‹ Les époques géologiques de l'Auvergne [microform]Chapitre 32 sur 82 · DÉPARTEMENT DU PUY-DE-DOME · texte numérisé non relu

DÉPARTEMENT DU PUY-DE-DOME

rels de la roche, et les angles de ces parallélogrammes étaient usés et arrondis , ce qui donnait à ces roches un aspect tout particulier {fig. 167).

Sur quelques-uns de ces dômes gisaient de gros blocs de basalte qui s'y étaient arrêtés et qui représentaient ce phénomène comme s'il eût été encore en activité.

D*autres masses de granité étaient couvertes de jolies plantes qui prospéraient dans les karren » dans les fissures de ces roches si violemment frappées.

En face de Laty , on aperçoit le bord d'un plateau basaltique « et au-dessous on distingue encore de larges surfaces polies sur les granités qui sont à découvert. Tous les basaltes des environs ont eu leurs surfaces balayées. Ainsi ce phénomène névéen n'a pu avoir lieu que postérieurement à Tépanchement de ces basaltes , et il a atteint une certaine limite d'altitude que l'on peut évaluer à 1,000 mètres. Les basaltes de Chovet à 1 ,062 mètres en sont usés ; mais ceux du grand plateau que l'on appelle la Masse et dont la surface atteint près de 1,200 mètres, paraissent au contraire avoir fourni la majeure partie des matériaux qui ont frappé les plateaux inférieurs et qui ont en partie creusé les vallées. Les plateaux dégradés des environs de Chastreix ont aussi fourni leur contingent de projectiles. Quand on voit la quantité de blocs arrondis déposés dans les cantons de Latour et de Tauves , on se demande avec étonncment quelle immense étendue devaient avoir les coulées qui ont fourni tous ces matériaux.

Bagnols. — Beau-Mougheol. — La Trémouille' Saint- Loup. — Les burons de Blavonnet. — Les environs de Bagnols offrent partout le même terrain. Les blocs ont traversé et usé la surface du grand plateau de basalte qui est

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an nord de ce village , et ils se sont répandus partout ao loin jusque dans le département du Cantal. En allant de Bagnols au Montel » puis è Chassagnoui , on voit sur ce trajet toutes les roches primitives moutonnées. Nous montâmes ensuite à Aubert et à Combrouze (808), toujours sur ce même terrain que Ton retrouve encore à la Tartière , è Sau^ saty à Miserat , etc. En descendant de la Tartière è Chavignier , le terrain est escarpé » les rochers sont è nu et le gneiss est moins recouvert de blocs roulés. Cependant là eiiste une profonde vallée , mais peut-être aussi a-t-elle pa être balayée par des courants ultérieurs. Tout ce pays est du reste très-pittoresque et très-accidenté. La fertilité des environs de Latour a disparu pour faire place à des rochers souvent dénudés sur lesquels les arbres acquièrent pourtant un très-beau développement.

Un chemin assez bien tracé nous conduisit sur la grande route y et le nombre des blocs roulés augmentait è mesure que nous avancions. Nous entrêmes dans le département du Cantal où nous vtmes encore un petit village tout entouré de ces blocs , puis nous rentrâmes dans le Puy-de-Dôme par Beau-Mougheol (760).

Tout le coteau ou se trouve ce village est entièrenaent couvert de ces blocs de grosseurs diverses. Les uns sont eo basalte , les autres en granité » mais la plupart oflVent uae sorte de gneiss très-quartzeui et très-micacé , d'une dureté eitrênie qui eiplique sa conservation. Le mica y est d'un noir verdAtre » disposé en petites couches ou plus souveot réuni en lignes sinueuses qui forment une espèce de réseau et donnent a cette roche une apparence particulière. Il J i des blocs qui ont plusieurs mètres de diamètre et d'autres très-petits ou même presque réduits en gravier.

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Ab reste , ce gneiss et ses variétés se trouvenjt en place à pea de distance , et Ton reconnaît que » dans ces localités , Tailuvion qui recouvre la roche primitive en place , n'a pas été chercher bien loin ses matériaux. C'étaient sans doute les parties du sol les plus faciles à détacher que les torrents entraînaient avec eux et déplaçaient dans leur cogrse.

Tout ce plateau est couvert des mêmes blocs , à fmpradat(737), Haute- Vialle (771), Gominot (777), Leyval , etc., et on les retrouve encore sur tout le territoire de la commune de la Trémouille-Saint-Loup.

Nous rentrâmes ensuite à Latour. Le lendemain , nous ▼oulùmes visiter le flanc du Mont-Dore , et nous y avons retrouvé le point de départ d'une partie de notre grande aliuvion volcanique.

Au-dessus des burons de Blavonnet (1,200) , à Pest de Latour , ce ne sont que des trachytes ; mais de ces burons mêmes on aperçoit la tranche ou Textrémité frontale d'une des coulées qui spnt descendues de Monlredon. La végétation a été enlevée et le trachyte est usé et moutonné. Cet effet que Ton retrouve encore , à un moindre degré il est ?rai, sur des blocs de trachyte volumineux au pied du puy Redon , représente le commencement du grand phénomène névéen du Mont-Dore. Le cirque étendu qui existait à la base de Sancy , du puy Gros et du puy Redon , entièrement exposé au sud, a été certainement le réceptacle des neiges qui ont donné naissance, en fondant, aux torrents capnbles d'entraîner de si lourds et de si nombreux matériaux. C'est là que le choc a commencé , là où se trouvaient eflectivement les premiers et les plus élevés des trachytps qui ont été touchés. Le torrent déchaîné a pu se répandre sur la Ma^ qui lui faisait obstacle; mais bientôt il s'est irayé

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deux passages, Tan à droite et l'autre h gauche de cet énorme massif. Il en a entraîné les débris d'une dureté extrême « et les deux vallées situées sur ses deux bords , sont précisément celles où les chocs ont été le plus multipliés et les rochers le plus fortement moutonnés; tous ces blocs dé* bouchant par les vallées de Chastreix et de Chanonat, se sont répandus bien au loin dans les plaines où déjà nous les avons cités.

