CANTONS DE CLERMONT
phjre qaartzifère semble s'être glissé entre les deux terraios , bien qu'il soit certainement antérieur au sol tertiaire. On remarque des surfaces ferrugineuses au point de contact des deux roches.
Immédiatement vient une masse considérable de porphyre qnartzifère , lequel semble divisé en couches irrégolières qui auraient même des inclinaisons opposées.
Ce porphyre est fissuré et souvent divisé en petits parallélipipèdes , dont les surfaces de contact sont lisses y trèsunies et entre lesquelles se sont quelquefois glissés de petits fiions du même porphyre à grains plus fins ou même du quartz pur.
En plusieurs endroits , cette roche se décompose, au point de ressembler à du grès , ou à un granité terreux à grains fins ; mais malgré cette décomposition , ce porphyre conserve sa forme en fragments plus ou moins rectangulaires.
Ensuite vient le granité traversé par plusieurs petits filons du même porphyre qui s'y dessinent avec une netteté remarquable. Le granité est aussi parcouru dans tous les sens par de petites veines de fer hydroxydé.
La direction générale de ces filons de porphyre quartzifère, est du S.-O. au N.-E. Il est très-curieux d'étudier aux environs de Clermont et surtout dans la partie de cette route qui dépend de Ceyrat , de St-Genès , de Thède , de Sauizet 9 l'énorme quantité de filons qui traversent le granité et principalement dans la direction que nous avons citée , mais aussi dans plusieurs autres directions.
Il est évident que le granité qui est antérieur aux filons , a été fracturé , soulevé , disloqué par l'arrivée de tous ces filons de porphyre qui l'ont criblé, et qui ne se sont pas
toujours fait jour jusqu'à la surface ^ comme nous le verrons un peu plus loin.
Le filon représenté dans la figure 1 {page 174)» est du porphyre quartzifère non altéré, dans ce même porphyre plus ou moins décomposé que Ton voit sur la nouvelle route de Saulzet. Ce filon , aussi large dans le bas que dans le haut » présente de très-curieuses ramifications et démontre, de la manière 1a plus évidente, l'injection de cette roche dans le granité.
La figure 2 {page 174) offre encore quelques filons observés dans la même localité. Ces deux filons sont encaissés dans le granité à gros grains un peu décomposé.
L'un , tout en porphyre fragmentaire , a environ 60 centimètres de puissance à sa partie supérieure , et 1 mètre à sa base. Il est remarquable par la jonction d'un filon latéral qui n'a guère que 15 à 20 centimètres d'épaisseur, et dont les limites sont nettement tracées.
Le second filon , de 35 centimètres de puissance environ, non compris les salbandes, qui ont chacune environ 16 cen-> timètres , est encore du porphyre ; mais il a été coupé par un petit filon composé de quartz et de fer hydroxydé , ayant à peine 6 centimètres d'épaisseur, et qui a reporté à quelques centimètres plus loin le filon coupé.
Une autre observation intéressante sur ce filon est la présence de ces deux salbandes ferrugineuses, qui s'étendent à 16 centimètres de chaque côté. On y remarque le fer hydroxydé en petites plaques parallèles et superposées. Enfin , le granité à gros grains , au milieu duquel ces filons sont placés, semble lui-même remplir les mailles d*un large réseau dont le tissu serait aussi ferrugineux.
Un peu plus loin , et toujours l\ droite de la route , eo
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allant de Saaizet à Theix , on rencontre, dans le granité à gros grains , an filon d'environ 1 mètre de puissance , lequel est formé d'un granité à grains moyens et un peu décomposé. Ces deux roches, le filon et la roche encaissante (/îff. 3, page 174), sont elles-mêmes traversées par deux petits filons d'environ 5 centimètres d'épaisseur, de porphyre quartzifère, qui les coupe sans les déranger , ni les déplacer. On voit donc que , dans cette localité , le granité à grains moyens est plus moderne que l'autre , et que le porphyre ne s'est fait jour que postérieurement à la formation de ces granités , puisqu'il les coupe tous les deux.
On remarque sur quelques points des filons de porphyre, tel que celui de la figure 4 {page 174) , de 60 à 80 centimètres d'épaisseur, qui ont traversé le granité à gros grains , et en ont modifié les éléments , tandis que d'antres fois, et surtout quand les filons ont peu d'épaisseur, le contact n'a rien métamorphisé. Dans l'exemple que nous citons figure 4 , le granité est complètement modifié des deux cAtés du filon , et transformé en deux zones de protogyne qui servent de salbandes au filon. La zone de gauche confine à une bande de protogyne plus large , dans laquelle une infinité de lignes parallèles indiquent l'apparition du fer hydroxydé , puis au-delà , le granité reparait.
Il y a , comme on le voit , dans toutes ces roches beaucoup de fer, arrivé lors de la pénétration par d'autres roches. Sont-ce des sources qui ont profité des fractures et qui l'ont amené , ou bien existerait-il du fer d'épancbement plutonique?
La figure 5 [page 174) offre l'exemple très-curieux d'une masse de porphyre qui a pénétré le granité , mais qui nulle part ne s'est fait jour an dehors. On remarque , en
172 TEBRAINS PRIMITIFS.
dcQX oa trois endroits , des fentes par lesquelles l'action chimique oa la rubéfaction s'est propagée sur la roche environnante.
Cette masse de porphyre, dont l'épaisseur est d'environ 2 mètres, est entourée d'une zone d'un rouge sanguin, dans laquelle le fer est à l'état de tritozyde. A la partie supérieure de la masse porphyrique , mais en dessous de la zone rubéfiée existe un espace formé par une roche remplie de cavités f et qui parait être du porphyre scoriacé.
