‹ Les époques géologiques de l'Auvergne [microform]Chapitre 30 sur 82 · DÉPARTEMENT DU PUT-DE-DOHE · texte numérisé non relu

DÉPARTEMENT DU PUT-DE-DOHE

d'énormes amas de basalte , par des plateaux démantelés, où l'on reconnaît la matière des boulets qui ont été tancés, on ne peut douter que ces blocs roulés que Ton rencontre paKont à la surface du terrain , ne soient venus de cette direction, et si tous n'ont pas frappé directement au nord, c'est que , plus ou moins déviés par des vallées et par des obstacles , ils sont arrivés obliquement. Mais toujours et partout un cdté est choqué et l'autre préservé. Quant à l'agent qui a charrié ces blocs , c'est évidemment l'eau et non la glace ; car ils sont arrondis, quelquefois presque polis et ne conservent plus leurs angles. Comme ils recouvrent indistinctement les granités. et les gneiss, et les plateaux ba-* saltiqoes , l'époque de leur transport est très-certainement récente et date du temps oh le Mont-Dore recevait plus de neige qu'aujourd'hui , la laissait entièrement fondre au prin-* temps , avec d'énormes courants ; c'est toujours le phénomène général qui indique une température plus élevée , qui se manifestait encore & l'époque erratique.

Nous retrouvons partout ce même terrain. Nous traversâmes, pour entrer dans la commune de Gros, un grand bois situé dans le département du Cantal, et, malgré les vieux Sapins qui ombrageaient la terre , nous vîmes toujours les roches usées. Nous reconnûmes encore le même phénomène à Arfouillouse (812), èEsplanchat (833),à Versausat(790), À Serry (848) , à Gros. Partout des gneiss arrondis, parsemés et quelquefois couverts de tous ces blocs roulés.

A Esplanchat et aux environs, il y a peu de basalte dans les cailloux roulés. Ge sont des roches primitives, et entr'autres un gneiss ou granité à petits grains , très-dur , qui en forme la plus grande partie. Gea lieux , en effet, ne sont plus sous la dépendance immédiate des plateaux basalti-

290 ALLUVIONS GLAaAIRBS.

queSy et t d'ailleurs , oo voit toujours , avec les masses arrivées de plus loin , des fragments moins roulés , parfois même anguleux , appartenant aux terrains où ils gisent et mêlés aux autres.

Le territoire de Gros est plus spécialement parsemé de blocs primitifs ; il est extrêmement sauvage et misérable. Au-dessus de Gros , se trouve une butte (885) oh les alluvions couvrent le sol en totalité.

Tout autour du joli petit lac de Lacoste, on peut suivre ce même phénomène. De grandes masses de gneiss polis et moutonnés existent encore à Bourbouloux (871), è Limberteix, à Gioux (944), et, comme plusieurs, sont enterrées de tous côtés, elles n'offrent plus qu'une large surface plate. On y distingue très-bien le passage des blocs ; ils y ont laissé des rainures ou des espèces de sillons plus ou moins profonds , la plupart dirigés dans le sens général du polissage, mais quelquefois aussi dans des directions différentes. On comprend en effet que des blocs aus^i volumineux, mas par des eaux rapides, ont pu se dévier souvent, soit parleur entrechoquement , soit par des obstacles inhérents au terrain lui-même.

Avant de quitter Saint-Genès, nous voulûmes visiter de nouveau ses environs. Le village lui-même (1,015) est un des points les plus remarquables pour Fétude de ce grand phénomène né véen. On voit, en face et au nord, le grand cirque du Mont-Dore dont vraisemblablement Talluvion est partie. On remarque en deçà les basaltes démantelés qui ont fourni les projectiles de Tartillerie volcanique, et, enfin, on est sur des rochers si nettement arrondis et moutonnés d*un côté, si nettement escarpés de l'autre qu'il est iropos* sible de ne pas se rendre à l'évidence. Enfin, quelques-uns

Page 1