‹ Les Essais, Volume 7Chapitre 15 sur 317 · En la Chine, duquel royaume la police et les arts sans · texte numérisé non relu

En la Chine, duquel royaume la police et les arts sans

Nul juge n*a encore, Dieu mercy, parlé à moy comme juge, pour quelque cause que ce soit, ou mienne ou tierce, ou criminelle ou civile; nulle prison m*a receu, non pas seulement pour m'y promener. L'imagination m'en rend la veue, mesme du dehors, desplaisante. Je suis si affady après la liberté que qui me defîenderoit Taccez de quelque coin des Indes, j'en vivroys aucunement plus mal à mon aise ; et, tant que je trouveray terre ou air ouvert ailleurs, je ne croupiray en lieu où il me faille cacher. Mon Dieu ! que mal pourroy-je souffrir la condition où je vois tant de gens, clouez à un quartier de ce royaume, privés de l'entrée des villes principalles et des courts, et de l'usage des chemins publics, pour avoir quer.ellé nos loix ! Si celles que je sers me menassoient seulement le bout du doigt, je m'en irois incontinent en trouver d'autres où que ce fust. Toute ma petite prudence, en ces guerres civiles où nous sommes, s'employe à ce qu'elles n'interrompent ma liberté d'aller et venir.

commerce et cognoissance des nostres surpassent nos exemples en plusieurs parties d'excellence, et duquel Thistoire m'apprend combien le monde est plus ample et plus divers, que ny les anciens ny nous ne pénétrons, les officiers députez par le prince pour visiter Testât de ses provinces, comme ils punissent ceux qui malversent en leur charge, ils rémunèrent aussi de pure libéralité ceux qui s'y sont bien portez outre la commune sorte et outre la nécessité de leur devoir : on s*y présente non pour se garantir seulement, mais pour y acquérir, ny simplement pour estre payé, mais pour y estre estrené. •

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