‹ Les étapes d'un livreChapitre 28 sur 101 · Cf. A. Molinier, op. cit · texte numérisé non relu

Cf. A. Molinier, op. cit

Alcuin et le Lombard Paul Diacre. « Alcuin, écrit-il, apportait à la Gaule la culture anglo-saxonne. Paul Diacre lui fit connaître ce qui subsistait des traditions antiques en Italie. Le résultat de leur travail fut extraordinaire. Aux manuscrits incorrects et grossiers du viii^ siècle, se substituent des volumes écrits avec élégance, relus avec soin. Et du mélange de l'art antique dégénéré et de l'art anglosaxon, naît un style nouveau. »

Ce style, hâtons-nous de le dire, est bien français, en ce sens qu'il revêtun caractère propre et se distingue par un goùtinventifetoriginal.

Dune part, le sens décoratif s'affirme. L'idée du cadre, du prolongement et de l'entrelacement des lignes commence à apparaître, le caj)rice de l'arabesque se révèle ; d'autre part, la figure dessinée commence à ornementer l'espace enfermé dans la panse et entre les jambages de la lettre. « C'est l'annonce d'une métamorphose des plus fécondes pour l'art, écrit M. Lecoy de la Marche. Non seulement le simple ornement envahit l'intérieur des majuscules, mais la lettre historiée paraît presque tout de suite. On peut regarder comme le premier exemple de cette forme si usitée de l'enluminure celui que nous présente le fameux sacramentaire de l'abbaye de Gellone. au diocèse de Lodève, aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale. Une des initiales de ce précieux volume renferme un Christ où M. Bastard a vu la plus ancienne représentation dans les manuscrits de Jésus crucifié. »

Les initiales des plus anciens manuscrits carolingiens offrent de grandes analogies avec celles des manuscrits anglo-saxons. Mais, comme nous le faisions remarquer plus haut, à mesure que l'époque s'avance, c'est l'influence de l'art antique qui paraît de plus en plus dominer. Cette double influence forme la caractéristique de l'école franco-saxonne, dont M. Léopold Delisle a étudié l'un des plus remarquables spécimens dsinsV Evangéliaire de Saint-Yast. «Elle est facile à reconnaître, nous apprend M. Molinier, à ses grandes lettres ornées, à ses pages d'entrelacs. Une autre école, non moins importante, est celle de Tours, qu'on reconnaît à l'usage d'une demionciale toute particulière. M. Delisle attribue à cette école quelquesuns des plus beaux monuments calligraphiques du ix^ siècle. Nous n'en citerons que quatre : la Bible du comte Vivien, à Paris; celle d' Alcuin au Musée Britannique, le Sacramentaii^e d' Auiun, et VEvan- (jéliaire de l'empereur Lothaire.

Parmi les autres écoles françaises, nous mentionnerons les écoles d'Orléans et de Lyon, en appelant l'attention sur l'influence que ces écoles ont exercées sur celles de Metz et de Saint-Gall.

Les ornements carolingiens se distinguent par une fantaisie charmante et une science déjà très raisonnée de la couleur. Mais il faut reconnaître que leurs figures humaines sont moins heureuses. Gau-

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