A. Molinier, op. cit
latin, Charles V, pour les rendre plus usuels, les fit traduire en français. Non content de se former une bibliothèque particulière, il donnait également des manuscrits. Le collège de maître Gervais, à Paris, et les dominicains de Troyes reçurent plusieurs dons de grande valeur.
La librairie ' de Charles V contenait de nombreux livres de dévotion et de liturgie, des copies de la Bible et des ouvragés de droit. On y remarquait encore les ouvrages de Platon, d'Aristote, de Sénèque, de Boèce, de Jean de Salisbury, des livres de médecine et d'astrologie, enfin des chansons de geste et des romans d'aventures.
Parmi les écrivains au service du roi, nous connaissons Henri de Trévoux et Raoulet d'Orléans. Le premier exécuta des ouvrages avec une écriture ferme et remarquable, entre 1373 et 1394. Raoulet avait une écriture encore plus élégante et travailla entre 1367 et 1396 : parmi ses volumes, citons une Bible offerte à Charles V par Jean Yaudetar. Quant aux enlumineurs de Charles V, les renseignements que l'on possède sur eux sont vagues. On connaît les noms de Jean le Noir et de sa fille Bourget qui entrèrent en 1358 au service du dauphin; celui de Jean de Bruges qui signa une peinture très belle en tête de la Bible de Jean Vaudetar, en 1372.
La collection du roi Charles V au Louvre eut un sort malheureux. Durant le règne de ce monarque, elle fut prospère. Pendant le rè'^ne de Charles VI, elle s'augmenta de quelques volumes. Mais la famille royale puisait dans ce précieux dépôt et ne remettait jamais en place les livres enlevés. A la mort de Charles VI, la situation empira encore. En 1425, le duc de Bedford, régent de France et d'Ano-leterre, acheta la collection au prix de 800 livres. Les débris de cette bibliothèque se sont dispersés peu à peu.
Celle que forma Jean de Berry, frère de Charles V, eut un sort analogue. Le choix des ouvrages de sa bibliothèque était remarquable. Il faisait exécuter ces œuvres par des artistes français ou étrangers qu'il entretenait auprès de lui, à sa cour de Bourges ou à son château de Bicêtre.
On reconnaît les livres exécutés pour Jean de Berr}' soit à des encadrements qui portent les armes du prince : de France à la bordure engrélée de gueules, soit à son chiffre V et E entrelacés, soit à