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p. 64, 1. 10. L'ordre Sainct Michel). Institué par une ordonnance de Louis XI, le i'' août 1469. Brantôme parle de son avilissement comme Montaigne et cite de nombreux abus qui lui ont ôté toute sa valeur sous Charles IX et Henri III (V, 91). On trouve chez lui une dissertation qui rappelle tout à fait cet essai et qui peut-être s'en inspire (VI, 466). De Thou (Mil, Lxxiii) constate, lui aussi, la dépréciation complète de l'Ordre. Sous Henri II, il avait encore, semble-t-il, toute sa valeur. Montluc écrit, en effet : « Monsieur de Guyse me dit que le roy s'estoit résolu de me bailler le lendemain l'Ordre, qui estoit en ce temps-là (1555) chose si digne et si recherchée, que le plus grand prince de France ne se feust tenu pour content s'il ne l'eust eu, et eust mieux aymé que le roy ne luy fist jamais aucun bien, parce que c'estoit une marque d'honneur qui n'estoit pas profanée comme il est à présent. » (III.)
p. 65, 1. 4. Cui niahis). v Pour qui ne voit pas de méchants comment des bons pourraient-ils exister? » (Martial, XII, Lxxxii.)
P. 66, 1. 10. Ncque enini). « Car les talents du soldat et ceux du général ne sont pas les mêmes. » (Tite-Live, XX\', xix, qui écrit « tanquam eaidem militares et imperatoriit artes essent ».)
P. 66, 1. 27. De ce nouvel ordre). L'Ordre du Saint- Esprit, institué par Henri III à la fin de l'année 1578. Les inquiétudes de Montaigne au sujet de cet ordre nouveau étaient très fondées. Cf. Brantôme, Y, 90; \l, 466.
P. 67, 1. 15. Etyiuologie de la force). Cf. I, xx, p. ICI, 1. 9 et la note.
P. 68, 1. 3. Nous mettions à nonchaloir). La même idée se retrouve dans le Cortegiano de Castiglione, III, xxxvii.
Chroxologie : Tout l'essai semble suggéré par la création de l'ordre du Saint-Esprit, destiné à remplacer l'ordre de Saint-Michel qui était tombé dans un grand discrédit. Les cérémonies instituant les chevaliers de l'ordre nouveau sont du 31 décembre 1578 et des i'^' et 2 janvier 1579. Cela semble indiquer que l'essai n'est pas antérieur à 1579. D'ailleurs, plusieurs des idées que Montaigne exprime ici avaient été émises par Bodin dans sa Republique, et certainement Montaigne se souvient de cet ouvrage qui avait paru en 1576. Ce fait .suffirait à démontrer que l'essai est de la dernière période, ainsi que les suivants.