‹ Les éreintés de la vie; pantomime en un acteChapitre 3 sur 11 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Surviennent des banquiers à longue redingote.

Ils sont accompagnés par la Fortune, une jeune capricieuse : grand chapeau élégant, un peu excentrique, de jeune Fortune, qui se fait remarquer; coquet waterproof de voyage, serrant la fine taille; à la ceinture, comme agrafe, un taureau en or.

LES éreis'tés:de la vie 43

A l'inspection de la source, aussitôt les banquiers de flairer quelque affaire, une bonne aubaine,

un trou à 202:05.

L'un d'eux appelle un docteur — dont ils voient la maison toute proche, — pour le consulter sur les vertus de cette eau.

Le docteur est une doctoresse, M"* Beauty, en villégiature, pour refaire sa santé compromise, ébranlée, à la ville, par le nombre des clients.

Elle sort de sa maison, avec un domestique malade et démoli , Loufock.

Après avoir bu un verre de l'eau — que lui verse la Fée — confuse, ingénue, toute déconcertée, ignorant ce qu'on lui veut — elle affirme ne trouver à la source aucune qualité médicale.

Les banquiers pensent, tout de même, que la source est gentille et

qu'elle doit attirer à elle beaucoup de monde. Sur un signe M^ d'eux, la Fortune câline

Wj^x) ^^ ^^^' ^^ comme elle ne réussit pas à la convaincre , brusquement , elle ôte son waterelle

proof; apparaît resplendissante en maillot,

costumée d'or et de billets de banque.

LES ÉREIXTÉS

Des

apothicaires en robe et bonnet pointu, apportent sur

la piste une immense bouteille.

La source commence à écouter les propositions de la Fortune ; elles entrent toutes deux dans la bouteille, par l'étiquette : Eau régénératrice.

Pendant ce temps, les banquiers glissent à la doctoresse une bourse. Elle prend un second verre et elle le donne à boire à son domestique. Loufock se redresse ; il devient entreprenant.

C'est une source d'amour,

régénératrice.

La doctoresse, à qui les banquiers remettent encore un portefeuille — c'est une concession de terrains près du nouveau Casino — aussitôt,

mieux informée,

déclare que cette eau a des qualités extraordinaires pour la guérison des maladies de Paris, pour le relèvement des éteintes de la haute noce. Loufock l'exprime par ses attitudes. — Spécia-

cialité de névroses et d'ataxies locomotrices.

Les deux petites « amies » sortent de la bouteille; mais la Fée n'est plus haillonneuse. Exquise de luxe et de presque nu, elle semble toute honteuse; elle n'ose pas regarder la Fortune, sa nouvelle camarade, qui rit.

Elle ne sait comment se tenir, la mignonne Fée ; les banquiers ont décidé de lui prendre son capital,

et de le mettre en actions.

Sauterie joyeuse et comique des financiers pour exprimer leur joie.

Ils s'en vont tous, gigotant et chantant; ils emmènent la pauvre petite

Fée, encore toute décontenancée, dans la maison du docteur, pour exploiter son capital.

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