‹ Les époques géologiques de l'AuvergneChapitre 68 sur 115 · SAINT-PRIEST ET SES ENVIRONS. SA URET- RESSERVE · texte numérisé non relu

SAINT-PRIEST ET SES ENVIRONS. SA URET- RESSERVE

Après avoir passé entre Chabassières et les Rochettes* en venant de Satnt-Gervais , on descend aa moolin de Ballot de Randans. Le paysage est sauvage , la vallée est profonde, entourée de granités escarpés. On remonte et Ton descend de nouveau , toujours sur le même terrain , pour passer la petite rivière de Saint-Priest-des-Champs. On passe à Vernadet (660) , à Laval, et tout près de là se trouve la bande houillère au milieu des granités.

Saint-Priest est un grand village (667), bflti sur le granité, qui eiiste dans tous ses environs. A Teilhet, on voit les grès houillers jusqu'aui premières maisons du village. Nous montâmes à Nouailhat (670) , à Pradt , au fioulard ^674) et nous nous arrêtâmes à la Roche (677) pour admirer ses masses de granité et ses beaux tilleuls.

Nous passâmes à la Rasade , chez Saby (667) , à Corouit (648), à Grandsaigne (666) , toujours à une petite distance du terrain houiller. Les Barres sont un peu plus au sud, et au-dessus de ce village on voit un peu de porphyre, mais au delà, le granité reprend son uniformité ordinaire. Nou$ montâmes à TEbaupin (680 ) , puis nous redescendîmes pour traverser le terrain houiller sur les limites du canton de Saint-Genais et de Pontaumur. Ce terrain est peu développé en cet endroit et presque recouvert de débris. Nous remontâmes du c6té opposé à laChomette(651),au Bladeix (667), aux Garrachons et à Beaufefsous (672).

Près de là , à Buiïevent , se trouvent plusieurs sources d*cau minérale, près desquelles on arrive après avoir fait le tour d*un dôme de granité dont les flancs sont escarpés.

Après avoir visité ces eaux , noos remoDtflmes à la Barge. Entre ce village et Saint-Priest , on voit beaucoup de fragmentsde porphyre dont nous ne pûmes découvrir l'origine.

De là , nous descendîmes à l'est de Saint-Priest, dans un profond ravin où coule la petite rivière de Chalamont qui va se jeter dans la Sioule. On voit sur les pentes de ce raviu de nombreux escarpements de granité ; c'est une véritable cassure du sol» comme celle où coule la Sioule. Nous passâmes la rivière sur un petit pont de bois » et remontâmes immédiatement par un chemin en zig-zag , tracé au milieu des gneiss (670). Nous atteignîmes ainsi la Siouve , petit village bâti sur le plateau. Nous suivîmes encore un grand plateau de ce granité uniforme qui constitue tous les environs de Saint-Gervais et nous arrivâmes à Besserve (642) , pauvre village où il reste encore quelques maisons et les ruines d'une église , ombragée par de magnifiques Tilleuls.

La vue s'étend très-loin de ce rocher de Besserve. La Sioule coule rapidement au pied , et les découpures formées par ses sinuosités se déroulent au loin comme ses escarpements et ses précipices.

Nous regagnâmes Saint-Priest , après avoir traversé , non sans peine , cette profonde vallée pour remonter par un chemin rapide au village de Cluzel (657) ; de là à Saint- Priest , nous n'avions plus qu'à suivre un plateau de granité , assez large en certains endroits, et dont les eaux avaient festonné les bot ds par leur lente et incessante érosion.

Nous couchâmes à Saint-Priest , et le lendemain , dès le matin , nous gagnâmes les sources de fiulTevent. Au-delà , nous montâmes sur un grand plateau tout couvert de Genêts, de Bouleaux , de Houx et de Genévriers. Nous laissâmes à gauche le village de Montpied et nous atteignîmes celui de

234 TKRRAINS PRIMITIFS.

Villemaine (657). On reconnaît qu'à partir de ce dernier village, en se dirigeant vers le sud, le granité devient feuilleté et passe quelquefois au gneiss. Cette dernière roche s'étend au sud et forme une pointe qui avance au nord au miliea des granités. Déjà, au moulin de Jouhet, on retrouve ce granité bien caractérisé » et la même roche existe en montant au Carton , à la Mazière et à Lacost (654).

Nous arrivâmes encore à Sainl-Priest, mais nous en repartîmes de suite » pour aller , en traversant la vallée de Chalamont et en passant par la Siouve, au village de Sauret.

De là , nous passâmes à Nirmont, petit village situé dans un creux , et continuant à marcher toujours sur le granité , nous rentrâmes à Saint-Gervais que nous avions quitté la veille.

