LA DANSE DU VENTRE
Les quatre gorameux sont agenouillés, les mains jointes, à chaque bout du tapis, dans une attitude religieuse d'adoration.
Les autres danseuses accompagnent
de leur corps,
en balançant des encensoirs.
Le veau, d'abord impassible, manifeste son émotion par des roulements d'yeux, des lippes sensuelles^ sa queue qui se redresse, et, dessous^ une pluie d'or et de billets de banque, de bijoux et de pierres précieuses. Loufock les ramasse sur un plateau d'argent.
Les musiciens fantasques ont, dans leurs rythmes bizarres^ une phrase de Gounod : (Le veau d'or est toujours
debout !) qui, çà et là, revient. — Puis,, la mélodie s'accentue, plus passionnée, quand, soudain,
un coup strident de cymbales,
évocation des dénouements de la Vie parisienne, à la Salpêtrière, et finit, aussitôt, en pleine folie, l'invocation du ventre.
Loufock^ qui a disparu un instant, arrive monté sur le bidet. — Défilé d'apothéose.
La pénombre est éclairée seulement par les lumières rouges^ vertes, bleues, jaunes, des lanternes et des teux de bengale en des torchères;
les clartés disparaissent, et Loufock, en dernier, sur son bidet; la musique s'atténue doucement,
doucement.
Les culs-de-jatte suivent, en retard, et furieux.
Achevé d'imprimer
le 2 juin i8S8