‹ Les époques géologiques de l'AuvergneChapitre 97 sur 115 · ISSOIRE. — COUDES. — SAINT-YVOINE · texte numérisé non relu

ISSOIRE. — COUDES. — SAINT-YVOINE

Lorsque Ton va de GlermoDt à Issoire» on rencontre partout les terrains tertiaires et les alluvions. Mais en suivant le bord de l'Allier à partir de la station de Yic-Ie-Comte « on reconnaît que sur quelques points, comme à FontcrépOD (505) et au-dessous de la Molière, des pointes de granité (605, 621) sufGsamment élevées, sortent des calcaires, tandis que la même roche située beaucoup plus bas accuse de puissantes érosionsde la part de TAllier et de ses affluents, car partout le granité est entouré de calcaires on d'argiles sableuses.

Il est remarquable que TAIIier soit venu précisément creuser son lit dans le terrain primitif, vers un point assex élevé et au milieu de roches dures, au lieu de se détourner et de dénuder le terrain tertiaire, beaucoup plus meuble. Il faut qu'il ait été sollicité par une fracture dans ce terrain cristallisé , tout pénétré de filons de porphyre ; en eflet, ce granité fait saillie et semble avoir barré autrefois le cours de l'Allier. Il atteint à Four-la-Brouque, sa plus grande élévation sur ce point (610j, et se trouve traversé par de nombreni filons de porphyre avec cristaux de quartz et de feldspath ou

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par des fiions d'earite qui ne sont antre chose qae la pAte dn porphyre. On y trouve aussi des fiions de baryte sulfatée, et tous ces accidents do sol sont à peu près N.-S. ou quelquefois N.-E. S.-O.

Ce porphyre passe aussi au quartz et aux pétrosilez. C'est sur un de ces fiions qu'est bâti le village de Saint-Yvoinc (480), et dans ce même filon coupé par la rivière et par le chemin de fer se trouvent des cristaux de feldspath rose d*une admirable netteté. En face, sur la rive gauche de rAllier^ on voit un des plus remarquables de ces filons au-dessus do Maïdas (village, 540); il se prolonge au nord, va former le sommet d'un monticule, et plus loin encore (576), se rattache à d*autres filons analogues qui existent dans le canton de Vic-le-Comte. Un autre descend de Four-Ia-Brouque et croise on plus petit filon. Il serait impossible d'examiner toutes les crêtes de porphyre qui existent dans cette localité et dont bon nombre ont été mises à découvert par la tranchée du chemin de fer.

Le granité est aussi à découvert à Coudes , au point de jonction de la Couse et de l'Allier , avant d'entrer dans les gorges de Saint- Yvoine. De Coudes à Issoire , il n'est recouvert accidentellement que par des lambeaux de terrain d'alluvion, et c'est au milieu de ces terrains qu'il se prolonge jusqu'à Issoire. LA, au terroir des Chapelles, il prend parfois du talc , il se charge de fer peroxyde et constitue cette protogyne rougeAtre que M. Bouillet et moi avons décrite. {Vues et Coupes géolog. du Puy-de-Dôme ^ p. 93) et qui n'est qu'un accident du granité. A Test d'Issoire, les gneiss et les granités reparaissent dans le canton de Sauxillanges dont nous avons parlé et se maintiennent A l'altitude de 500 A 700 mètres. Ce sont des gneiss blancs ou roses qui , au-

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dessus lie Baosat , an sud-est d'Issoire , coostitoeiit arec da poq)hyre » les divers sommets boisés da paj de Badoolio (662) ; on y voit aussi plusieurs indices d'un filon de quartZy dont les fragments» épars sur le sol, renferment asseï souvent de la tourmalioe aciculaire.

DeSaint-Yvoineon peut descendre sur les bords de TAIlierpar un sentier rapide» taillé dans le roc. Tout près du bord de Teau» on exploite le granité que Ton taille assez facilement. On observe dans ces granités des masses assez vo* lumineuses de mica très-fin. Plusieurs de ces masses égalent le volume de la tête d*uu homme.

De Charpentier cite , dans le granité des Pyrénées » de petites masses de roche micacée » tout à fait semblables à celles que nous trouvons en Auvergne. Ces masses présentent « comme les nôtres » une forme irrégulière » arrondie et même anguleuse ; leur volume varie depuis quelques pouces jusqu'à plusieurs pieds cubes.

JUMEAUX. — SAINT-JEAlf.