SAINT-PAEDOUX. SAUfT-QCENTlN. — HARCiLLAT.

POCZOL. — SAINT-GAL.

La route qui conduit de Combronde à Saint-Pardoux est souvent tracée sur le porphyre. Le village de Saint-Pardoax ainsi que Thôtel de la Poste où nous couchâmes sont bAtis sur le même terrain.

En se dirigeant vers le nord » le porphyre cesse bientôt ; on entre sur les gneiss, mais au-dessus d'Isserteaux, on voit une crête de porphyre (605) en masse, qui, de loin, ressemble è du basalte. C'est une belle roche à cristaux de feldspath très-nets , à pâte grise ou jaunâtre , très-caractérisée et tendant à se décomposer. On descend ensuite une petite vallée creusée dans le gneiss, et Ton arrive à la Fosse dont le gneiss a été percé au-dessus et au-dessous du village par des porphyres que l'on retrouve encore près du village de Matbat.

Aa-dessas de ce village existe nne vieille toar ruinée, située sar le bord d'un plateau (525), et de là on voit encore un long filon de porphyre qui descend et traverse la vallée » tandis que dans le bas de cette même vallée on aperçoit un afflenrement de quartz blanc.

Près de Mathat, existe encore un large filon de porphyre qui se dirige vers le nord , passe au sommet d'un monticule boisé (5 16) qui domine les Poux et continue très-loin dans la même direction jusqu'au-delà de Borgeards. Au-dessus du Poux 9 ce porphyre admet aussi du quartz, et avant d'arriver à ce village du Poux , on aperçoit i gauche / d'autres filons dont l'un , très-saillant et un peu courbé , se présente en saillie qui le distingue de loin. Il est vrai que beaucoup de ces filons qui nous paraissent distincts, ne sont que les prolongements d'autres filons dont nous avons perdu la trace, soit parce qu'ils sont peu apparents , soit parce que la végétation les cache. Le porphyre ayant pénétré et criblé tous les gneiss et les micaschistes du canton de Menât , nous n'avons pu reconnaître et tracer que les masses les plus importantes.

Après avoir traversé le village des Borgheards , nous primes à droite pour gagner Vialleix , village construit sur les micaschistes, et de là nous descendîmes à Lamothe, où nous rencontrâmes une jolie petite vallée couverte de prairies horizontales sur un fond d'alluvion. Lamothe est encore sur terrain primitif, ainsi que les Naines et Lacombe-Martin , et ce terrain se prolonge jusqu'auprès de ChAteau-Jalouz. On est alors sur le bord méridional du bassin d'Ebreuil , rempli par les argiles sableuses recouvertes de calcaire concrétionné. Nous remontâmes les bords du bassin d'Ebreuil pour rentrer à Saint-Pardoux ; nous passâmes au village de Saint-Quentin qui est sur terrain tertiaire , mais le chA-

teau est sur le micaschiste , et la route, nouvellement taillée (année 1855), qui y conduit, permet d'étudier facilement jusqu'aux moindres variétés de la roche. Les Montillons , le Darot, les Gabots, la Rodde, Salpaleine se trouvent aussi sur le même terrain. Il en est de même de Marcillat. On a rencontré dans ces micaschistes, comme dans ceux de ThAtel de la Poste, des minerais de fer hydraté qui paraissent rontemporains de la roche primitive et qui sont dus , peut-être , è des eaux minérales qui les ont traversés à cette époque reculée.

De Marcillat nous passâmes au Garriots.

Un peu avant d'entrer aux Picards , on voit sur le chemio un petit mamelon entièrement pénétré de quartz que l'on exploite pour la route ; les fouilles nous permirent de remarquer des veines de silice anostomosées dont les mailles sont remplies par la roche primitive. Ces veines de quartz sont très- fréquentes dans tous ces micaschistes ; il existe même des localités telles que les environs de St-Quentin , du Darrot , etc. , où le sol est entièrement recouvert de débris de quartz , et ces mêmes débris dominent dans les argiles sableuses adossées à ces terrains primitifs.

Au nord-ouest de St-Pardoux, ce sont toujours les mêmes terrains. En quittant ThAtel, et prenant cette direction N.-O., nous passâmes aux Nioux, village bâti sur micaschiste , mais dont les deux parties sont séparées par une vallée et un point de porphyre.

Au-delà des Nioux, sur un dôme de porphyre assez élevé (641), on aperçoit un filon de quartz blanc, qui u*est probablement qu'une continuation du grand filon qui passe derrière l'hôtel de St-Pardoux.