Nous avons encore un exemple très-curieux d'alluvion névéenne à une petite distance de Picherande, dans le canton de Latour. Quand on parcourt l'espace situé entre les deux villages de la Taillade et de Lajoux, on voit un grand nombre de monticules de gneiss qui sont aussi choqués et usés d'un lAté» mais de plus, ils sont recouverts d'une trèsgrande quantité de blocs dont les uns sont primitifs et les autres en basalte. Rien de plus sauvage que cette petite contrée qui rappelle aussi très-bien l'aspect des parties les plus désolées de la Scandinavie {fig. 168).

Environs de Laqueuille. — Cascade du Trador. — Saint'Sauves et environs. — Les alentours de Laqueuille sont aussi parsemés d'alluvions névéennes. On trouve près de Chabois et autour de Lagrange de gros blocs de basalte, de trachyte pyroxénique, de quartz roulé qui n'ont pas d'autre origine que ces grandes alluvions du versant occidental et du versant méridional du Mont-Dore.

On retrouve ces alluvions tout autour de la cascade do Trador. Les maisons de ce village sont bftties sur l'alluvioa volcanique à gros blocs , et Ton y distingue de gros morceaux de quartz roulé. En sortant du village à gauche, oo suit le cours du ruisseau , et l'on trouve , en le remontante les mêmes blocs et le même terrain mélangés d'une espèce

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il'argile rougefttre , et Ton entre dans le joli cirque de la cascade. Nous y vtmes , dans Falluvion volcanique sous le basalte , des fragments non fossiles d'une tige triangulaire qui paraît être une Gypéracée très-voisine des Cyperus.

En allant de Laqueuille à Goulandre, on trouve le micaschiste découvert, mais dans une petite vallée située au sud, et en se dirigeant vers Saint-Sauves, on retrouve l'alluvion volcanique, avec d'énormes blocs de trachyte , de basalte, de quartz aux angles arrondis et même de grès rouge. Ce dernier devient très-commun en approchant de son gisement. Les mêmes alluvions existent , comme nous l'avons déjà dit , sur un grand nombre de points des cantons de Tauves et de Bourg-Lastic. Le gneiss qui forme le sol des environs de Saint-Sauves , est aussi parsemé de ces fragments. Il parait que tous les environs du village ont été couverts de ces alluvions volcaniques, lesquelles ont dû être en partie enlevées par la Dordogne et ses petits afnuents, avant que ces cours d'eau aient creusé leur lit.

Quand on considère ces blocs de roches si différentes, venant tous du Mont-Dore , mélangés , dans la localité qui nous occupe, de quartz , de granité et de grès rouge , on se demande si ces grandes alluvions appartiennent à la même époque que ces conglomérats ponceux que l'on remarque sous un grand nombre de nappes basaltiques? Evidemment non ; mais quand les alluvions ne sont pas recouvertes , il est bien difficile de les séparer à cause des remaniements nombreux qui ont eu lieu, et en ce que les mêmes matériaux ont servi à leur formation.

Cependant ceux des alluvions sont en masses plus volamineuses que ceux des conglomérats, et les ponces, abondantes dans ces derniers , manquent ordinairement dans les

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autres. Les conglomérats ponceux contiennent assez rare* menl des morceaux de roches primitives » tandis que les alluvions en renferment parfois de grandes quantités , et, notamment » du quartz provenant de nombreux filons détruits» et dont les débris ont résisté à la fois au temps , aa transport et à toutes les décompositions.

Un fait bien curieux dans ces alluvions , c'est de se trouver au-dessus des plateaux élevés et de contenir de nombreux fragments de grès rouge à une altitude bien plus grande que la masse actuelle de cette roche. Cette observation prouve f de la manière la plus évidente, que le lambeau de grès rouge de Saint-Sauves a été plus considérable et plus élevé , puisqu'il a laissé des fragments roulés sur des plateaux qui le dépassent en hauteur.

Si nous considérons tout ce terrain de fragments éparpillés et volumineux comme une alluvion . nous ne pouvons lui attribuer le même Age qu'aux conglomérats ponceux ; ceux-ci sont plus anciens et datent de l'époque trachytique. Les autres, c'est-à-dire les alluvions tout à fait supérieures, sont beaucoup plus modernes et postérieures aux derniers basaltes, peut être contemporains des laves modernes.

Ces grandes alluvions név/ennes doivent coïncider avec la période d*exlension des glaciers dans les Alpes. Elles doivent coïncider avec le morcellement des nappes de trachyteetde basalte, et dater peut-être de l'époque du dernier exhaussement du Mont-Dore.

Il a fallu, comme nous l'avons déjà dit , une force biea considérable et surtout une action longtemps continuée, pour entraîner des blocs en aussi grande quantité. Il a fallu une action bien tumultueuse pour arrondir des qpartz aussi gros que ceux de ces alluvions.

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