‹ Les Essais, Volume 7Chapitre 7 sur 317 · Comme nos vers à soye · texte numérisé non relu

Comme nos vers à soye

3. Et s*y estoujferent. A quoy se rencontre ce qu*un Craies disoit des escrits de Heraclitus, qu'ils avoient besoin d'un lecteur bon nageur afin que la profondeur et pois de sa doctrine ne Tengloutist et suffoquast.

plus habile ne s'en contentera pas. Il y a tousjours place pour un suivant ' et route par ailleurs. Il n*y a point de fin en nos inquisitions : nostre fin est en l'autre monde 2. Les poursuites de l'esprit humain sont sans termes et sans forme; son aliment, c'est doubte et ambiguité4 : ce que declaroit assez Apollo, parlant tousjours à nous doublement, obscurément et obliquement, ne nous repaissant pas, mais nous amusant et embesongnant. C'est un mouvement perpétuel, sans arrest et sans butJ. Ses inventions s'eschauffent, se suyvent et s'entreproduisent l'une l'autre :

Ainsi voit Ton ^, en un ruisseau coulant.

Sans fin l'une eau après Tautre roulant;

Et tout de rang, d'un éternel conduict»

L'une suit l'autre, et l'une l'autre fuyt.

Par cette-cy celle-là est poussée,

Et celte-cy par l'autre est devancée :

Tousjours l'eau va dans l*eau, et tousjours est-ce

Mesme ruisseau, et tousjours eau diverse.

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