Tous les villages situés dans cette direction , sont bâtis

HQT micaschiste; tels sont les Labbes (637), Mâchai, la Chaux (4-96), Chanvier, villages entourés de plusieurs dômes, tous de même nature. Au-dessous des dômes qui sont au S.-E. de la Chaux , on remarque , au-dessus des bois, des roches noires et très-escarpées, qui appartiennent encore aux gneiss et aux micaschistes. Le village de Pouzol est bâti sur le bord d'une grande masse de porphyre, et l'on retrouve le même aux Margeridons et même au-delà, car il constitue seul, 60 cet endroit , une colline assez importante. Le porphyre domine encore à la Bussière , mais près de Bonneuil , on ▼oit les argiles primaires^ résultant sans doute de la décomposition des gneiss , des micaschistes et des porphyres, et contenant de nombreux fragments de quartz. Les Frichonnaux (568) , Machelon (592) , Laborde , La Paye , sont toujours sur le même terrain. On descend à ce dernier village par un chemin assez rapide, et Ton a devant soi les magnifiques escarpements de la Sioule. Le département de TAIIier est, dans cette partie, fortement accidenté. On a en face, de profonds ravins et la pittoresque cassure dans laquelle la Sioule roule ses eaux.

A peine a-t-on passé la Paye, pour se diriger vers Brives, que Ton traverse une masse de porphyre, qui descend de plus haut et qui s'abaisse vers la Sioule. Brives (598) et le

Vivier (430), sont sur micaschiste; mais oa commence i ren-

contrer ç& et là des amas de cailloux roulés, autrefois déposés par la Sioule. On retrouve des argiles rouges, de formation locale, et Ton arrive à St-Gal (364), commune bâtie près des bords de la Sioule, au pied de collines, qui dans les temps d'orage répandent sur le sol de véritables torrents de boue et de débris.

238 TERRAINS PRIIIITIFS.

MENAT. — SERVANT. — MOUREUILLE. — DCRMIGNAT. — -

PONT-DE-MENAT.

De Saint-Pardoux à Menât on traverse des porphyres et des gneiss, et c'est ao miliea de cette dernière roche « bien caractérisée , que l*on descend dans la vallée de la Sioole. Le paysage est admirable; les ruines de Château-Rocher sont encore debout sur un cap de gneiss qui s'avance dans la vallée, et l'on aperçoit, dans le fond , quelques prairies et le pont que Ton traverse pour passer la Sioule et pour entrer immédiatement dans une de ses vallées latérales.

Menât est bâti sur un lignite feuilleté que nous étudierons plus loin , au milieu d'un petit bassin tertiaire dont les bords sont en gneiss et en micaschiste. Ce sont les deux roches dominantes des environs de Menât , et elles passent très-facilement de Tune k l'autre.

En sortant de Menât , à l'est , on monte , par un chemin très-escarpé , au hameau de ChAtelut qui est sur le gneiss , mais le village qui touche au hameau est bâti sur un beau porphyre très-répandu dans les environs. Ce porphyre est en grandes masses , et l'on trouve partout , à la surface du terrain, des blocs détachés où l'on voit la coupe de grands cristaux de feldspath. Il constitue un grand massif non interrompu. Nous l'avons suivi aux Cros, aux Capitaux (530), au Mas, chez Curados (555), à la Jozelle (505) ; il constitoe partout des monticules.

Après avoir traversé un ruisseau , nous arrivâmes ao Crozet , et sur le chemin même nous rencontrâmes un filon de porphyre noir , assez commun dans les environs et qui , par*

fois, se délite en boules comme le basalte. Nous avions déjà trouvé, çè et là , de ces boules et de nombreux fragments de ce porphyre. Cette roche est tout à fait semblable à celle que nous avons rencontrée dans l'arrondissement de Thiers. près de la Celle , canton de Saint-Remy ; en se dirigeant vers les Bournats et Préglunard, on trouve , çà et là « des filons de ce porphyre noir. Ces villages sont tous sur porphyre ainsi que la Coutière (490) , Champommier » Preix (488), la Crèche (436) * chez Mauzat » les Moignons , les Bardots (556). En sortant » à droite de ce dernier village , et avant de rencontrer le ruisseau qui sépare les départements du Puy-de-DAme et de TÂlIier^ on voit le micaschiste bien caractérisé , et sauf quelques boutons dispersés et quelques filons peu apparents de ce porphyre , on marche sur le micaschiste dans toute la partie nord du canton qui confine aux communes de Nades et d'Echassières.

Nous suivîmes longtemps un chemin qui monte vers cette dernière commune et qui conduit sur un sommet oii le porphyre» mêlé de quartz , fait faillie.