Il est impossible que la pénétration de ces masses de porphyre , souvent très-considérables , n'ait pas concouni è la dislocation et à l'élévation du sol.
En quelques parties de la route on remarque sur le granité (fig. 6, page 174), des zones concentriques ferrugineuses qui , du reste , se montrent souvent dans les roches primitives. Ces zones indiquent un mode particulier de pénétration , ou peutrétre de refroidissement , ou tout au moins de singulières actions moléculaires , car on peut observer dans quelques-unes de ces masses des zones ferrugineuses , et an milieu de celles-ci , des couches dans lesquelles le fer n'a pas pénétré. Les mêmes dessins se reproduisent sur des surfaces planes.
Le porphyre présente tout le long de la coupure de cette roule des faits très-instructifs. Nous avons vu {fig. 7, page 17i), un filon de 2 mètres, avec fer hydroxydé en dessous seulement , atteindre la surface du sol à travers le granité, et donner naissance , un peu au-dessous do sol, à un embranchement de 3 décimètres de puissance, qui se recourbe et descend dans Tintérieur de la roche granitique.
Ailleurs , un filon de porphyre très-large par en bas
CANTONS DE CLERHONT. 173
{fig. S f page 174), se rétrécit par en haut, et a soulevé et emporté dans son intérieur une masse de granité. Un autre filon beaucoup plus petit vient le rejoindre à la surface du sol, isolant ainsi d'autres masses de granité ; enfin , un filon également porphyrique vient couper le plus petit pour rejoindre le plus gros , et produit une légère déviation.
Ce n'est pas, du reste, le seul fait d'une enclave de granité que Ton puisse observer dans cette localité. On peut voir près de là {fig. 9, page 174) « une lentille de granité entièrement encaissée dans le porphyre , et trois autres masses qui s'allongent et entrent comme des coins dans le granité. Avec de tels exemples sous les yeux , on ne peut douter que les porphyres n'aient été très-liquides et qu'ils n'aient facilement pénétré le granité. Il semblerait, dans ces localités, que cette dernière roche aurait rempli les larges mailles d'un immense réseau de porphyre ; maj^ il est évident que la masse granitique est antérieure au porphyre qui s'est moulé dans ses fentes, et qui probablement les a aggrandies.
Nous avons encore dans la figure 10 {page 174), un autre exemple de granité recouvrant le porphyre. C'est une couche d'un mètre environ , que le porphyre a soulevée, sans pouvoir la percer. Dans d'autres localités , c'est au contraire le porphyre qui s*est épanché sur le granité.
Nous avons cité ces exemples à mesure que nous les avons observés , en suivant la coupure de la route. A droite et à gauche de cette route , on voit partout le granité traversé par des filons de porphyre. On en voit sur le chemin de Gravenoire à Thède , plusieurs filons qui ont percé le granité et où l'on distingue nettement la jonction des deux roches.
Tout autour de Thède (866), il existe un grand nombre
174 TERHAINS PRIMITIFS.
de monticules è croupes arrondies , qui ne sont autre chose que des amas de boules empilées. D'autres monticules sont entièrement formés de porphyres quarizifères , dont les masses, loin d'être arrondies, sont grossièrement prismatiques ou irrégulièrement cubiques. Ces porphyres varient beaucoup et passent très«-souvent au granité à petits grains ou même à l'amphibolite. Cette dernière roche, avec ses modifications , se présente aussi sous la forme de quelques boutons peu importants qui ont percé le sol sur plusieurs points.
Les environs deTheiz (754) et de Nadaillat (880), sont réellement criblés de porphyres, et comme cette roche se décompose moins que le granité , elle fait saillie. Il semble quelquefois que ces fiions se soient épanchés et aient formé des espèces de couches ou de dômes. Il serait impossible de noter sur une carte géologique , la multitude de filons ou d'amas de porphyre qui traversent ces granités. Ces derniers s'avancent jusqu'au village de Nadaillat, dont quelques maisons seulement sont construites sur cette roche , tandis que les autres sont sur basalte.
Très-près de Theiz , à droite de la route (fig. 1 1 , foge 174) » on a fait pour prendre du terrain , une lai^e coupure dans le sol granitique. Le terrain est un granité à gros grains, et il est traversé par deux filons de porphyre qnartzifère qui n'ont produit d'autre effet que de consolider la roche qui touche les filons.
Tout le granité de cette carrière est en décomposition , et en découvrant le sol, on a trouvé bon nombre de bonles dont les plus volumineuses ont un mètre et un mètre 20 de diamètre. Trop dures pour être cassées, elles restent sur le sol, et l'on en voit un certain nombre qui sont encore enchâssées
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dans l'arène oa granité décomposé. Elles semblent ^ ao premier abord 9 très-distinctes du granité par leur dureté; mais en les examinant soigneusement, on voit bientôt que les boules ne sont autre chose que les noyaux conservés de boules plus grosses dont on peut détacher des couches ou des écailles concentriques.
On reconnaît néanmoins que les boules préexistent dans les masses de granité , peut-être jusqu'à une grande pro* fondeur ; elles ne sont nullement le résultat de la décomposition de cette roche à Tair libre , mais l'eflet de forces attractives, comme nous l'avons déjà dit [page 91).
Presque partout , dans les environs de Theix et de Thède, on voit un grand nombre de ces boules {fig. 12, 13, page 174 )> les unes éparses et distinctes, les autres empilées. On trouve aussi des boules qui sont seulement à demi-enchâssées et qui plus tard deviendront libres, quand la décomposition des parties entourantes aura fait des progrès suffisants, comme on le voit dans la figure 12, à gauche.