v de pensement
3. Lord, de Moulins de 1566 établit la limite de 100 livres (art. 54) et notre Code civil celle de 150 fr. (art. 1341). Ces 100 livres et ces 150 fr. sont loin d'excéder comme valeur relative les 60 5. de ce texte champenois : au XIII' s., le roncin de service tout harnaché est estimé 60 5. (Jostice et plet, p. 239); ailleurs, 50 s. (Liber bonarum gentium, copie de Dom Detancourt, transcrite par Salmon, ms. 1267 de la Bibl. de Tours, vers la fin du vol.) Sur la faveur accordée à la preuve par titres voyez un article curieux d'une supplique des églises de la province de Reims, adressée au roi en 1344 : Se aucune personne de sainte Eglise en veut estre payée d'aucun sens, etc. (Varin, Arch. adm. de Reims, t. II, 2e part., p. 926, note) ; voyez aussi l'art. 51 de la première Coût, de Reims du XVe s. (Varin, Arch. lég., lre part., Coût., p. 626.) En 1245, les Statuts d'Arles posaient déjà à la preuve testimoniale la limite de 100 s. (Statuts d'Arles, art. 157, dans Giraud, Essai sur l'hist. du droit fr., t. II, p. 237; sur la véritable date de ces Statuts (1245) voyez Giry, dans Revue hist., t. XV, p. 189, note 1.)
Li tesmoin seront receù an apert jusqu'à xx1 s. : et clou sorplus jusqu'à lx s. seront li tesmoing receii chascuns par soi, et au secré ; mais li deffanderres porra dire contre les tesmoinz au demandeur au sairemant faire, ou avant : et se il dit chose don il doie estre oiz et que il voille prover, l'an li metra i jor au prover tant seulemant. et li demanderres reporra dire contre les tesmoinz au desfandeor an la meniere devant dite.
Dou sorplus de lx s. l'an ne recevra pas2 tesmoinz, ne lestres, s'elles ne sont de la joutise dou leu ou dou roi, se cil à qui l'an demande ne le viaut ou otroie.
Et se li demanderres ne povoit ou ne voloit prover par tesmoinz ou par lestres, si come nos avons dit desus, et il ne l'ofre à prover par gaiges, et il die3 que il soit près de faire ce que la cort esgardera'* et ce que elle an5 a acoustumé àG faire, la cort dira che : se il viaut jurer sor sainz que ce est voirs que il mest an sa plainte ou an sa demande, il arramira le sairemant; et se cil à qui l'an demande ne reçoit7 le sairemant dou demandeur, l'an le fera joir de sa demande le demandeur; ainz le contredit, et arramist por8 autant, il fera le sairemant aus vu nuiz ; et li demanderres Pamandera ausi come cil à qui Fan demande feïst. Mes se il ne faisoit le sairement aus vu nuiz, il paierait l'amande : et li demanderres an seroit quites, et l'an feroit la joutise joir, se cil avoit de quoi.
iv. De9 toutes querelles don clamor sera faite devant jou-
1. On estime sans doute que jusqu'à 20 s. le témoin gardera facilement son indépendance, sans nécessité de recourir à la garantie du secret. Qu'on ait voulu au début de la procédure secrète assurer, par ce procédé, la liberté et par suite la sincérité des témoignages, la chose n'est pas douteuse. Voyez notamment Décret, de Grég. II, V, i, 21 ; Sexte, V, n, 11 et surtout 20.