Montignac , les Penots » la Barraque (630) sont toujours sor le micaschiste. On voit « de temps en temps , de petits amas d'argile rouge , très-irréguliers , qui résultent de la décomposition des roches primitives. Le porphyre se montre en-dessous des Penots , aux Georges et aux Granges-Hautes et l'on arrive à Servant. Ce village est situé sur une éminence de porphyre. La même roche existe aux hameaux et villages de Chez-Fayard Ja Chalousi, Fontabourniou , etc.

On rentre sur le micaschiste à la Cassière, et pour revenir à Menât , on traverse des dômes très-réguliers de cette dernière roche , très-faciles à distinguer des dêmes de porphyre en ce que ces derniers ne sont pas entièrement

2i0 TCRRA1NS PRIMITIFS.

cultivés et présentent des amas de blocs sor leors Oancs oa au sommet.

Le hameau des Arbres est encore sur le micaschiste ainsi que celui de Malmouche. Il semble qu'ici le porphyre ail essayé de percer , et sur le flanc de la montagne on trouve une sorte de conglomérat qui rappelle la pépérite basaltique. Serait-ce un tuf du porphyre comme la pépérite est un tufdo basalte? On remarque dans cette roche un porphyre décomposé» jaunâtre et des fragments de gneiss à mica uoir ou très-foncé.

Un peu plus bas , très-près de Menât et sur le bord de la grande route , touchant au dépôt du lignite schisteui , il eiiste un conglomérat semblable à celui de Malmouche. C'est un mélange de fragments de roches plus ou moins cimentés qui plonge sous le lignite et dont nous parlerons encore au sujet des lignites. On le voit près du pont aux Chometas reposer sur le gneiss et descendre sous le lignite. En face de Chftteau-Gaillard on en voit aussi un amas considérable , dans lequel on remarque des veines onduleuses de lignite schisteux , fait qui indique qu'à cette époque , le schiste essayait de se déposer.

Il est bien probable que ce dépAt ou conglomérat de roches primitives occupait un plus grand espace et se rattachait à celui de Malmouche. Tout porte à croire qu'il en existe encore autour de Menât des lambeaux qui nous auront échappé. L'ensemble a été raviné comme la plupart des conglomérats anciens qui ont disparu ou qui ont été remaniés par les eaux. Ces dernières considérations nous ont déterminé à regarder cette roche comme appartenant au terrain tertiaire inférieur, et à l'indiquer sur la carte par la nuance jaune des argiles sableuses.

CAKTONS DE SAIKT-GERVAIS ET DE MENAT. 241

Nous avions encore à parcourir une certaine étendue au nord de Menât. Noos montâmes aux Deui-Forts , puis au Qaériot (584) , à la Baraque Brûlée , toujours sur gneiss , passant au micaschiste. On rencontre sur tous ces points» des argiles rouges» faites sur place» par la décomposition des roches primitives. Il en existe sur tous les plateaux des environs. Nous visitâmes les villages de Moulis» des Gâtons (574)» de la Lubière (537)» toujours sur le même terrain. Près de ce dernier village» une pointe de porphyre et de quartz» fait saillie. De grands plateaux» couverts de Bruyères (590)» sont situés près de Moureuille (570), chef-lieu de commune» formé seulement de quelques maisons ; on voit le même terrain àMontassaut, àDurmignat (477)» aux Berthons» au Grandelier» au Tabouret» en se rapprochant de Menât.

On ne peut quitter Menât» sans aller visiter près du pont » la vallée sauvage par laquelle la Sioule s'échappe du bassin, où CCS roches primitives retenaient ses eaux . Il existait en effet» dans cette profonde vallée» un lac dont le barrage était effectué par cette grande masse de porphyre» dont nous avons déjà parlé.

Il est remarquable que la rivière» au lieu de contourner ce massif de porphyre» Tait coupé en un point oii la roche est extrêmement dure. C'est cependant ce qui a eu lieu et ce qui a été probablement déterminé par une cassure ou une secousse de tremblement de terre. Â peine est-on entré dans cette vallée» que Ton voit le porphyre en grandes masses entassées» et plus loin des gneiss passant au granité simulent des tours et des ruines imposantes» comme on peut le voir dans les fig. 1 8 et 1 9» page 241 . On passe à Champeaux, puis

00 remonte an roiliea de blocs de rochers, et suivant toujours le cours sinueux de la Sioule, on arrive à St-Gal, d'où l'on peut rentrer à Menât par un chemin passable, qui vient rejoindre la grande route près de Pouzol.

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