Tout autour de Jumeaux» excepté à Fouest , on rencontre le terrain primitif qui forme le bord du bassin houiller. C'est un pays très-accidenté» à vallées fréquentes et parfois arides» et dont les sommets atteignent ou dépassent à peine 700 m. An sud-ouest de Jumeaux » à Serlande (734)» on monte sur le gneiss qui passe quelquefois au granité et d'autres fois an micaschiste ; mais un peu avant Serlande » on voit un certain nombre de filons qui ont été fouillés pour en extraire du sulfate de baryte mélangé à un peu de quartz et contenant aussi quelquefois un peu de galène.

De Serlande à Saint-Jean (462) » misérable village du

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canton de Jumeaux , bAti sur un rocher , on suit un chemin très-escarpé et très-pittoresque. On n'y voit que des gneiss , souvent très-contournés et passant assez fréquemment au stéaschiste comme ceux de Pontgibaud. Dans les environs, àChambeyraty la Prunaire (672), Farigolles (692), la Vialle , Vieille-Prade » Gourdine (571) » ce sont toujours des gneiss » mais fréquemment traversés par des veines de quartz très-riche en tourmaline. Ce gneiss forme des dames assez réguliers » de hauteurs diflërentes (623 , 650), et de grands escarpements rendent les vallées très-pittoresques. Ils sont quartzifères sur quelques points qui font toujours saillie , et au premier abord on les prendrait pour des porphyres f mais on y remarque toujours la structure schisteuse.

LEMPDES. MA€RIAT. CHAHBONMIER. APCHAT.

ACGNAT. — SAINT-GEBVAZY. — SAIMT-HÉHENT.

Le terrain primitif a été mis a nu , près de Lempdes, par les eaux souvent torrentielles de TÂlIagnon. On peut, en remontant cette rivière , étudier les nombreuses variétés de gneiss et de granité qui ont été mis à découvert par les tranchées de la route et du chemin de fer de Massiac.

A Lempdes, on voit près du pont, dans le lit de l'ÂlIagnon , des gneiss corrodés par Tean et qui présentent des excavations bizarres et très-curieuses , mais il faut que les eaux soient très-basses.

Le village de Charbonnier est en partie bâti sur le terrain primitif et ce terrain sert d'appui au terrain houiller« c'est un micaschiste qui souvent passe à une sorte de protogyne ou de stéaschiste en contact avec le grès houiller.

Autour de Lempdes et aux environs de Mauriat , canton

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de Saint-Germain-Lembron, le sol est formé par le gneiss; mais sur plusieurs points on aperçoit de petites crêtes de granité et de porphyre, et il y a constamment tendance à ces petites éruptions à travers le gneiss.

Le porphyre passe même au quartz plus on moins ferrogineuz , en sorte que le sol est parsemé de petits tlots de granité et de fiions de porphyre.

Les mêmes faits se retrouvent sur le département de la Haate-Loire , dans le canton de Blesle et dans le canton d*Ardes , autour d'Âpchat. Cette commune elle-même est sur un gneiss qui passe à plusieurs sortes de roches et trèscurieux par ses variétés de structure et de couleur.

De grands filons de porphyre (846, 744, 764) ont percé les gneiss d'Apchat et se montrent partout. D'Apchat à Perpezat » on traverse un terrain d'argiles rouges qui continue jusque auprès de Saghat (674) « village où Ton trouve de belles masses de granité , lesquelles ont probablement percé les gneiss pour sortir.

De Saghat à Chazelles on marche sur des gneiss , puis à Ghazelles on remarque un filon de porphyre qui vient passer tout à cAté des maisons et qui continue sa marche en ligne droite N.-S. ; près de là sont encore de petites buttes de gratuite éruptif (696) couvertes de Pins.

Nous traversâmes , au nord de Saghat , un grand plateaa basaltique et nous arrivâmes sur la route d'Ardes et au village d'Augnat qui est aussi traversé par des filons de porphyre. De là , le gneiss se prolonge à l'est d'Augnat jusqu'à Unssac (749) et à Saint-Gervazy. C'est un gneiss souvent très-bien veiné , et traversé par des tlots et des filons de granité et aussi par de nombreux filons de porphyre.

Près de Unssac , il y a aussi des micaschistes à mica noir

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très- brillant. A Saint- Gervazy, quelques maisons sont bftties sur les argiles sableuses de la base du puy de Montcelet.

