est de la Bergère » on arrive sans quitter le porphyre f à Bichard-la-Croix , et immédiatement au-dessus de ce village , louchant les maisons , se trouve un beau filou de quartz exploité pour la route. Ce filon paraît être la continuation de celui de Chapelas , situé à un kilomètre audessus. De Bichard , on atteint le Pradoux (701) » et Ion voit le porphyre se modifier et passer au granité blanc ressemblant à la pegmatite. Ce granité existe encore à Bonjean et au-dessus , jusqu'auprès du dôme de Montoncelle.
Au-dessus de Bonjean et de la Pauze, s'élève une colline toute en quartz blanc.
Au sommet et des deux côtés de la masse centrale » on voit se prolonger l'alflenrement d'un énoi me filon, qui conserve la direction générale du quartz.
Tout à côté f nous remarquâmes un petit plateau (965) tout couvert de gros blocs arrondis , de granité blanc. Ce granité est friable comme s'il avait été fritte par une forte chaleur.
Lorsqu'on en a détaché quelques fragments avec la pioche»
CANTONS DE THIERS, DE SAIKT-REUY, etC. 403
on peut finir les échantillons avec les doigts , sans le secours da marteau.
Près de ces masses de granité , se trouve un hameau appelé les Sapiaux. Nous y passâmes et nous montâmes en face 9 par un chemin horrible et complètement raviné , pour atteindre des hauteurs (1053) dominées par Montoncelle. Noos y vîmes au milieu de ces granités blancs , plusieurs filons de porphyre N.-S. dont deux surtout très-volumineux et visibles de très-loin. L'un d'eux, par son principal affleurement t constitue une petite montagne.
Au-dessus de ces filons , on entre immédiatement dans la forêt y et bientôt après , on atteint un col gazonné et garni de Bruyères et de Myrtille , qui sépare le dôme de Montoncelle t d'une autre montagne située au nord et qui appartient à la commune de Ferrières » département de l'Allier. Cette montagne est porphyrique.
Nous rentrâmes quelque temps dans les Sapins , montant toujours et nous arrivâmes sur le sommet très-élargi de Montoncelle (1297, 1299, B.). C'est un dôme très-surbaissé, formé d'un porphyre rongefttre, bien caractérisé et dont les proportions sont très-uniformes. Quelques affleurements du porphyje sous le gazon n'altèrent en rien sa régularité.
Ce d6me s'élève comme un centre au milieu d'un cirque irrégulier. Il domine une vaste enceinte granitique , et semble par sa forme arrondie avoir été soulevé au milieu de montagnes préexistantes. On ne peut mieux comparer ce dôme qu'au puy de Sarcouy qui , dans la chaîne des Monts- Dômes, offre la même forme et la même régularité dans ses proportions. Les montagnes voisines sont en grande partie formées d'un granité blanc , à gros grains , ou d'un porphyre à larges cristaux.
404 TEARAIMS PRIMITIFS.
Le point de vue dont on joait au sommet de Montoocelte est des plus étendus. On a devant soi un horizon imroeose , qui d'un cAlé n'est limité que par les Alpes. Plus près l'on voit le Mont-Dore qui pendant longtemps conserve la neige et se dessine sur un ciel bleu. Le Cantal et la chaîne des monts Dômes, ne sont cachés par rien. I^ groupe du Mezenc et les cônes phonolitiqnes d'Yssingeaux , apparaissent encore à l'horizon.
Nous descendîmes à l'est de la montagne, à travers une forêt de Sapins, de Hêtres et d'Alisiers , et nous arrivâmes sur une pelouse épaisse que nous quittâmes bientôt pour atteindre , à travers les bois , deui montagnes de porphyre situées dans le département de la Loire.
En suivant la crête , nous arrivâmes encore sur nne autre montagne très-élevée , bien boisée, sur laquelle nous ne vimes absolument que du granité blanc. C'est la roche qu constitue tons les sommets situés au sud et au sud-est de Montoncelle.
Nous descendîmes par de très-mauvais chemins, au village des Cros , puis à la Pauze , oh déjà le granité paraît pénétré de porphyre , et enfin à la Chassaigne et â Richard , où le sol est très-nettement porphyrique.
DBPAETEUENT DE l'aLUEE. 405