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PSAUTIER D UTRECHT

dessin et le manque de proportions. Telles sont les scènes^ du crucifiement d'un missel de Laon, datant de 1 130 environ. Elles conservent encore un peu du symbolisme carolingien. Nous pouvons citer^également les figures de saint Martin et du pendu qu'il ressuscite. En général, au x^ et au xi* siècle, les proportions manquent totalement, les corps sont courts, l&s têtes énormes. Tous les manuscrits de cette époque ne sont pas cependant aussi médiocres. L'Evangile dit de la Sainte-Chapelle prouve par exemple que l'artiste a cherché à varier les dessins; les fonds et le décor diffèrent; on y remarque parfois un peu de sécheresse, mais la forme est soignée.

Comme manuscrits les plus célèbres de cette époque d'art, nous pouvons citer le Sacramentaire de Worms, VEvangéliaire de Trêves, VHortus Deliciarum, le Psautier de Leyde.

LE Xlir SIECLE

DÈS l'époque de Philippe Auguste, les universités se substituent aux écoles monastiques; et, parmi elles, il en est qui brillent d'un éclat tout particulier : l'Université de Paris, par exemple, et celle de Bologne. D'autre part, à côté de la littérature latine sacrée ou profane, qui intéresse surtout les clercs, se forme une littérature vulgaire qui se répand parmi les seigneurs du Nord et du Midi, ainsi que chez les riches bourgeois. Et, comme les monastères ne peuvent plus suffire à cette production, on voit naître au début du xiii^ siècle l'industrie de la librairie.

Le style de l'époque romane fait place peu à peu au gothique, et l'on assiste à un retour du naturalisme. Les plantes et les animaux sont représentés avec leur caractère, leur attitude, leur physionomie. On abandonne progressivement la convention du roman, et si les artistes commencent à rechercher l'expression de la figure humaine, du moins est-il juste de reconnaître qu'ils n'y réussissent pas dès leur premier essai.

Les ornements des initiales prennent une importance considérable. Celles-ci sont tracées à la plume, en rouge ou en bleu. De longs traits et des rinceaux en descendent sur la marge ; on les appelle « initiales torneures ». De plus, des personnages et des figures commencent à apparaître dans ces initiales. Ce sont ordinairement des hommes du xiif et du xiv" siècle, avec des cottes de maille ou des armures. Et c'est ainsi que ces miniatures nous présentent une foule de renseignements précieux sur la vie journalière de l'époque.

Les mêmes tendances naturalistes se font jour également quand les enlumineurs reproduisent des plantes ou des fleurs. On sait que les artistes du temps se sont plu, en effet, à représenter une faune aussi abondante que variée. Ils ont su parfaitement observer les animaux, et retracer leurs caractères particuliers. Il les ont représentés avec vérité, surtout peut-être dans leurs sujets cynégétiques. Chiens, lièvres, renards, oiseaux, sont reproduits avec leurs traits bien distinctifs.

II convient, en outre, de mentionner ici le goût de la faune fantastique. Les artistes de l'époque aimaient volontiers à prêter aux animaux les traits de la physionomie humaine. C'était une manière de jeter un voile sur la satire. Le roman de Renard a inspiré bien des enlumineurs du xiii^ siècle.

EVANliELIAlRE DE CHARLEMAGNE.

C'est également à cette époque que commence l'art du portrait. Mais il est regrettable, cependant, que les artistes n'aient pas eu l'habileté nécessaire pour reproduire le caractère propre de chaque physionomie. C'est ainsi que nous connaissons des portraits de Louis IX, datant de la fin duxiii^ et du commencement du xiv® siècle.

Si intéressantes que soient ces miniatures, on ne saurait pourtant les considérer comme de véritables portraits, au sens moderne du mot.

Nous voyons enfin apparaître, pendant la même période, d'une part, les fonds d'architectures, arcades, colonnettes, portiques d'églises, etc., d'autre part, l'emploi des fonds monochromes, bleus, rouges, ou dorés, dans lesquels l'artiste a tracé à mesure que l'époque s'avance, des damiers ou des losanges.

Quant aux livres illustrés, ils paraissent composés dans la double intention d'amuser et d'instruire. On trouve peu de livres d'heures, mais beaucoup de psautiers. Peu à peu la peinture des manuscrits «'étend jusqu'aux livres profanes.

C'est ainsi que le Décret de Gratien représente les actes de la vie publique et privée : mariage, baptême, extrême-onction, etc. Les enlumineurs du temps de Saint-Louis représentent aussi les personnages de la Bible et de l'antiquité sous des costumes du xiii' siècle, dans un ameublement du temps.

Trois écoles se disputent alors la préséance : l'école française, et, parmi elles il faut citer principalement les enlumineurs de Paris, les plus célèbres de tous; l'école allemande, inférieure à la française, avec ses manuscrits plus curieux que vraiment beaux. Quant à la troisième école, dite école méridionale ou école d'Italie, on la reconnaît à l'écriture bolonaise. Elle ne manque pas de grandeur K

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