LES ALENTOURS DE TAZANA
C'est au nord-est de Manzat que le terrain primitif offre le plus d'inlérét. Après avoir traversé le plateau basaltique du puy Fanghoux (705), on descend sur le bord de la Morge , que Ton passe sur un pont près duquel on retrouve le bord du terrain de porphyre vert. De là à Bergerolles . au VerHet , à Cibial (632) , ce sont les mêmes porphyres fragmentaires que l'on retrouve aussi à Vacherat , et que l'on perd en descendant à Montoule ; là on retrouve le granité , mais si souvent pénétré de porphyre, que l'on est embarrassé de désigner ce terrain. On monte aux Deniers, puis on arrive à Charbonnières-les-Vieilles (625), commune presque entièrement bâtie sur le porphyre ; en peu d'instants on est aux Incas (643) , village construit* en partie sur un Glon de porphyre , puis on descend au Petoux et l'on retrouve le porphyre vert. On remonte à Puy-Gilbert bâti entre deux dômes (640 et 629) de ce même porphyre , et Ion arrive aux Issalines (652), aux Maieaux et Ton regagne Charbon-
nières.
Dans tout ce trajet on rencontre une multitude de 6Ions
de porphyre rose à grands cristaux de feldspath, ayante peu près tous la même direction. Nous avons cité les principaux de ces Clons, mais il est impossible d'indiquer tous ceux que l'on rencontre. On peut cependant presque toujours les rattacher an moyen des alignements , car leur direction NNE. SSO. est généralement constante.
CANTON DE MANZAT. 197
Le gour de Tazana , cratère d'explosion au milieu des porphyres, a ses bords en partie formés par cette roche » ei de leurs sommets (700), on voit on grand nombre de filons qui traversent la contrée en saillie ; ainsi se présentent ceux qui avoisinent Charbonnières et Joinsalte. On suit ces filons au village de Tazana ; ils forment la digue (639) du petit lac. On les retrouve à Rochegude, et à la Caussedière, à Tronchevant (607, 612) et à Croiset, où le filon coupe le chemin, disparait sous la lave de Chalard et ressort du côté opposé (686). C'est sans doute aussi un des filons du gour de Tazana qui passe sous le volcan de Chalard et reparait à la roche Thouzet.
VITRAC. QUEUILLE.
Le granité s'étend aussi à l'ouest de Manzat. On le voit à Champs et aux Barrats, très-près d'un grand plateau basaltique, ainsi qu'au Cante et aux Sardières. De Champs on descend une colline toute granitique ; on passe près d'un misérable moulinet l'on arrive à Montebuisson (688j, grand village toujours sur le granité; un peu plus loin, à la Vauzaine, le granité est décomposé , il existe des argiles primaires que l'on traverse pour arriver à Vitrac (744) , chef-lieu de commune, à l'ouest duquel sort un filon de porphyre à grands cristaux. Partout aux environs on voit des dômes de granité très-élargis. Nous avons vu ces dômes couverts de magnifiques moissons de seigle. Surquelques points, cesmoissons ressemblaient h une mer aux vagues immenses , molles et arrondies. On ne voyait que le ciel et les moissons.
On n'est plus qu'à une pclite distance de Queuille , village pittoresque dont l'église ruinée est située sur une crête de porphyre ou peut-être de granité. Il semble qu'on énorme filon de roche dure , morcelé par le temps et les eaux , soit
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resté comme un témoignage de ces lentes destructions qae la nature opère» à la suite des siècles. Ce sont des roches décharnées , découpées , dont la série dentelée se prolonge jusque sur les bords delà rivière {fig. 15, page 198).
Queuille, Queillette (730), Bouchetel (710), sont bâtis sur cette même roche et le chemin traverse de grands plateaux (735, 730, 763) pour conduire à Ville-Vieille ; avant d*ar* river à cette localité le plateau est porphyrique.
CHATEAUNEDF. — AYAT. — CHATELCS. LISSEUIL. LES
BRETONNES. LES SIMONETS.