Au nord d'Augnat, après avoir marché longtemps sur des argiles sableuses, on arrive à Bard où existe une source minérale. En approchant du hameaUi on voit percer le granité sur un monticule , et à Bard même on voit le gneiss se dégager aussi des argiles et former la base des montagnes voisines. Il est facile de constater que ce sont des lavages qui ont dénudé ces gneiss.

Nous remarquâmes près de Bard deux petits affleurements de porphyre (585) qui perçaient les gneiss. En montant ensuite de petits coteaux , nous atteignîmes Charmais-Bas , toujours sur le gneiss , passant souvent au granité. Ce gneiss forme la base du puy de Lavoiron , ainsi que plusieurs monticules qui en sont voisins.

Ce même terrain existe encore à Saint-Hérent , à Yideau, à Marcoux , la Croix, à Farge , à Souillie et s'arrête à Charmais-Haut (634). A Videau, il existe des filons qui semblent porphyriques, et Saint-Hérent se trouve aussi traversé par des roches pénétrées de quartz , roches dont il est difficile de déterminer la nature.

AEDES ET ENVIRONS. llf ADRIAT. — ZANIÈRES. PRADEIZ.

HAILLARGUES.

Le canton d'Ardes est sans contredit un des plus curieux du département et la petite ville qui en est le chef-lieu est admirablement placée pour permettre aux géologues de rayonner dans tous ses environs.

Quoique les basaltes et les volcans modernes y soient très-

développés et très-instructifs , ce n*est pas sans no vif intérêt qae Ton étudie le sol primitif de cette contrée.

Les gneiss se montrent au jour dans le canton d'Ardes» partout où les argiles sableuses , qui les recouvraient , ont été enlevées par les eaux, partout où les basaltes et les laves ne les ont pas cachés.

A peine a-t-on dépassé Madriat » en venant de Saint- Germain y que l'on voit » en dehors de la route , des escarpements produits par cette roche » et la ville d'Ardes ellemême repose en partie sur ce terrain primitif. On le retrouve au sud à Teyde , à Zanières , et dans les environs de ce village le gneiss est rubanné ou écailleux et très-caractérisé.

En continuant à monter , au-dessus de Zanières (753), an sud d'Ardes, on arrive à une montagne boisée en Pins sylvestres où le porphyre fait saillie (793). A peine a-t-on atteint cette montagne que Ton descend rapidement dans un affreux ravin. On ne voit de tout c6té que des escarpements de gneiss , et lorsque Ton est presque au bas du chemin on retrouve une pointe de porphyre.

Après être remonté de l'autre cAlé du ruisseau, on trouve sur le gneiss les villages de Pradeix (834), Traveix , Fourges , etc., {fig. 29 , page 362).

En revenant pour aller à Maillargues (764) , on traverse encore plusieurs filons de porphyre. On aperçoit surtout cette roche en descendant de Maillargues pour gagner la Brugière. Il faut alors traverser de nouveau le grand ravin de Zanie et l'on est frappé des escarpements qui se présentent et qui sont sillonnés par des lignes de porphyre qui descendent directement et remontent du côté opposé. Ces filons produisent une multitude d*aflleurements que l'on rencontre dansce trajet. La direction générale de ces filons est N.-S. ou à peu

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de chose près. Quelques-uns d'entre eux ont une légère courbure. Ces porphyres existent encore au-delà d*Apchat.

BONMORIN. BESSE. — GÉNÉEARGUES.

Le terrain de gneiss s'étend aussi beaucoup au S.-O. du cAté de Bonmorin (865), petit village tout entouré d'arbres et de verdure , mais misérable comme la plupart de ceux qui avoisinent Ârdes; il a été percé par des quartz , des basaltes et des porphyres au-delà d'un petit plateau de basalte.

De là , un petit chemin, assez bien tracé, conduit dans

un ravin où coule le ruisseau de Zagat , et Ton a encore sous

les yeux de magnifiques escarpements dans un pays sauvage

. et très-pittoresque, dont les tableaux se présentent à chaque

pas dans ce canton.

Nous remontâmes en face , au Poujet (874) , où Ton voit le porphyre en filons sous la dernière maison du village , sur le sommet d'un d6me (888) placé au sud , et dans phisieurs autres endroits , notamment près de Chassol sur une large montagne (973). Nous traversâmes encore une nouvelle vallée et nous arrivâmes à Heumes (936) , village bâti sur le bord d'un plateau basaltique^ sous lequel nous ne vîmes pas d'argiles.

