‹ Les Équilibres Hémo-Rachidiens: Considérations Physiologiques, Physico-Chimiques et PhysiopathologiquesChapitre 39 sur 87 · DISCUSSION · texte numérisé non relu

DISCUSSION

Le tableau et les deux graphiques annexés à ce paragraphe montrent clairement :

1° Que l'équilibre sang-L. C. R. n’est pas du type des équilibres théoriques de DoNNAN.

2° Que la loi de E. DERRIEN semble bien être à la base des échanges hémo-méningés.

Il ne saurait, en effet, être question de mettre sur le compte du hasard l’accord tout à fait remarquable qui existe entre les données théoriques et expérimentales relatives à ces échanges.

En outre, il y a lieu de noter que la détermination des valeurs expérimentales moyennes: des rapports Cr.

a été faite principalement à l’aide des travaux

S d'auteurs américains s’attachant à montrer qu'il existe entre ces deux humeurs un équilibre de DonNNaN.

Les résultats de l’étude précédente sont, d’ailleurs, en parfaite harmonie avec les travaux de TESCHEER ? et de FREMONT-SMITH * et ses collaborateurs qui, en accord avec MESTREZAT [84], concluent à l'égalité «le

1. Ces valeurs sont généralement acceptées à l’heure actuelle, 2. Voir N° 190 de l’Index bibliographique « Physiologie », 3. Voir N° 77 de l’Index bibliographique « Physiologie ».

pression osmotique du sérum et du L. C. R. I ne s’agit là, il est vrai, que de mesures indirectes (les seules possibles) consistant à déterminer les points cryoscopiques de ces deux humeurs. Des très nombreuses déterminations effectuées par FREMONT-SMITH et ses collaborateurs, 60 % montrent l’égalité de l’abaissement cryoscopique A à 0,005° C. près ; dans 20 % des cas, la différence de température de congélation n’a pas excédé 0,015° C. et la divergence la plus marquée a été de 0,037° C.

Mais le degré d’approximation de cette méthode est-il suffisant pour permettre d’apprécier, le cas échéant, la différence de pression osmotique du sérum et du L. C. R. prévue par VAN SLYKkE, Wu et Mc. LEAN à partir de la loi de DonNaN ?

De la formule w—12 A qui relie les abaissements cryoscopiques A aux pressions osmotiques «w, on déduit qu’un abaissement du point de congélation de 0,001° C. correspond environ à 12X0,001=—0,012 atmosphère, c’est-à-dire 120 mm. d’eau.

Il s'ensuit que lorsque le sérum et le L. C. R. ont des A sensiblement égaux, à 0,005° C. près, leurs pressions osmotiques peuvent différer de 5X120—600 mm. d’eau, ou d’environ 50 mm. de mercure.

Or, d’après les travaux de STARLING, SORENSEN, SCHADE et CLAUSSEN, etc. la pression osmotique propre des protéines sériques n’introduit entre le L. C. R. et le sérum qu’une différence de pression osmotique de 20 mm. de mercure à laquelle vient s’ajouter d’après VAN SLYKkE et ses collaborateurs [115], une

différence de pression théorique, de l’ordre de 5 mm. de mercure, due à l’inégale répartition des ions diffusibles et calculée à partir de la loi de DonNNaAN.

L'approximation de la méthode cryoscopique est donc insuffisante pour permettre d’affirmer légalité osmotique du sérum et du L. €. R.

Mais si l’on rapproche ces résultats de ceux des travaux de HAMILTON [53] qui montrent que la concentration molaire en électrolytes totaux est la même dans les deux humeurs considérées, et de ceux de l'étude précédente qui montrent bien que léquilibre sang-L. C. R. n’est nullement gouverné par la loi de Donxaw, cet ensemble de faits constitue un argument sérieux en faveur de l'équilibre osmotique du système Rhémo-liquidien.

D'autre part, il a été montré par FLEXNER (voir p. 106, et note) que le L. C. R. ne pouvait être considéré comme le résultat d’une « ultra-filtration » du plasma :.

Il suffit, d’ailleurs, de comparer la composition d'ultra-filtrats du sérum et la composition du L. C. R. d’un même sujet, pour se convaincre de l’absence de toute analogie (le cas du calcium mis à part).

Il apparaît donc que les échanges hémo-méningés sont bien liés à des phénomènes d'équilibration osmo-

1. Il est possible cependant que de pareils phénomènes d’ultrafiltration interviennent lorsque la pression hydrostatique du sang devient brusquement supérieure à celle du L, C. R.

De là l'intérêt de l’étude de la composition du L. C. R. en voie de renouvellement après ponction.

tique, la valeur à l'équilibre du rapport des concen-

Cr trations

d'une substance dialysable étant fonc- S

tion de sa vitesse de diffusion, c’est-à-dire de sa masse moléculaire et de son degré de dissociation. Et, à ce propos, il est intéressant de noter que, même dans le cas des cations auxquels l’équation de E. DERRIEN n’est pas directement applicabie, il semble exister une certaine relation entre la valeur du rapport hémo-méningé et la masse atomique.

Parmi ces cations les uns sont monovalents (Na, K+), les autres divalents (Mg++, Ca++). Il ne sera donc possible de les comparer qu’en prenant une valence-gr. de chacun d’eux. Portons en abscisse les va-

Cr lences--gr. et en ordonnée les rapports —— expéri-

mentaux (voir graphique page 60).

Il est curieux de remarquer que les points Mg, Na et K se trouvent sensiblement sur une hyperbole d’équation :

Car 24

S Val. gr.

La distribution du Na, d'autre part, serible bien être liée à celle du CI. Il suffit, en effet, d’un coup d’œil sur le tableau IV pour s’apercevoir que Cf, COSH-— et Nat sont et de beaucoup, les ions les plus abondants dans le L. C. R. corime dans le piasma.

+0 Valence gr

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