A l'une des extrémités du canton de Hanzat, au fond d'une profonde vallée , se trouve le village de Châteauneuf* Des eaux minérales situées le long de la Sioule ont déterminé la construction de plusieurs hôtels» etChàteauneuf peut devenir le centre d'excursions dans les cantons de Saint- Gervais, de Menât et deManzat.
Le granité est la roche dominante de la vallée , mais ce granité a été percé par de grandes masses de porphyres qui ont forcé la rivière à divers détours. On voit, en efTet, au sud de Chàteauneuf une presqu'île toute en porphyres, autour de laquelle tourne la Sioule avant de s'enfuir vers le nord.
En voyant à Ch&teauneuf la liaison de ces terrains avec les granités , on doit supposer qu'il existe quelques con^ nexions entre l'apparition de ces porphyres et celle des eaux minérales. Ces dernières pourraient bien n'être qu'une conséquence de l'apparition des premiers.
En sortant de ChAteauneuf ( 505) , on suit au nord* le cours de la Sioule sur sa rive gauche ; on passe au Coin et à la Nioche (620) (hameaux), et suivant un chemin en xig-
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CAinrON DE MANZAT. 199
zag« taillé dans le porphyre, on s'élève vers le village d'Ayat. La roche que Ton rencontre pourrait passer pour un porphyre, mais on peut aussi la considérer minéralogiquement comme un granité. Elle contient beaucoup de quartz et surtout beaucoup de mica noir. Quand (on descend vers la Sioule , on la voit perdre son mica , devenir plus compacte et se changer en porphyre. Si, au contraire, on examine cette roche près des micaschistes qui bordent la Sioule un peu plus loin, elle se transforme peu à peu en roche schisteuse. On ne peut nier toutefois que, sous forme de porphyre ou de granité , ce ne soit une roche éruptive postérieure aux micaschistes.
Au delà d*Âyat, en continuant de marcher dans le canton de Saint-Gervais, on ne trouve plus que des micaschistes quelquefois un peu altérés, d'autres fois durcis par du quartz et contenant des veines et de petits flions de cette substance. Ce quartz, blanc ou gris, est assez souvent pénétré de tourmaline noire en très-petits cristaux aciculaires.
On rencontre autour du village de Champeiroux des dames surbaissés de micaschiste ( 547 ) dont la topographie est très-bien indiquée sur la carte. Ces dômes sont très-réguliers et se reproduisent souvent dans le canton deSaint-Gervais. Ils sont uniquement formés de micaschiste. Leurs pentes sont très-douces ; on en voit un autre absolument de même nature, au-dessus du village de Longeserre.
Nous descendîmes ensuite vers la rivière , marchant toujours sur le micaschiste pénétré de quartz et nous arrivâmes à Chàtelus (383 ), petit hameau sur le bord de la Sioule. La vue est très-belle en descendant à ce village. La Sioule est encaissée ; on voit les micaschistes dénudés , corrodés , et Ton aperçoit dans le fond , sur la rive opposée , la petite
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commune de Lisseuil et quelques parcelles de prairies conquises à la fois sur les eaui et sur les éboulements.
Un sentier à peine tracé nous conduisit sans quitter la rive gauche de la rivière au village des Bretonnes. Là le porphyre sort du micaschiste, prend divers aspects, ressemblant même à du basalte et forme saillie au-dessus de la roche encaissante.
Prenant alors à gauche un chemin assez rapide , nous remontâmes versBIot, puis auTreil, aux Suchets, aux Simonets et aux Huniers. Partout uniformité complète , même terrain et même végétation. Au-dessus des Buniers, on voit encore deux dômes très-marqués, dont l'un très-\oisin de Beaumont, montre les traces d'un ancien édifice sur son point culminant qui est de 719 m. Tous deux sont encore en micaschiste , ainsi que les villages de Grandmont , les Vergnioux, lesBoissis, où nous terminâmes ce jour-là notre exploration.
LACUAUX. — VIGNOLS. — THEILLOT. — SAIMTE-LINGE.