Nous visitâmes ensuite un autre plateau de basalte (944), au-dessus de Générargues ; nous passâmes au pied (983) d'un nouveau plateau pour arriver à Reyrolles (1024). Près de là vient affleurer un petit filon de quartz au point de jonction de quatre chemins.

Plus loin , c'est encore le gneiss à Ghabanelle (1004) , à Auzolle (999) , à Saroil , et de là , après avoir traversé un plateau de basalte on descend dans un ravin profond pour

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remonter à Besse (1049)» village très-corieax où Ton remarque une vieille tour carrée , posée sur des masses de gneiss dressées et un ravin des plus sauvages.

De ce point » pour retourner à Ardes» on suit le gneiss pendant longtemps. On passe à la Brugière , à Mizerat et Ton arrive à Boisseuge (1024) tout entouré de basalte.

Ghastreix (1005) et Glavières, oiïrent le même terrain de gneiss.

ZAGAT. ANZAT-LE-LCGDET. — APCHEIZ. ARTOUX. —

FLAV. — YEISSELIER.

Après avoir passé Bonmorin (863) , en prenant à FoRest on arrive au village de Zagat. En approchant de ce village on remarque des masses de gneiss qui semblent taillées d*ane manière très-pittoresque en masses cubiques très-prononcées {/ig. 30^ page 364). Au reste, rien n'est plus remarquable que les formes variées de cette roche aui environs d'Ardes. De vieille Besse et du monticule primitif qui le domine , on remarque ses saillies sur les pentes de quelques coteaux ; saillies très-curieuses par la manière dont la roche est ondulée et mise à nu par plaques arrondies et superposées {fig. 3\. page36\).

Après un long trajet sur la roche primitive» on arrive an gros village d'Anzat (1158). Il est aussi sur le gneiss. Oo voit sur le monticule du village les couches ondulées et contournées de cette roche parfaitement caractérisées. On la retrouve en descendant du village à La Combe et au Hazet (1086), et avant de monter sur le grand plateau basaltique qui descend du O'^zalier.

Prèsd'ApcheiXy la roche primitive change de nature: c'est

llK^rLmt M.^IUÀ

t^f UA Du:.fJ^n,

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QD micaschiste bien caractérisé, altéré sur plusieurs points et contenant fréquemment du fer hydroxydé , comme à Bourg- Lastic.

Le gneiss est à jour de nouveau au pied du Cézalier , à Artoux et dans tout le fond du grand cirque bordé de basaltes ou de dolérites qui constitue le Cézalier. Ce terrain de gneiss continue jusqu'au-delà de Parrot, et on le retrouve dans tous les ravins , sous les basaltes en dessus et en dessous deBoutaresse.

Après avoir passé sur de grandes nappes de basalte , nous arrivâmes près de Saint-Alyre sur des gneiss choqués et usés par le phénomène glaciaire dont nous parlerons plus loin. En revenant du côté d'Ardes, nous passâmes près de Flay (1026) et du grand volcan de Mazoires. A Flay, le gneiss forme même le fond du cirque ou cratère basaltique qui existe dans cette localité. Du sommet de la crête basaltique de ce cratère, on reconnaît que le terrain primitif se prolonge jusqu'à la rivière. On a une vue magnifique sur la vallée , et sur le versant opposé on aperçoit, au-dessous de Veisselier (1076) » ces belles roches de gneiss, si polies et si moutonnées auprès du village, qui là, sont coupées à pic et escarpées, parce que , comme nous le verrons plus loin en parlant de répoque glaciaire , on les voit du côté préservé où elles offrent toutes leurs aspérités. Ces roches abruptes, cette profonde vallée et ces bois fourrés , retraites inaccessibles des loaps du canton , présentent un magnifique spectacle.

PARRT. ROCHE-CHARLES. — BOSLABERT. LA METRAlfD.

GRANTPRAT. BADANCLAUD.

Ce sont encore des gneiss qui forment des crêtes et des

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aiguilles qui existent au-dessous d'Ardes , sur les bords de la Couse , et c'est dans une tie primitive , formée au-dessus de Rentières par la lave du volcan de Zanières, que Ton distingue une cavité cratériforme , creusée dans ce terrain primitifetqui est peut-être le résultat d'une explosion.

