‹ Les étapes d'un livreChapitre 30 sur 101 · A. Labitte, op. cit.; A. Molinier, op. cit · texte numérisé non relu

A. Labitte, op. cit.; A. Molinier, op. cit

THÉvENiN ET LEMiERRE. — Les Ktapes d'uii Livro. 0

Reims. L'école capitulaire de Paris, associant son influence à celle de Sainte-Geneviève et de Saint-Victor, donnera, sous Philippe Auguste, l'Université de Paris.

L'ornementation consistait en dessins d'écriture, en initiales à la plume ou au pinceau, et en peintures sur vélin. Peu à peu, la pourpre a disparu des manuscrits. On ne la retrouve que dans un petit nombre de volumes. C'est dans les titres surtout que s'étale et se déploie un luxe merveilleux d'imagination. On ne remarque partout que lettres enclavées, caractères grêles, une A-raie débauche dans la variété des lettres.

On peut y distinguer quatre éléments d'ornementation : l'élément végétal, l'élément animal, le monstre humain et l'élément linéaire. Dans le premier genre, l'artiste ne s'inspirait pas directement de la nature, mais on retrouve, dans la décoration intérieure de l'initiale, des rosaces et des feuillages. A cet élément s'ajoutent les animaux. Parfois ils sont bien dessinés, bien vivants. On reconnaît des ours, des paons, des singes, comme dans le Commentaire de Béatus, du XI* siècle, actuellement à la Bibliothèque Nationale. Mais, à côté de ces animaux, il en est d'autres bizarres et monstrueux : ce sont des ornements moitié plantes et moitié serpents, armés de griffes. C'est comme un souvenir plus épuré et plus varié de l'art anglo-saxon. Toutefois, cet art du x^auxii" siècle, dit art roman, a beaucoup plus de perfection et d'équilibre. Les dessins sont composés, les différentes parties se font opposition; les couleurs sont moins violentes, tout en restant chaudes, et bien qu'elles se marient avec harmonie ^

L'élément de la figure humaine vient s'ajouter comme une variation d'ornement. Parfois, ce sont des personnages dans une lettre; parfois encore des initiales contenant un véritable tableau, une scène entière avec des personnages. On retrouve là tout l'art roman avec ses qualités et ses défauts : la gaucherie et la bizarrerie des attitudes. Comme dernier élément, nous avons cité le trait, la ligne et le rinceau. C'est l'époque des majuscules enchevêtrées, reliées les unes aux autres par des entrelacs et des filigranes. On appelle ainsi cette fioriture légère et gracieuse, semblable à un fil qui s'enroule et se déroule en caprices infinis. On relève également des têtes de clous. Cette dernière forme d'ornementation appartient à l'art bar-

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