Un grand nombre de villages du canton d'Ardes soot situés au point de jonction des gneiss et des basaltes , ce qui tient sans doute à la présence des sources dans ces condiUoDS de terrain. En marchant très-longtemps , à l'ouest» sur d'immenses nappes de basalte, on arrive à Parry. C'est un pauvre village b&ti sur le granité et où il faut passer pour se rendre à Roche-Charles ; mais le chemin qui y conduit directement a été comblé par des éboulements , et il faut maintenant passer au-dessus de Parry, et, de la roche primitive, on monte sur un grand plateau de basalte. Quand on arrive sur le bord très-escarpé de ce plateau , en face de Roche- Charles, on a sous les yeux un des magnifiques points de vue de l'Auvergne. Le fond de la vallée est occupé par une montagne escarpée de granité et de porphyre , sur laquelle existait autrefois le vieux ch&teau et ou se trouve encore une église. Cette église est entourée d'un cimetière où il existe à peine un peu de terre qu'il a fallu porter. C'est pourtant le chef-lieu de la commune, laquelle existe de (ait à Boslabert.

Le granité de Roche-Charles contient du mica noir trèsbrillant , et nous avons trouvé , dans la vallée , quelques échantillons de cuivre carbonate vert, accompagné de quarts, lesquels semblent annoncer la présence d'un filon dans cette localité.

En remontant la vallée granitique de Roche-Charles, on arrive à Lameyrand où l'on voit percer une assex grande masse de porphyre. Le gneiss se retrouve à Servolles et m

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montre dans toas les environs, partout où les basaltes offrent des ravins entre lears plateaux.

En remontant encore à Touest la Couse qui passe à Ardes et qui anime cette jolie vallée , on voit au-dessus de Grantprat , des crêtes de gneiss et près de Rouby des gneiss parfaitement rubannés.

Cette roche borde toute la vallée de la Couse» et en remontant le cours de Tean on est frappé de toutes les beautés que présente ce terrain primordial. On monte à travers les bois par un chemin très-pénible ou plutôt sans chemin jusqu'à Badanclaud (1067). En sortant du bois, on marche sur le gneiss disposé en gradins, et Tœil plonge encore dans la vallée sauvage f au-dessus de laquelle on s'élève. On y voit le gneiss brisé et offrant une fissure étroite dans laquelle la Couse roule et cache ses eaux {fig. 32, page 367). Il n'est pas possible que l'eau ait elle-même usé la roche de cette manière ; il faut admettre qu'elle a été brisée par un tremblement de terre et que la Couse a profité de la fracture pour s'écouler. Le village de Badanclaud est bftti sur le gneiss mais dominé de tous côtés par des basaltes.

P0CDA1N. — HONTPOUDERGUE. — AUGNAT.

Au nord et au nord-est d'Ardes, au bas même de la ville , on rencontre le porphyre un peu décomposé et panaché comme les argiles qui le recouvrent un peu plus loin. On est alors sur une des limites de la grande formation argileuse. Tout près de là , à Pondain (village), on voit un bel exemple de gneiss. Cette roche y parait en couches superposées très-distinctes , toutes parallèles et plus on moins concentriques.

En dessous de Poudain existe un filon de porphyre qui commence sur le bord et qui continue S.-N. jusqu'à la grande route. Ce filon est remarquable en ce qu'il semble avoir été dévié plusieurs fois ; mais chaque fois il reprend la direction» et c'est toujours dans le même sens qu'il a été brisé et reporté.

Le gneiss se montre encore au nord d'Ardes , en allant à Montpoudergue (653) où l'on voit , en dessous du village , des escarpements considérables. La rivière a aussi creusé son lit dans le même terrain [fig. 34 , page 368). Viennent ensuite les argiles sableuses qui s'élèvent à Test jusque sons le plateau basaltique. Mais au nord de Poudain on retrouve le gneiss, et en descendant sur le bord de la rivière » de nombreux filons de porphyre qui , partout , ont percé le sol primordial dans le voisinage des eaux minérales de Chabetout.

A l'est se trouve le village d'Augnat. On longe , un peu avant d'y arriver, une petite colline entièrement porphyrique. Sur le sommet » on remarque un porphyre rouge ou panaché, en partie altéré au contact de l'argile à laquelle il passe sur certains points. Ces passages et ces panachures des porphyres existent partout où l'argile est voisine de la roche érnptive. Il est très-probable que la décomposition séculaire de ces porphyres est une des causes de la formation des argiles rouges, très-abondantes dans toutes les localités où les porphyres sont répandus.

Rj.34

Rochers ()p gneiss sur le bord de la rivière à Ardes

CANTONS DE COCaPlÈRB , DE TUIEES , etC. 369

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